‹ Histoire et description du château d'AnetChapitre 8 sur 138 · MAISON DES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

MAISON DES RELIGIEUSES

Cette maison a été fondée au XVIIe siècle, rue du Bourg-Clos. La maison où étaient ces Religieuses se reconnaît à sa taçade un peu cintrée, qui existe encore aujourd’hui; elle est accompagnée d’un grand jardin, terminé par un vivier.

Le récit de cette fondation se trouve dans un volume, publié à Paris en 1775 et intitulé : l ie de la vénérable Mère Catherine de Bar , dite en religion Mecthilde du Saint Sacrement , institut) ice des Religieuses de /’ Adoration perpétuelle .

Dès lan 1G40, la Duchesse de Vendôme ayant désiré que les Religieuses Bénédictines,

EGLISE PAROISSIALE

dites du Saint-Esprit, du monastère d’Ivry, diocèse d'Évreux, vinssent s’établir à Anet, en obtint la permission; mais l’établissement, environ quarante ans après, tendant à une ruine totale par la mort des Religieuses et le dépérissement des revenus, l’Évêque de Chartres eut dessein de les détruire pour en faire un hôpital et fit défense de recevoir des novices. Comme elles étaient en relation avec la Mère Mecthilde et qu’elles en étaient assistées depuis longtemps dans leurs pressants besoins, elles désirèrent s’agréer à son institut, et en passèrent acte le 23 décembre 1680.

La vénérable institutrice leur envoya des religieuses. L’Évêque de Chartres persistant à ne pas permettre qu’on reçût des sujets, les amis de la Communauté lui conseillèrent d’aller s'établir à Dreux. Le Duc de Vendôme, qui en était Seigneur, écrivit au Corps de Ville de vouloir autoriser cette translation. Aussitôt les Officiers de Ville partirent pour assurer le Prince de leur soumission et les Religieuses de leur bonne volonté; mais, de retour à Dreux, ils s’assemblèrent, firent des difficultés sans nombre et proposèrent des conditions de nature à faire renoncer à l’entreprise.

La Mère institutrice voulut qu’on acceptât toutes les conditions et qu’on ne se rebutât de rien. Il n’est pas possible d’exprimer les peines, les humiliations. qu’éprouvèrent, pendant plus de cinq ans, les Religieuses qui commencèrent l’établissement. Ce ne fut qu’en 1695 qu’on put faire l’achat de la maison qu’occupait en 1775 cette Communauté; le Saint Sacrement n’avait commencé à y être exposé que le 29 février 1696, et les Lettres patentes de cet établissement, obtenues en 1701, n’avaient été homologuées qu’en 1704. Après la dissolution de cette petite Communauté, la propriété fut transformée en une Maison d’éducation pour les jeunes filles, dirigée par des Sœurs. C’est à cette circonstance que la rue dut de changer de nom pour prendre celui de Rue des Sœurs, qu’elle porte encore aujourd’hui. La maison, vendue à la Révolution comme bien national, est devenue depuis une propriété particulière.

ÉGLISE PAROISSIALE

La première église connue à Anet existait au moyen âge; elle était située où est maintenant l’Hôtel de ville. A l’époque où cette petite ville était entourée de murailles, le Cimetière s’étendait entre ce bâtiment et dans la cour de l’Hôtel de la Rose; une partie de ses dépendances a été bâtie dessus, et les fouilles, nour en installer les fondations, amenèrent une grande quantité d'ossements qui ne laissent aucun doute sur l’ancienne destination du terrain.

Le vandalisme révolutionnaire des guerres de religion amena sa ruine, et c’est à la suite de ces convulsions que paraît avoir été créé un Hôtel-Dieu à Anet. Celui-ci peut avoir été

LA VILLE D’ANET

installé dans cette église, dont le chœur servait de chapelle à î’Hôtel-Dieu, ainsi que 1 indique le Pouillé du diocèse de Chartres, lorsqu’il parle d’une chapelle Saint-Roch, en la paroisse d’Anet, réunie à F Hôtel-Dieu.

