‹ Histoire et description du Muséum d'histoire naturelle,: ouvrage rédigé dChapitre 22 sur 37 · JA.RD1.N · texte numérisé non relu

JA.RD1.N

M. Thouin a donné l'histoire dans le huitième volume, des Annides di^Muséum.

A Vestrémité de ce carré se trouve une allée transversale de tulipiers de Vii^inie , qui fait la limite de l'ancien jardin. Â partir de ce p9int» les tilleuls de la grande ïdlée sont moins élevés, parce qu'ils n'ont été plantés qu'en 1783 (i).

Viennent ensuite quatre carrés, dont chacun a ime destination particulière. Le premier, clos d'un treillage , est' consacré aux arbres qui conservent leur verdure toute Tannée. Ces arbres , sont plantés par gradation , les plus grands an. nord le l(»ig dé l'allée , les autres au midi du côté de la rue de BufTon , pour que tous joiiissent du soleil autant que cela est possible. On y voit de très-grands épicéa , le pin de Jérusalem (pinusalepemis , Desf. FI. Atl. } , de beaux genévriers (Je Virginie ou. cèdres rouge,s , un chêne aux glands doux {quercus BaUota , \it&i. H. Atl.) ^2), des houx panachés, le houx de Mahdn , etc.

Ce carré est séparé du suivantpar une allée de

{t^ÏMtoXifiet^UriodeiidrvmtuUpifè^) a ttë întrodnit en Fnnc* Tcn 17^8 par le .mtT([Dis de la Qaliatomiièntj gooTerneiu' dn Canadtb C'est nndeapkia beaux arbres de l'AïuériqaejepteDtrîaDalejdaDa Ih fitreti où il ctott natDi«IIement il g'élère t ceDt trente piedi et dcnnine Ici «utrei aArw ; ion tiooc a qaelqaefoii pfai de Tiogt pieds de cii> conférence. Lei tulipiers du Jardin ont été pUutés il y a ringt-cinq ans par H. Tbooin, ils le eouTrent de flenn aa moia de juin, etdapnîs quelques années ils donnent dea ^ines fertiles.

(a) Ed Esp*!^ oti mange ces glands comme des cht^ignéi. '

' aoo DESCBIPTION DU HCS^UH.

«mélèzes (i ) ; celui-ci également entouré d'an treillage , contient un asaortinent des arbres.doat oa fait des bosquets d'automne. Ce sont ceux dent les feuiUes ou les fruits se colorent pendant ct^ saison. Là se trouve le noyer pacanier {jugions olivcBfi}rmisy 'Willd. ) (2) , le plus grand qui existe en France ; deux gingko biloba (3) , les premiers . arrivés dans nos climats , et dont un seul a donné des fleurs mâles ; un beau dio^yros ou plaqiieminier de Virginie ; un mespjrtus iinearis qui forme naturellement le parasol (4) ; un superbe mûrier roqge ^rAmérique septentrionale , dont les fruits sont aussi bons que ceux du mûrier noir, et qui est surtout remarquable en ce que son feuillage, plustoufiii que celui d'aucun autrearbre

(1) Lei mélèiei l'èUireBl à cent vingt ^eda *n le* moatagnc* , dau le* temùu ini* et ombragé* , mai* Ua dfe rènnUieDi )>u id Judjo du Boi. Les inéltie* et le cyprti ctuure, (sat le* leii]* arbre* de la hagillc de* cDoifiiei qui penient lewi ftonillei penduit mwti,

(1) Cet arbre, origiDaire de II Haote-Lookiane, croit abondamment le kog d«* rÎTièie* et dan* le* marak. Se* noii Hmt an objet de coid>- ■nerce mu Btati-Dni* ; il n'a pa* encore frnctiGé ra France.

(3] Grabd arbre do Japon trii-iingiitier par MM fenilhge ; (et IrniU groi comme de* pomme*, contiennent nne amaade qn'on aert tai le* table* , c'e*l ce qnil'a fait nomm^ir aotti noyer du Ii^on. 11 fnt intn>doiteo Angleterre en i754etappofti en Francp.qnelqoe* année* aprt* par H. Pïtigny.

