‹ Histoire et description du château d'AnetChapitre 47 sur 138 · SALLE D’ATTENTE · texte numérisé non relu

SALLE D’ATTENTE

En sortant du Salon et de ce Cabinet, on entrait dans cette Salle, qui au XVIIe siècleformait l'antichambre de la Galerie de Diane. Elle n’avait qu’une seule croisée donnant sur la Cour des Cuisines.

Nous ne connaissons rien de sa décoration primitive; au XVIIIe siècle c’était une chambre à coucher désignée sous le nom d’appartement n° 10; cette chambre était décorée par quatre pièces de tapisserie. Selon l’inventaire de 1781, ces tapisseries représentaient les chasses des Guises; ce titre indique une décoration de la Renaissance, mais sans aucun détail. Le lit était à la Polonaise, en bois sculpté et doré, les étoffes en velours de quatre couleurs, brodé d’un agrément en chenille, garni de riches cocardes et de plumes au-dessus de la calotte.

On y remarquait sur la cheminée une peinture qui représentait le Château d’Anet, tel qu’il était au XVIe siècle, sous Diane de Poitiers. Au-dessus de cette peinture, on lisait cette inscription : Scelus est nocuisse juvanti {C'est un crime de nuire à qui vous a servi). Etait-ce un reproche de Diane à Catherine de Médicis pour ses persécutions après la mort de Henri II ?

Cette Galerie, qui était très -grande, avait quarante-quatre mètres de long; elle s’étendait depuis le bâtiment central jusqu’à la pointe donnant sur la Place.

Elle était décorée par une boiserie dont une partie était sculptée et l'autre peinte. La plupart de ces peintures formaient des tableaux encadrés par la boiserie sculptée; plusieurs représentaient Diane de Poitiers dans différents costumes et à plusieurs âges, ce qui formait une réunion curieuse de son image aux différentes époques de sa vie. Quelques-unes la représentaient couverte de magnifiques et somptueux habits, ornés d’une profusion de perles et de diamants; d’autres, au contraire, la figuraient complètement nue, à l’antique, surtout en chasseresse, par allusion à son nom. Au bout de la Galerie se trouvait un très-grand tableau représentant Henri II à cheval, vêtu de gris blanc et de noir, et coiffé d’une toque avec un panache. Autour de ce tableau on voyait un grand nombre de portraits de Rois et de Reines de France, ainsi que des portraits de la famille de Diane.

On voit que la peinture avait une large part dans la décoration de cette magnifique Galerie. En outre des nombreux portraits de Diane et de toute sa famille, un artiste dont le nom n’a malheureusement pas été conservé, mais qui devait être l’un des plus habiles de son temps, avait peint, sur la boiserie, des sujets sur ces fonds de paysages, peuplés de monuments à l’antique, dont la peinture de ce temps était si prodigue.

L’importance de ces peintures donnait à cette Galerie un caractère plus gai et plus brillant qu’aux autres appartements, dont la décoration très-artistique, mais plus sobre et plus sévère, se trouvait un peu assombrie par les couleurs naturelles des boiseries sculptées et par les partis de fonds ou de filets noirs, qu’avait adoptés Diane de Poitiers comme principe général de la décoration de son château.

Ce genre de décoration, qui n’était pas sombre parce qu’il était rehaussé d’or et d’autres tableaux, a subi la peine de son originalité et de sa personnalité. Choisi comme signe de veuvage, il n’avait, à un autre moment, plus de raison d’être, et plus tard, sous le prétexte de donner du jour et de la clarté aux intérieurs, toutes les frises où le bois des sculptures était

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