‹ Histoire et description du château d'AnetChapitre 81 sur 138 · PIERRE DE BRÉZÉ · texte numérisé non relu

PIERRE DE BRÉZÉ

Charles VII, en reconnaissance des services que Pierre de Brézé lui avait rendus en chassant les Anglais de Normandie, inféoda en sa faveur les Châtellenies d’Anet, Bréval, Mont-Chauvet et Nogent-le-Roi, moyennantune redevance d’une haquenée blanche, ou cent livres parisis, payable au ier mai de chaque année, pour par ledit de Brézé, les avoir et tenir à perpétuel héritage, ses hoirs, successeurs et ayants cause au temps à venir, et en ordonner à leur plaisir et volonté comme de leur propre chose, sans que ledit Seigneur Roi ou ses successeurs puissent désormais y mettre aucun trouble, ni empêchement ; et, dans le cas où ledit de Brézé ou ses ayants cause ne payeraient pas ladite redevance audit jour, ils seraient tenus de pa)^er40sols en sus à Sa Majesté. Ces lettres patentes d’inféodation, données à Nancy en 1444, lues et publiées le 18 janvier 1445, furent enregistrées au Parlement le 7 février suivant, et à la Chambre des Comptes le 26 mars de la même année. Le Parlement mit à leur enregistrement deux modifications : l’une, que l’inféodation n'aurait lieu que pour Pierre de Brézé et ses enfants en légitime mariage-, l’autre que ces quatre terres, qui avaient fait partie jusqu’alors du Duché de Normandie, relèveraient à l'avenir du Duché de Chartres.

La Châtellenie d’Anet était trop près du théâtre de la guerre pour n’être pas exposée aux incursions des Anglais. Aussi, l’un des articles de la trêve conclue entre la France et l’Angleterre, le i5 décembre 1446, stipulait qu’en ce qui touchait les terres et Seigneuries d’Anet, Bréval, etc., que chacune des parties dit et maintient être de son obéissance, il n’y serait rien pris, ni exigé aucune chose, de part et d’autre, jusqu’au ier avril 1447. Charles VII ayant repris Chartres et chassé les Anglais de ses États en 1449, ces terres revinrent définitivement à la France.

Les Anglais, en se retirant, emportèrent tous .les titres, papiers, registres et chartes relatifs à la propriété, aux règlements et aux lois du pays qu’ils quittaient. C’est ce qui fait que nos Archives sont si pauvres en documents des temps passés, sur toute une partie de la Normandie, et particulièrement sur les Seigneuries et Châteaux d'Anet, Bréval, Ivry, etc. Ces titres furent transportés et déposés à la Tour de Londres. Bréquigny, au dernier siècle, et de nos jours, plusieurs érudits Français y ont copié de nombreux documents. Il serait digne des Départements de l’ancienne Province Normande de faire exécuter une copie complète de l’ensemble des documents qui concernent nos contrées.

Page 1