(4) Cet arbre , originaire de l'Améri^oe *epteNtnoaaIe., n'ètkil pa* CODDD de* botaniites lonqne le* graine* ont èti apporta an Jardin il 7 a eoTimn vingt-cinq ani. Od l'aranltiplié, on en a formé ont petite allée, et il aéra bientôt répaoda dan* le* parc*. Son port e*t ei^tiére- «nent diBïient de celai dea antre* e*pèce* du mCme genre.

JAEDIN. 20I

que nous connaissions, se conserve jusqu'à la fin de Tautomne , et n'est jamais attaqué par les insectes.

Ce carré se termine par une allée d'érables i &ait cotonneux {acer erioearpon, Mich,) , arbre qui n'est tnen connu que depuis que M. Désfontaines l'a distin^é de ses congénères en le décri-, .Tant dans les Annales du Muséum, tom. 7.

tiC carré suivanl est un bosquet d'arbres d'ornement pour l'été. Les plus grands sont toujours au nord, on a cherché à faire contraster entre eux ceux qui diffèrent le plus par le port , par le feuillage, par la forme et la couleur des fleurs. On y l'emarque de^ frênes de Caroline, des frênes à fleurs , des noyers noirs de Virginie , des chicots {gymnoclaàuscaitadensis){i). Cette plantation est terminée par une allée d'aylantes.(2). Tous por-

(1) Cet arbre e*t dicûqiie ; il ut remarquable par aea (enillci deu îaa ailèei qnl ont jnaqa'à trois piedi de long anr vingt paune* Ile U^; en biTerlonqu'ilen est dépomUé,*esbnac)iea4tmt en petit nombre, il a l'aapect d'an atbra mort ; c'eit ce qai loi a fait dMiner le Dom de cliicot. Noua n'iiong encore qne l'indirjda mile.

(3) Let graine* de cet atbre fhrent eDTOjèei de 1* Chine par le P. d'IncarriU* en 1751. H. DeifilDiaiMa l'ayant va finctiGer pont la première fois -«hei H. Lcmonnier k Vertaillea, le reconnut poni uD nonrean genre de la fïmille de> térébinthei , qt il en pablia la*deactiption dam lea Hémoirea de l'acadiniic dei •ciencei en 1766 ; 3 lui dpaua le nom d'allante qu'il porte A Amboine , et qni aigalGe arin du del; on l'atait d'abord déiigné aoni le nom de venùt du Japon , paree qu'on avait cm que les Jiponaii en tiraient lear bean ternis. Cette dAoopinalion l'eit conierrée, quoique trii-iiiipiopte ; elle con-' rieqdrait mieux an rfiut vaiàx, Linn.

2U2 DESCBIPTION DV MUSÉUM.

tent d'un côté, sur le tronc, l'impression de la

gelée dont ils furent frappés en 1789, àl'ëpoqae

oà la sëre avait commencé à se metti^ en mou-

Temcnt.

Le dernier carré est planté d'ailires qui fleurissait an printemps : son étendue était double avant la constructiân du pont ; on fut alors obligé d'en retrancha- une partie pour agrandir le qâ^. Les arbres qu'on enlera forent transportés vis-àvis , à Textrémité de la grande allée correspondante, parmi ceux qui restent de ce cdté se trouvent le ,1e pavia jaune, le pavia de l'Ohio, et le maiTonier à fleurs rouges, espèce très-remarqaable et qui n'était point encore connue il y a deux ans, lorsqu'elle a fleuri au Jardin du Roi.

- Arrivés à l'extrémité de ce bosquet, nous nous détournerons un peu de notre route pour en visiter la seconde partie , également composée d'arbres du printemps, greffés de différentes manières et abandonnés à leur croissance naturelle. On y voit des merisiers à fleurs doubles ; un bel individu du coignassiér de la Chine , décrit et frguré par M. Thouin datis les Annales du Muséum, tom. J9 , lorsqu'il a fructifié pour la première fois en 1 8 1 1 ; le pommierodorant (maius coronaria) de l'Amérique septentrionale, et le pommier à bouquets ( maius speciabilis ) de la Chine. Ce bosqaet est défendu de la poussière par un brisant formé

