FONTAINE DU JARDIN
LE PARC
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machine hydraulique de son invention; cette machine était très-curieuse; elle était toute en bois, jusqu’aux tuyaux et aux conduits, et aucune autre matière n’entrait dans sa construction. Elle montait l’eau dans un réservoir, pour alimenter tous les jets d’eau du Parc et des jardins , mais elle a été détruite pour y installer un moulin à farine.
Cette belle pièce d’eau formait, au milieu de son parcours, une cascade d’eau dont la chute argentée est continuelle : c’est le seul effet d’eau qui existe encore. C’est dans un des bouts de cette cascade qu’est l’ancien moulin, transformé, en 1868, en bélier hydraulique.
La partie , des canaux qui est au bas de la cascade fait un autre circuit pour encadrer l’ancien jardin créé par Diane, avec la grande Place, au delà de la Galerie, qui précédait le Parc devant le bâtiment, et le bassin circulaire destiné aux bains froids. Ces deux parties réunies formaient un vaste jardin sous le nom de Grands parterres ; deux immenses platesbandes, ayant chacune un bassin au milieu, étaient consacrées aux arbustes et aux fleurs; au fond de ce grand parterre un très-grand bassin avait au centre plusieurs jets d’eau formant une gerbe. Sur l’emplacement de l’ancien jardin bordé d’une galerie, un autre jardin fut créé sous le nom de Petit parterre. Le sol de ces parterres a été exhaussé de plus d’un mètre par la terre provenant de la création des canaux.
Après la démolition du Château, tous ces jardins ont été livrés à l’agriculture. A l’endroit où les fleurs et les arbustes les plus rares, les statues et les jets d’eau réjouissaient les yeux, la charrue a creusé son sillon et nivelé les terres. Étrange destinée de toutes choses! Ces spdendides merveilles, qui avaient été créées pour durer toujours, ont été déchirées par le soc de la charrue.
Vers 1841 , ces parterres et ces jardins reprirent un autre aspect. Une plantation dans le genre anglais y a été faite, et les canaux y ont perdu en partie leurs lignes droites; leurs an- ' gles et leurs contours ont été arrondis, et là mode anglaise a remplacé le genre Renaissance des vieux jardins français, indispensable pourtant à cette élégante demeure.
Au mois de décembre 1842, une plantation d’arbres fit découvrir une des encoignures du pavage de la Galerie qui entourait autrefois le jardin au XVIe siècle. Quelques années plus tard, en 1868, on a fait une fouille générale pour mettre entièrement ce pavage à découvert, mais l’espérance qu’on avait de le retrouver en grande partie a été déçue ; ce pavage avait été détruit presque en totalité, et le peu qui en restait avait été bouleversé par les plantations faites dans les modifications successives de ces jardins. Il resterait cependant à reconnaître ce qui peut être resté des dallages du grand bâtiment destiné aux bains, et à s’assurer s’il ne subsiste rien des gradins en marbre qui étaient devant.
A la restauration du Château, qui fut faite en 1844, une décoration des jardins avait été projetée ; le plan en avait été fait, mais il ne fut pas exécuté, ce que nous regrettons beaucoup. Ce projet consistait à reproduire le plan des bâtiments détruits, à l’endroit même où ils avaient existé, par des gazons découpés, entremêlés de compartiments en ravines et de carrés ornés de fleurs, simulant le plan exact des façades et des dispositions extérieures. L’exécution de ce projet aurait infailliblement amené une décoration médiane faisant face au portail d’entrée.
A l’aide des quatre colonnes, restées au Château dans un coin et non utilisées, on aurait, à la place même, rappelé l’entrée de la porte du vestibule d’autrefois, actuellement
LE CHATEAU D’ANET
à Paris, et, des deux côtés de ces colonnes, toute la colonnade du bâtiment du fond eût été représentée par deux lignes de vases de fleurs posés à la place des colonnes qui formaient autrefois la Galerie.
Cette décoration archéologique aurait un double avantage : d’abord de clore le fond de la Cour d’honneur, ensuite d’orner le fond de cette Cour, aujourd’hui éventrée par un vide désagréable et cruel à voir.
Nous aimons à croire que cette décoration, si simple et si facile à exécuter, aurait le plus grand succès, et s’harmoniserait parfaitement bien avec la colonnade de la Chapelle, qui, par cette décoration, se trouverait reliée par le fond au bâtiment de l’aile gauche du Château, et formerait un tout qui n’existe plus, puisque les deux parties du Château subsistantes aujourd’hui demeurent isolées l’une de
l’autre.