JARDIN
Lorsqu'on est entr^ dans la ménagerie , il convient de prendre alternativement les allées à gau-r che et à droite. On faitainsi le tour de-divers parcs; on passe devant les singes , les oiseaux de proie et la faisanderie , et l'on se trouve vis-à-vis de la rotonde. Alors on avance au delà de cet édifice , on tourne à gauclie pour visiter de nouvelles constmctions ; puis reprenant la direction qu'on avait d'abord suivie , on arrive au bâtiment qui renferme les animaux carnassiers, et l'on revient en passant entre d'autres parcs et en suivant la terrasse qui aboutit à la serre tempérée. Au-dessous de cette terrasse est le jardin de naturalisation qui tient à celui des semis , et qu'on voit parfaitement de ce point. Quand on est parvenu à l'extrémité de la serre tempérée , on descend dans Le lieu le plus bas , et l'on revient par un chemin ereux au lieu d'où l'on est parti.
£n faisant le tour des parcs , on aura pu remar^quer que chacun d'eux est entouré d'un ti'eillage qui diffère des autres par le dessin. On aura sur-< tout été firappé de la beauté et de la variété des arbres qui ombragent les allées.
C'est dans cette partie de l'établissement qu'on a rassemblé tous les arbres et tous les arbrisseaux étrangers qui peuvent passer l'hiver en pleine terre. Nulle part un aussi grand nombre d'espèces parvenues à leur grandeur naturelle ,ne se Irouve
dans un espace aussi ressent. Comme le terrain est bon , et que les arbres ont été bien soigftës , ils ont pris un accroissenient rapide.
, Cesarbres n'ont éti plantés que successivetne&t depuis 1797 , et l'on a lieu de s'étonner de leur grandeur. Il est bon d'avertir que la plupart ont été plantés lorsqu'ils avaient déjà acquis une trèshaute taille , qu'on ne les a point ététés , et qu'on n'en a même retranché qu'un petit nombre de branches , afin de ne point altérer leur port naturel. On a eu soin, enles arrachant en hiver, de n'en point endommager les racines , de conserver inéme la motte autant qu'on Ta pu, de bien défoncer et de bien préparer le terrain , de les orienter comme ils l'étaient dans le lieu d'où on les a retirés , de les arroser au besoin pendant le premier été; et ils se sont à peine ressentis de la transplantation. C'est une preuve de l'inutilité de couper ta tête aux arbres qu'on veut transplanter; et M. Thouin, qui s'est élevé contre cette pratiipie danssescours et dans ses écrits, a donné ici la preuve la plus concluante de la vérité de ses principes. Les arbres de la ménagerie étant étiquetés , nous n'avons pas besoin d'en donner la nomenclature. Nous nous contenterons de signaler quelques-uns de ceux qui doivent. attirer l'attention, soit parce qu'ils sont très-rares, soit parce qii'ib sont ici d'une beauté remarquable.
JABOIN. 221
On y voit le premier mûrier à papier arrivé en France. M. Banks l'avait apporté d'Otaïti , et il l'envoya au Jardin du Roi. Il a été long - temps dans le jardin dessemisprè* du puits; mais comme il y donnait beaucoup d^ombre, on l'a transplanté dans la ménagerie. Le noyer noir et le noyer cendré (i) qui se couvrent de fruits toutes les années, les diverses espèces de micocouliers , les frênes et les érables d'Amérique , les sorbiers de Laponie , le tilleul argenté , les cerisiers et les pruniers de TAmérique septentrionale , le poirier à feuilles de saule , les sumacs , les féviers sont ici d'une grandeur remarquable. L'acacia visqueux que Michaux a apporté d'Amérique, et qui est si agréable par son feuillage et par ces fleurs roses qui se renouvellent deux fois l'année , est très-multiplié ;
(i) Jurant nigra. Cet arbre croit cd pleio bou daDi lei éuta du Kentucky et de l'Ohio , il y acquiert jnaqti'i loiiante.dii piedi d'élé- Tition, eliiipiedtde diamitre. Son boia est d'nne couleur trèi-bniae, maU il e«t compacte cl laiceptible d'uD beau poli : il ne >e tonnnente point et n'eitjamaii attaqué par tel Ten. On CD fait de beaux meubles, eloD remploie danileiconitracliona narales. G'eit nu de» arbres qu'il aérait le plut utile de moItipUer ea Fraace ; il poaise plu* vite et l'élève plus rapidement que le noyer commun , auquel il eat préférable excepté pour sea fruits. M. Hicbaui 6Ii propose d'en faire dea pépi- ' nièrea, eldegreSer les lujett à huit ou dix pie di de hauteur, aTecnotra DOycT. • Alors, dit-il, on jouirait de tous les aTantafei que priienteot
• les deux etpËces, moi le rapport de la qualité du boia et de la bonté
• des fmita. • Hiltoire des arbres de l'Amérique septentrionale, tom. 3, p. 164.
Le noyer cendré eataosii un fort bel arbre, mais il est à tous égard»
322 DESCEIPTION DU MUSEUM.
et ce sont les individus élevés d'abord au Jardin du Roi qui ont produit ceux qui sont aujourd'hui répandus dans les parcs.
La plupart des arbres de la ménagerie fructifient abondamment. Ib sont ce qu'on appeHe des porte-graines, c'est-à-dire, destinés 3i fournir la récolte des graines qu'on distribue toutes les années aux cultivateurs. I<es arbres verts de la famille des conifères sont les seuls qui ne se trouvent point à la ménagerie , parce qu'on les a tous réunis sur les buttes.
On voyait, il y a quelques années, le long des allées qui séparent les parcs , plusieurs arbustes agréables , des spiréa , des chèvre-feuilles , des clématites , etc ; ils y sont plus rares aujourd'hui, parce que les arbres devenus trop grands , les privent du soleil.
Il y a encore dans la ménagerie quelques carrés qui ne sont pas plantés d'arbres ; ils seront bientôt omlM'agés comme les autres. On en a profité jusqu'ici pour multiplier quelques plantes rares , ou ponr faire des expériences : ainsi il y a quelques années qu'on y a cultivé le pastel , pour savoir quelle quantité d'indigo on pourrait en retirer.
Autour des divers parcs , on place des arbustes ou des plantes vivaces qui donnent de belles fleurs, des iris, des millepertuis , etc.
En sortant de la ménagerie, on tourne à gauche,
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