JA.RDIK. 3o3;*

de thuyas de la Chine. Il est borne du côté de l'ouest par une allée d'arbres dénudée, qui estU plus jolie du Jardin , lorsqu'au commenceipeRt de mai , les feuilles n'étai^t pas ^core développées, toutes les branches sont couvertes d'une innombrable quantité de fleurs. >

iUvenonsjnaintenant sur la terrasse jusqu'à la porte d'entrée. Nous trouverons en face de cette porte «ne allée qui va jusqu'au 'grand bassin carré» et k di*oite et àgauche de cette allée, des parterres employés à averses cultures. Ces. parterres sont au noinbre de huit. Les quatre premieil} sont consacrés à la culture des plantes médicinales , dont on ' fait des distributions gratuites- aux pauvres. Elles y sont disposées par bandes , et toutes étiquetées , pour que les herboristes et même les étudians en j^rmacie et en' médecine puissent lesexaminer dans tous leurs dételoppemens. Deux de ces carrés sont destinés aux plantes indigènes : les deux autres aux plantes exotiques. On y voit les différentes espèces de rhubarbe , et plusieurs plantes nourelleraent introduites , airtquelles on attribue de grandes vertus dans les pays d'où elles viennent, et dont les médecins pourront faire l'essai chez nous avec les précautions convenables.

Les deux parterres suivans , contiennent des doubles des plus belles plantes vivaces de l'école. Comme elles ont phis d'espace , elles peuvent y

3o4 DESCBiPTION DU HUSéUH.

croître avec plus de liberté , et les élères en botenique viennent les étudier, et s'exercer à les déterminer d'après les caractères. C'est pour cela qa'on n'y met point d'étiquettes.

Les deux derniers carrés sont un parterre on l'on cultive des fleurs de plate-bande. On a soin de varier les espèces toutes les anooées, et l'on renouvelle les plantations deux fois pour que le terrain soît égalesient couvert de fleurs depuis le milien du printemps jusqu'au milieu de l'automne. Cette partie du Jardin ol&e an coup d'œU agréable. Les graines qu'on y recueille font partie des distributions.

A rextrémité de ces parterreè on trouve le bassin carré qui est entouré d'une grille de fer ; en en faisant le tour-, on peut voir tous les arbrisseaux dont il est planté. Ces arbrisseaux sont disposés sur les côtés en amphithéâtre, à quatre expoûlions différentes selon leur nahire. Au printemps , et jusqu'à la fin de l'été , ce bas^ of&ede tous côtés un coup d'œil magnifique , par la quantité de rosiei^, de boules de neige, de lilas, de iiistets, de fontanésia (i), de staphjlea qui le décorent Plusieurs des arbrisseaux de cette plantation commençant à se dégrader, on l'a coupée

{i) Joli krbiiueaa décrit et dédié à il. DufbDtune) pu H. de 1» BilUMière, qui eu a apporté le> gninei la Jtttdu dn Bpi, hionntOH de S^rie en 1788.

JARDIN. 2o5

rhiveV dernier , à rez de terre , ainsi on ne la trouvera pas aussi belle qu^elle Tétait en i 8qo; mais elle leserabeaucoup plus dans les années suivantes. Au fond est un petit étang qui reçoit par infiltration les eaux de la rivière. On avait d'abord destiné ce bassin à la culture des plantes aquatiques ; mais elles n'ont pu y réussir. D serait à désirer qu'on pût Creuser un aqaéduc qui établît entre ce bassin et la Seine une communication plus facile , ou qu'on se décidât à combler le fond , où l'eau stagnante et non renouvelée devient souvent fétide pendant les grandes dialem^. On a établi vers le bas , des plates-bandes où Ton cultive des fleurs d'ornement ( I ) .

Après avoir faitletour.de ce carré, on traverse unç allée bordée d'un' seul côté de mespiliis Unçaris et de koelreutéria (a). Ces deux arbres placés alternativement sur une même ligne, contrastent par leur feuillage , paf leurs fleurs , et surtout par

(i) Lonqn'oa conitniira de DoDTeUïa •erre* , ou lei placera proba. blement ï la «lîte de cellei qui eiisteot , ce qui obligera de prendre une litière de tenaio dam la partie oocidentale de l'école de botaci^oe I et conaéqneninieiit de prolonger cette écnle da rMi du midi ■ndelA de aei limitei ■ctnellet ; alon od comblerait le graad basain, pour ; traniportet l'école des arbres fmitieri od celle de culture- Cette traoalation exigeant de* traranz préliminairei , il eit pouible qn'oD s'en occupe le printempt phtchaia, et que le graad buain ae réponde plni à 11 deiciiptïon^que dou en aton* donnée. ' (a) Joli arbre origioaire dn nord de l'Asie , introdnit en France en ■TSg, et acclimaté dans le jardin dei semis du ttuiéom, doii'il s'est iép>ndachei'l«i amiLteais.

ao6 DESCHIPTION BIT MUSEUM.

le port , l'un ayant les bcanches étendues horizontalement, et Fautre les ayant réunies en boule. On entre ensuite dans la pépinière, qui est entourée d'une grille de fer.

