‹ Histoire et description du château d'AnetChapitre 9 sur 138 · EXTÉRIEUR DE L’ÉGLISE · texte numérisé non relu

EXTÉRIEUR DE L’ÉGLISE

L’extérieur de l’église présente un mélange d’architecture appartenant à trois époques différentes.

Sa partie primitive est le chœur, dont la construction paraît fort ancienne; l’abside, trèsbasse et très-petite, semble remonter au XIIIe siècle.

Vient ensuite la façade de la grande nef et le clocher, dont l’architecture et la sculpture, de style flamboyant, paraissent être du commencement du XVIe siècle. Le bas du clocher est décoré dans le même style que la façade, dont il fait partie.

Les deux bas-côtés sont tout à fait Renaissance. Les tablettes formant l’entablement audessus des fenêtres, et les triglyphes, ainsi que les vases, au-dessus des pilastres qui séparent les fenêtres accouplées, sont en tout pareils aux ornements du portail d’entrée du Château, ce qui indique le style, la date et les artistes auxquels iis sont dus.

Les parties inachevées des bas-côtés nous montrent l'importance que Diane voulait donner à ce monument.

Par devant, c’est d’abord un second clocher dont la place est réservée à gauche, et les amorces indiquent qu’on voulait l’ajouter pour régulariser la façade.

En arrière on devait faire une nouvelle abside, en reliant les bas-côtés restés en cours d’exécution; en se réunissant derrière le chœur, ils auraient créé un nouveau chœur plus élevé que celui-ci, dont le trop peu de hauteur est en désaccord avec l’élévation du reste de l’église.

La grande porte est divisée en deux parties par un pilier; elle est terminée par une ogive géminée et décorée de sculptures. Ce portail est surmonté d’une galerie avec balustrade sculptée à jour. Le pignon de cette façade est décoré par une grande rose, dont la sculpture, découpée à jour, éclaire la grande nef ainsi qu’une grande fenêtre à ogive, placée dessous et ornée de délicates sculptures.

A droite se trouve le clocher, qui fait partie de la façade. C’est une tour carrée, d’une assez grande élévation; l’escalier est placé dans une tourelle élégante, dont la base forme contrefort, et qui est terminée par un dôme portant une statuette nue, ailée, appuyée sur un glaive, probablement un ange.

L’entablement du clocher, plus Renaissance que la base, est décoré par douze bustes d’un très-beau caractère, trois sur chaque face, et auxquels il serait assez difficile d’attribuer des noms.

Un cimetière, clos de murs, fait le tour de l’église. Au centre et dansd’axe de l’entrée prin-

LA VILLE D’ANET

cipale de l’église s’élève une haute colonne d’ordre dorique et assez remarquable, qui est posée sur un piédestal carré et surmontée d’une croix. Elle a cinq métrés de haut, et elle est entourée d’une banderole qui s’enroule en spirale autour du fut. Sur cette banderole, a laquelle il manque une pierre, ce qui produit une lacune, facile du reste à combler, puisque c’est une phrase inspirée du verset xxm du XLIX* chapitre d’Isaïe, on lit : hic qui | te expectant [non confu]ndentur : Ceux qui t’attendent ici ne seront point confondus , suivie d’un mot de quatre lettres peu lisibles. Au-dessous, trois petits cartouches en hauteur sont appliqués sur les faces de la colonne. Sur deux on lit un vers, et la réunion des deux inscriptions donne

ce distique :

BIEN VIVRE ET MOVRIR c’EST ASSEZ ET PARADIS A V X TRESPASSEZ.

Enfin sur le troisième cartouche, avant la date finale de i555, on ht ces mots . ne plvs ne moins-, ils peuvent se joindre au souhait précédent, ou être une devise personnelle, identique pour les contemporains au nom de celui qui avait fait élever cette croix.

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