ETAT ACTUEL DE LA CHAPELLE FUNERAIRE
tauré sur mes dessins. N’ayant pu me procurer le prie-dieu qui était devant Diane, j’ai posé près d’elle un chien, symbole de la fidélité, conservant le flambeau de l’Amour, et plus loin on voit l’Amour assis sur des volumes/écrivant l’histoire de cette femme illustre. J’ai élevé ce monument sur un piédestal que j’ai fait supporter par quatre nymphes. Pilon, leur auteur, a mis de la grâce et du goût dans l’invention et l’exécution de ces figures, qu’il avait sculptées en bois pour supporter la châsse de sainte Geneviève. Les émaux, que j’ai introduits dans ce piédestal, conviennent parfaitement, puisque, d’un côté, on y voit François Ier et, de l’autre, Henri II ù genoux, en face de Diane, entourée des lacs et des chiffres amoureux dont il faisait orner tous les monuments élevés par ses ordres. Sur le devant, on voit encore François Ier.
Le tombeau de Diane, ainsi réédifié au Musée des Petits-Augustins, aujourd’hui l’École des beaux-arts, est resté dans cette dernière jusqu’après i83o.
Le roi Louis-Philippe le réclama, et le fit poser dans le parc de Neuilly, où il a subi quelques dégradations; pour cette nouvelle installation, deux des sphinx ont été abîmés en les transformant en cariatides.
Pendant la Révolution de 1 848 un coup de feu a fait balle sur la figure de la statue.
Aujourd’hui le tombeau a fait retour à l’État et se trouve dans une salle basse du Musée de Versailles avec une partie de ses accessoires, qui sont épars sans être montés avec le sarcophage .
Ajoutons qu’à la suite du décret du 18 décembre 1816, qui supprimait le Musée des Petits- Augustins et qui ordonnait que tous les tombeaux retourneraient à leur première destination, la pensée était bien venue aux habitants d’Anet de revendiquer ce tombeau. Mme de Monti, propriétaire du Château dans ce temps-là, n’ayant pas voulu en faire les frais, la dépense du transport et de la réédification, qui aurait monté à une somme assez importante, restant à la charge des habitants, lésa obligés d’y renoncer; c'est la seule cause qui fait que ce tombeau est resté à Paris en la possession de l’État.
e Parc et les Jardins ont été en grande partie créés par Diane de Poitiers. En consultant les pièces relatives au domaine d’Anet, conservées aux Archives nationales, série Q, carton 210, on peut constater les nombreuses acquisitions faites par elle de 1546 à i56o; car jamais elle ne cessa d’agrandir cette belle et grande propriété.
Le Jardin, comme le Château, appartenait au style de la Renaissance. L’architecte appelé à bâtir cette somptueuse demeure avait compris qu’il était très-important de mettre le Jardin en harmonie avec la régularité du plan et des lignes de l’architecture. C’est de l’Italie que Philibert de Lorme apprit à composer les jardins, et dans ce sens il constitua un art à part, que plus tard le célèbre Le Nôtre, par son talent merveilleux, a porté à un si haut degré de perfection, et qui consiste à mettre bien en rapport le plan des jardins avec le style des constaterions. Ce principe de composition pour les jardins prit le nom de Jardins Français; ils sont tout l’opposé de celui que les Anglais ont emprunté aux Chinois et qui se préoccupe surtout de reproduire dans un jardin les accidents de la nature et les points de vue pittoresques de la campagne. Nous ne croyons pas que l’un des deux systèmes doive prévaloir à l’exclusion de l’autre. Il faut au contraire les adopter tous deux, mais avec convenance et discernement; personne ne saurait contester l’effet grandiose des Jardins Français, dans lesquels l’intervention de l’architecte domine celle du jardinier; ce genre de jardins contient
LE CHATEAU D’ANET
un luxe et une richesse que l’on ne peut voir dans les jardins Anglais. Ainsi la régularité du plan et la symétrie des lignes des jardins Français peuvent seules se prêter à l’emploi des statues, des vases et des bassins. Si la France a pris lTtalie pour guide à l’égard des jardins, on peut dire qu’elle l’a bien dépassée. Rien ne saurait être comparé aux anciens jardins d’Anet, de Meudon, de Vaux, de Chantilly, de Marly, de Saint-Cloud et surtout de Versailles, l'expression la plus complète de cet art dans lequel Le Nôtre s’est immortalisé.