C'est là qu'on élève les arbres , arbrisseaux et arbustes nécessaires pour garnir les différentes parties du Jardin : on y propage de bouture , de -marcotte , ou de greffe , toutes les espèces intéressantes qui sont nouvellement introduites ou qui ne sont pas encore répandues dans te commerce, et l'on en donne de jeunes pieds aux cultivateurs qui sont en correspondance avec le Muséum.

Parmi les arbrisseaux élevés à la pépinière on voit avec plaisir le charmant marronier appwté de l'Amérique septentrionale par A. Michaux, {mscidus macrosiachya , Mich. FI.) qui étale ses branches et ses longues grappes de fleurs à trois pieds au-dessus de la terre. On y voit aussi une plantation de paliura8( i ) aussi beaux que ceux qui croissent dans le midi de la France ; des cissus, des périploca. Au reste ces cultures varient, parce que chaque année on transplante ailleurs les végétaux qui sont assez multipliés , pour leur en substituer d autres. Au milieu de la pépJnîèi'e est un rucher

(t) Joli arbrioeiD d'omeoient dont <w peut faire dea-liuea impéné- Icible*, parce qn'l l'aii««Jle de chaque feuille il j ■ deux épioea dont l'une ett droite et l'antre conrbe. Virale en ftit mention : spinù paiiurui aculU. On le nomme *a)giireinent poru-chapei^ i cautc de ies frniti qni ont la forme d'nn cfaapean rabattu, •

izscbyGoOt^lc'

jAafiiH. 207

composé de trente-six ruches, réunies dans un petit pavillon formé d'une charpente en bois, et couvert d'une toile peinte ^ rouge. Ces ruches sont de diverses constructions , depuis les paniers les plus simples jusqu'aux ruches à feuillets et à celles qui sont garnies en verre pour qu'on puisse voir travailler les abeilles. M. Lasseray qui prend soin de ce rucher , y a fait des observations sur les divers jnoyens de recueillir U nûel sans détruire lesmoudies; il a même trouvé celui de rcitraire des alvéoles sans alte'rer les gâteaux de cire.

Le long de la grille du côté du midi, est une ' plate-bande couverte de terreau de bruyère , et ombragée par les tilleuls de la grande allée. Elle est destinée auxplantesqui exigeutdela fraîcheur et des soins particuliers ; c'est là qu^on cultive pluùeurs arbustes de la fapûlle des bruyères où des rosages; des ajialea, des kalmia, des vaccinium, des rhododendron, des itea , des andromeda, dont iln'est pas possibted'avoirdesindividusaussi beaux dansl'école de botanique, pn-yremarqueaussiun joli magnolia glauca , l'un des arbrisseaux les plus redierchés à clause du parfum de ses fleurs.

En sortant de la pépinière on se trouve en face de deux parterres, plantés il y a quelques années sous le ministère de M. Cbaptal , qui accorda au Muséum les fonds nécessaires pour cette dépense.

D.(„t,:scbyGOOt^lC

2o8 DESCBIPTION DU HVSivH.

Ces deux parterres, entourés d'un treillage, Sont employés à la culture , à la multiplication et à la naturalisation des plantes étrangères Yivaces et de pleine terre. On y voit une ligne du beau phlomts apporté du Levant par Toumefort, une de diverses espèces de férule dont la tige a dix pieds d'élévation, une de fraxinelles, une de Taletris d'Abis> sinie, que Ton a multiplié au Jardin , plusieurs espèces de phlox, deux cheloné nouvellement venus du Mexique { C. campanulata et C. barbota , etc. ). On y voit aussi vers le bas une collection de rosiers à fleurs doubles , qui , sans être aussi nombreuse que celle du Luxembourg , offre cependant les espèces les plus remarquables. Sûr les glacis sont des touffes de plantes bulbeuses ou tubéreuses , CMnme des pivoines , des couronnes impériales , des lis orangés et des martagons de diverses couleurs, des albuca^ éts amaryllis, etc.