Cette église paraît avoir été fondée sous le vocable de Saint Cyr et de Sainte Julitte. On en parle dans une charte de 1080 comme appartenant aux Moines de l’abbaye de Saint-Père de Chartres. En 1 127, ces Religieux avaient été confirmés dans cette possession, avec toutes ses dépendances, par Geoffroy, évêque de Chartres. Un acte, daté de novembre i2o3, donne le partage des dîmes prélevées à Anet par l’Église. En voici la traduction :

« Goslin, chantre, Hugues de Feuillet (seigneurie près de Chartres), chanoine de Chartres, à tous présents et à venir salut en l’auteur du salut. Nous, voulans porter à la connaissance de tous le différend qui existait entre religieux hommes Guy, abbé, et les Moines de Saint-Père de Chartres, d’une part, et Sanction, prêtre d’Anet, d’autre part, au sujet de certaines redevances et coutumes, et de quelle manière les parties transigèrent d’un commun accord, en présence de vénérables personnes Vulgrain, abbé de Saint-Euverte, Foulques, Doyen de Sainte-Croix, et Pierre, Prieur de Saint-Sanson d’Orléans, délégués de l’autorité apostolique : Pour les offrandes à recevoir aux fêtes annuelles, savoir à la Nativité, à Pâques, à la Toussaint et à l’Ascension, les Moines enverront leur Sergent recevoir les pains, et le Curé de l’église d’Anet qui sera alors en exercice prélèvera deux sols seulement sur toutes les offrandes, en présence du Sergent, et les distribuera, selon sa volonté, à ses Chapelains, à ses Clercs et au Marguillier de l’église; ils enverront de même leur Sergent avec celui du Curé pour recevoir les menues dîmes. Les agneaux et les peaux seront reçus, à un jour fixé, par les Moines et le Curé. Les laines seront apportées pour être gardées dans un lieu désigné de commun accord. Les Moines auront les deux tiers et le Curé l’autre tiers de toutes les offrandes, des pains, des menues dîmes, en quelqu’endroit qu’elles croissent, soit dans les jardins, soit au dehors, des agneaux et des peaux. Si quelqu’un retarde à rendre ou ne rend pas au jour fixé les pains et autres redevances, après un délai de huit jours, les Moines ou leur Sergent, avec le Curé, porteront leur plainte au Doyen ou à l’Archidiacre, et poursuivront ensemble leur droit avec les dépens accoutumés. Le Curé supportera seul le coût des hosties et du vin dans la Pâque. Au temps des vendanges, les Moines donneront au Curé un demi-muid de vin provenant des dîmes de leurs vendanges. Les Moines auront l’un des deux prés; l’autre restera au Curé. Le Curé, pour son hébergement tel qu’il se comporte, rendra aux Moines deux sols de cens annuel, à la fête Saint-Rémy. Les Moines lui payeront pour sa maison dix-huit setiers de blé d’hiver, un demi-muid d’avoine et un demi-muid d’orge. 1 outes les grandes dîmes appartiendront aux Moines, sans exception, sauf la petite vigne qui fait partie de 1 hébergement du Curé, dont les moines n’auront pas la dîme. Quant à la vigne que le Curé tient de la libéralité d’Isnard, il en donnera la dîme aux Moines, ainsi que des autres vignes qu il a maintenant ou qu’il pourra avoir dans la suite. En témoignage de cet accord, pour en conserver le souvenir et lui donner une plus grande force, à la demande des parties, nous y avons fait mettre nos scels, et nous avons parti cet acte dressé par manière de cyrographe.

<c Fait à Chartres, l’an de grâce mil deux cent trois, au mois de novembre. »

ÉGLISE PAROISSIALE

L’église actuelle est située en dehors de la ville. Elle appartient pour sa plus grande partie au style de la Renaissance, époque où elle a été agrandie et rebâtie par Diane de Poitiers, décédée avant d’avoir terminé cette reconstruction, qui est restée inachevée jusqu’à nos jours.

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