Les planches sont entourées de plantes propres aux bordures que l'on varie d'uneannéeàl'autre, poiu' les faire connaître et remarquer. Plusieurs des plantes qu'on y a ainsi cultivées pendant deux ans se sont introduites depuis dans les jardins. Ainsi le joli silène apporté de Barbarie par M. Desfontaines , forme maintenant des bordures charmantes dans les parterres du Luxembourg.

Bans la belle saison, on place aux extrémités de ces deux c«rrës et dans l'intervalle qûi.les sé-

JARDIN. 2og

p^re , des arbres en caisse qu'on a retirés de Vorangerie : tels que des grewia, des lentisques, le cassia corymbosa, te célastnis à fleurs nombreuses, des justicia, le kiggelaria d'Afrique , le caroubier , le sterculia à feuilles de platane , ou tong-cku des Chinois ; et du côté du cabinet, des myrtes à fleur double , de magnifiques lauriersroses et des palmistes.

Dans l'intervalle qui sépare ces deux parterres se trouve un large bassin où l'on cultive plusieurs plantesaqua tiques, dont quelques-unes sont étrangères, telles que te saururus cernuus et le jussiea i fleurs jaunes /ussiœa grandijlora , Mich. ) , tous deux de l'Amérique septentrionale. Sur le bord du bassin qui est entouré d'un treillage , on cultive quelques plantes qui aiment l'humidité , et surtout de irès-jolies saxifrages.

La construction de ce bassin est extrêmement singulière ; il a la forme d'une coupe portée sur un pied , et l'on en fait le tour en dessous. On pourrait y placer quelques plantes cryptogames qui se développent dans l'obscurité. Les pierres en sont si bien liées, que sous ce chapiteau il y a une humidité continuelle , mais sans que l'eau s'éciiappe d'aucun côté.

Les carrés dont nous venons de parler sont en face d'un jardin particulier entoure d'une grille de fer ; c'est celui de l'orangerie, où l'on place

aïo DESCRIPTIOH DV MUSEUM,

dans des caisses ou des pots pendant la belle saison toutes les plantes «jni , exigeant moins de chaleur que celles de ta serre tempérée , ont passé Itùver dans l'orangerie. On y remarque de beaux yuccas, des phormium ou lin de la î^ouTelle-Zélande (i), le laurier amande du Missisnpi , le prunier toujours vertf un magnolier à grandes fleura, des casuarioa (2) , des cletbra , des plantes du midi de la France , et beaucoup de plantes des Alpes. Au fond de ce jardin est le bâtiment de Forangerie dont les murs sont couTerts de plantes griinpantes et surtout de la belle bignone de >^gîme, qui attire les yeux par ses grands bosquets de fleurs ronges.

(i) Le phormium tenax, avec lequel le* habitiiu de U NoaTcUe-Zt- Unde flbriqnent lenn éloffei, ■ danpport aTcc lu aloèc. II est conm depnii te loyage da capitaine Gook. Le HoiéBin ea ajanl re^n qœlqne« picdi ma retour de l'expéditiOD da eapitaine BandlB en dona im tU. Fanjai, qui l'ayant mnltii^ daiu aon jaidin pria de HonlelimiT, le répandit dana le* départeroeni du midi. On le etdtiTe iDjOurdlini dans le TCnaÏDage de la mer oii il réiunt fort bien. C'eit ose aeqaiaitioD précieate pour la marine ) parce qpe le* cordes faite* sTec lea fibrei de ses feuiLes ont une force double de celle* de cbanvre. Tojes mr la cnltnre et le* usage* de cette plante les Annales do ■nstiun , tome 1 et tome 17.

(1] Le» caniarina on fiUo appartiennent à la famille des coBÎftrea. Ils MSil «Dtièremeat déponria* de feoillei, comme le* (phèdia. Lear* rameanx grtle*, pendan* et articulés, leur donnent un aspect tontparticnlier, O&ponrraitlescoltÎTerenpIeiaeierre dans le midi delà France, Leur bois très-dnr, tris-agréablement reine et nsccptible d'nn beaa poli , «erait fort nlile dans l'ibénisterie. C'est i la Noarelle-Hollande eeini qu'on emploie de prêrértnce pour la constinclion de> ti

Cette orangerie n'a point de fourneau. Elle est divisée en deux parties dont une seulement est voûtée : les croisées sont de la largeur des trumeaux ; onles couvre de paillassons danstes grands i'roi^. Au printemps on voit fleurir les plantes alpines sur Fappui des croisées. Gea plantes, quoiqu'elles soient originaires des régions les plas froides , ne peuvent chez nous passer rhiver en pleine terre , parce qu'elles n'y sont pas, comme dans leur pays natal , couvertes par ta neige depuis les premières gelées jusqu'au retour de la belle saison.

A côté de l'orangerie est un très-petit enclos bien abrité du nord et de l'ouest , où sont descouches et des châssis. On y place quelques plantes délicates qu'on veut faire fleurir ou multiplier de bouture.-

En sortant du jardin de l'orangerie, on est à côté de la rampe qui conduit au haut du jardin , c'est-à-dire à la colline qu'on nomme le labyrinthe , et à une autre butte moins élevée.

La colline à laquelle on donne vulgairement le nom de labyrinthe , parce qu'elle est coupée par plusieurs chemins qui rentrent les uns dans les autres , est d'une forme conique. En y montant on trouve d'abord le cédrc du Liban , qui donne toutes les années des graines eft quantité. C'est le premier qui ait paru en France. Lorsque

212 DESCRIPTION SD HUSEUH.

Bernard de Jussieu alla en Angleterre avec du Fay en 1734, Collinson, médecin quarke, fort riche et amateur de botanique , avait reçu du Liban un cône de cèdre dont les graines avaient tevë. Il en donna à Bernard de Jussieu deux individus qui n'avaient que quelques pouces de haut. Ils furent cultives avec soin : Tun des deux fut placé dans l'ancienne école , et n'existe plus ; Tautre est celui qui étend majestueusement ses branches au pied du labyrkithe. C'est de ses graines que sont venus plusieurs de ceux qui sont maintenant répandus dans les parcs. Quoiqu'il soit d'une très-grande hauteur , il serait «ncore plus élevé si sa flèche n'avait été cassée par un accident : on sait que ces sortes d'arbres poussent par le sommet de^ branches, et que lorsque le sommet est coupé ils ne croissent plus.

Au-dessous du cèdre du côté du midi sont deux pins à pignons remarquables par leur grandeur, et qui donnent l'idée de l'effet que font ces arbres , sur les Apennins dont ils couronnent les cimes, et dans les jardins d'Italie , où ils sont cultivés II y a aussi plusieurs laricio , des pins du Lord, des hemlock-spnice, le baumierde Giléad, beaucoup d'ifs, d'épicéa , de cyprès , et de très-beaux genévriers de Virginie.

£n suivant les allées qui montent en spirale et font plusieurs fois te tour de la colline, on trouve

D.q,t,:9CbyGOC>^IC

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El» ni'SiJcnJaBt de !.. Itutle, du inMi' -lui -m:». .. vt:!s U- (H i (1 , on voit lin heJ »îraMi' !- Morî|>t;iriiT; ,-' ."■ -.soi.s, le plus beau plaL;!'.'' .nfî ei;:;îi> à Fji-.-, -r .'iilro ers ik-uv .-irbrcs, Mirlc p'-ticl.*int

■il côi'.iu, un diàlet où IL! LrutiYf le :.!;.r'i,pen- <; iil );i ; , !io saison, Jn Ini-ige e" îles ■nu\r. U::'::^. (. '■.■,-,? i.'i.';i;: j>l<jsieurs' .le Ct-tix ijui vJein;'-;: pa^àt-j la rïi' •■• ;i étmli'ran Ja'i'in vont fji-e dfs cul- ■.'.■isr> .-^^c'V'lcS •■Il j-,--;:i|-.i:'.l M.)iiS rowi^f.ti'.t' (le.-

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JABDIH. 2ii

ao sommet un )oli kiosque entouré de colonnes de bronze et d'une balustrade. De ce point élevé la Tue s'étend sur le Jardin , sur toute la partie de l'est, du sud et du nord de Paris, et sur les campagnes éloignées du côté de Montmartre , de Vineennes et de Sceaux.

A mi-côteà l'exposition du levant, entre le kiosque et le cèdre, on voit une petite enceinte formée par un treillage : c'est là qu'est le tombeau de Daubenton. Ce patriarche de Thistoire naturelle étant mort au Muséum le 3i décembre 1799, on crut devoir conserver ses cendres dans le lieu où il avait passé sa vie , et auquel il avait rendu de si grands services. Une colonne posée sur divers minéraux, autour desquels sont des âeors qu'on a soin de renouveler, indique ce monument. On a leprojet de placer sur cette colonne le buste en marbre de Daubenton.

En descendant de la butte , du côté qui incline vers le nord , on voit un bel érable de Montpellier ; au-dessous , le plus beau platane qui existe à Paris; et entre ces deux arbres, sur le penchant du coteau, un chalet où l'on trouve le matin, pendant la belle saison, du laitage et des œufs frais. C'est là que plusieurs de ceux qui viennent passer la matinée à étudier au Jardin vont faire des collations agrestes en respirant sous t'ombrage des arbres un air frais et balsamique. Au-dessous du

3l4 DESCRIPTION DU HUSEUH.

châlet est un chemin qui fait le tour de la colline , se prolonge le long d'une terrasse élevée au-desans de larue du Jardin du Roi, etaboutitàune porte de sortie des galeries d^hîstoire naturelle.

En revenant à l'est derrière les serres , cm sera de nouveau conduit au-dessous des pins k pignon dont nous avons parlé , et l'on se trouvera en lace de la petite butte.

Celle-ci forme un carré long, presque en amphitbéâtre. £lleestcoupée par des allées sinueuses; elle est, comme la précédente, plantée en arbres verts , parmi lesquels on remarque plusieurs espèces de pins, particulièrement celui d'Alep, des sapinettes noires et rouges , des cèdres du Liban, des chênes verts, des filaria, de beaux individus du buis de Mahon, un néflier du Japon, un petit massif d'aucuba japcmica. Le haut de cette butte forme une esplanade à Textrémité de laquelle est un point de vue très-pittoresque , qui s'étend sur tout le Jardin jusqu'à la rivière.

Les deux coltines dont on vient de parler sont couvertes d'herbe qu'on fauche toutes les années. On y trouve souvent plusieurs plantes étrangères qui viennent des graines de celles qu'on a semées dans l'école , et qui s'y naturalisent Ainsi nous y avons vu pendant plusieurs années Je seigle de Crète , le maceron du lievant, sraymiimpe^Uafum,etc.

JAKDIN. ai5

lai descendant de la petite butte , on a en face un grand ovale qui est placé devant l'amphithéltre et entouré d'un treillage : à gauche quelques logemens de professeurs , dimt chacun a un petit jardin particulier; etplusloin,laportequidonne sur la rue de Seine : à droite, le Jardin des semis, la serre tempérée et la ménagerie.

Ce grand ovale est destinéà recevoir pendant Tété les plus beaux arbres de la Nouvelle-Hollande , du cap de Bonne-E»pérance, de l'Asie mineure, des cdtes de Barbarie , qui ont passé l'hiver dans la serre tempérée. Ils 7 sont groupés par masses pittoresques , et les caisses qui les contiennent reposent mr wi gazon où l'on place de distance en di^»nce diverses fleurs d'oniement.

Ces arbres éXaai étitiuetés nous n'avons pas besoin d'en indiquer le nom. Nous ferons mention des plus remarquables en visitant la serre tempérée où Us passent l'hiver. Kous nous bornerons à dire en ce moment , qu'on ne peut voir nulle part une telle réunion d'u'bres étrangers de diâ'érente £onne et d'un aspect aussi varié.

Au milieu de l*ovale est une très-grande coupe de pierre,autour de laquelle on arrange les arl»-es les plus élevés , et sur laquelle on place ordùiairement daira un vase une plante remarquable par la beauté et l'éclat de ses fleurs.

A côté de la porte de l'amphithéâtre on voit

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deux beaux palmistes (i) ' qoi furent envoyés à Louis XIV par le mai^rave de fiade-Dourlacb , au coniineDcemeot du siècle dernier. Usavaientalors douze pieds de tige; ils ont actuellement vingt-cinq pieds. Comme ces arbres croissent par le sommet et non par des bourgeons latéraux, qu'il ne se forme pas de nouvelles couches sur le tronc; et ^'ilspoussent chaque année de noarelles feuilles, tandis que les plus anciennes tombent; le nombre des anneaux qui se voient sur la tige indique leur âge, connne les couches concentriques du bois indiquent celui des arbres à deux feuilles séminales.

On est obligé de retenir ces palmistes par quatre cordes qui aboutissent au-dessous du sommet, et sont attachées aux quatre angles de la caisse pour qu'ils ne soient pas cassés par te vent.

£n Sicile et en Espagne on n'en rencontre jamais qui soient d'une aussi grande élévation. Il est remarquable que cet arbre croit pu* la base au-dessous de la colonne , comme par le sonsmet , tellement que l'impression du premier yneau de feuilles qui était d'abord au niveau de la terre, en est aujourd'hui à plus de deux pieds de distance (a).

(i) Oumaropi humilii, L. , on le nomme ■<!■■! palmier é*«DtiiI.

(i) Ce genre d'accroinemeot panlt d'abord tria-iiiigiiUei , el nom

k'en cooMiaKini pas d'antre ciemple; cependant il ne Vécarte point

JAftDIN. ai7

Nous allons maintenant continuer notre promenade en parcourant la ménagerie , que nous ne considérerons point comme le lieu où Ton élève divers animaux , nous proposant d*y revenir ensuite pour cet objet.

On entre dans la ménagerie par une porte voisine de l'amphithéâtre. A mesure qu'on avance , la diversité des sites , la différente inclinaison des parcs , la variété des plantations, le grai^d nombre de fabriques curieuses donnent à cette partie de l'établissement l'aspect d'un jardin irrégulier ou jardin anglais. Mais ici l'intérêt est tout autre. Dans la plu[iart des jardins anglais, où l'on n'a eu d'autre intention que de produire des effets pittoresques et de varier les points de vue , on se demande souvent si les effets obtenus répondent aux frais qu'on a été obligé de faire pour donner du mouvement au terrain. On se lasse bientôt de ce qui n'offre rien d'utile. Ici tout a un but déterminé : les parcs nombreux qui divisent la ménagerie étant destinés à renfermer chacun une,es-

dea loia ordioairet de U Tégétation. Le pivot de la racine ayant été repoussé hora de teire pat lei racines inféiieurea qui ne ponTsicat s'eafoDCer , s'ett ^evé et accru ; les petites racines qui ; adhéraient se «ont BueecBsiiement.détiTiiteaen rendant sa surface raboteuse, et ce mCme piiot forme aujourd'hai U base On piédestal de la colonne du palmier, tlne chose digne d'attention , c'est que près de la terre il j a DD étranglement conaidérable , comme si l'arbre n'avait plus anjonrdliui la même force de Tégélation , et n'était soutenu qne par des racinea partant du centre.

3l6 DESCHIPTIOTl DV MUSEUM,

pèce d^animal, leur grandeur est relative au besoin que cet animal a de faire plus ou moins d'exercice ; les arbres sont disposés de manière à lui fournir de l'omlnrage; lesfabriquesrappellentles habitudes de l'animal auquel elles serrent de retraite , et le pays d'où il est originaire. Les ineli> naisons du terrain sont calculées pour que ceux qui veulent examiner ou dessiner les animaux puissent les voir de tous tes câtés , de bas en haut, danstoutes les positions , et bien éclairés à toutes les heures du jour. Les bassins sont destinés aux oiseaux aquatiques ; un petit ruisseau renouvelle l'eau dans laquelle ils se baignent. Le grand édifice placé au cmtre renferme les quadrupèdes qui doivent être chauffés pendant l'hiver , et les femelles qui ont des petits qu'elles allaitent et qui ont besoin de soins particuliers. La faisanderie, bien abritée du nord, a devant elle un terrain découvert. Les loges des animaux carnassiers, construites l'année dernière sur un plan très-simple et très-beau, sont exposées au midi , et situées dans le Huile plus voisin de la rivière, afin qu'on puisse avoir aisément l'eau nécessaire pour les laver , et que cette eau puisse s'écouler par un aqueduc souterrain. Mous reviendrons sur cet ohfct. Nous avons dû-cn dire un mot ici pour qu'on n'attribue point à un vain caprice la variété qu'on remarque dans ce beau Jardin.

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