‹ Histoire et description du Muséum d'histoire naturelle,: ouvrage rédigé dChapitre 25 sur 37 · II. ÉCOLE DE BOTANIQUE · texte numérisé non relu

II. ÉCOLE DE BOTANIQUE

Cetie école entourée iTune grille de fer, s'étend de l'ouest à l'est depuis la rampe qui monte de la partie basse à la partie haute du jardin, jusqu'au carré planté d'arbres fruitiers. Elle est bornée au nord par la serre et par l'allée des marronniers, au sud par l'allée des tilleuls. Sa surface est de 3,o64 toises carrées. Des allées longitudinales et transversales la partagent en seize compartimens , qui comprennent cent cinquante-quatre plates-bandes d'inégale grandeur, mais qui ont en général 60 pieds de long sur 5 pieds de large, et sont séparées les unes des autres par des sentiers de 3 pieds. Dans l'allée du milieu , qui est la plus large, sont quatre bassins placés à égale £stance , et dont l'eau sert aux arrosemeos. Des cinq portes de cet enclos deuï sont toujours ouvertes, excepté à l'heure où les jardiniers vont prendre leur repas : cependant on n'y voit jamais que des personnes occupées; le public sent que c'est un lieu réser\'é pour l'étude.

On a soin d'en éloigner les enfans , non-seulement à cause du dégât qu'ils pourraient faire , mais surtout à cause du danger auquel ils se-

aa6 DESCRIPTION DU HUSE1TH.

raient exposés s^ils touchaient à quelques plantes vénéneuses.

L'école de botanique est la partie essentielle et fondamentale du jardin : c'est elle qui établit une correspondance entre toutes les autres parties consacrées à la culture, en fixant d'une manière positive la nomenclature des végétaux et les rapports des espèces. C'est elle qui constate l'état actuel de nos richesses en botanique , et qui assure la propagation de La science en mettant les élèves à même d'étudier les plantes dans tous les périodes de leur accroissement , de les comparer entre elles et avec les descriptions qui en ont été données, et d'observer les changemens qu'elles éprouvent et les phénomènes physic^ogiques qu'elles présentent selon les saisons , l'heure du jour, l'intensité de la lumière et l'état de l'atmosphère. C'est elle enfin qui facilite le moyen de recueillir successivement les graines à l'époque de leur maturité, et de les étiqueter sans avoir à craindre une me'prîse , lors même que l'espèce qui les fournit étant dépouillée de ses feuilles, ne peut être distinguée de l'espèce voisine.

Mais les avantages qu'elle présente et les résultats qu'elle produit disparaîtraient bien vite , si le même esprit qui a présidé à sa formation ne présidait à son entretien. H faut que le professeur qui en a la direction connaisse assez bien

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les plantes pour les distinguer aussitôt quelles ont développé leurs feuilles , pour assigner à chacune la place qui lui convient , pour rectifier les erreurs que commettent fréquemment ceux dont on reçoit des envois , pour rapprocher les divers noms donnés à la même plante par différens botanistes, pour séparer les espèces qui ont été confondues sous le même nom et qu^il est nécessaire de distinguer par un nom nouveau; enfin pour décrire et publier celles qui sont entièrement inconnues , ou qui n'ont encore paru dans aucun jardin de l'Europe et dont il n'existe ni description ni figure. Il faut encore qu'il ait une surveillance continuelle ; car, malgré le soin qu'on prend pour la récolte des graines , on voit souvent d'autres plantes pousser à la place de celles qu'on avait semées , quelquefois des étiquettes sont déplacées par ■ accident , et la confusion serait bientôt introduite dans l'école ,. si le professeur ne la visitait tous les jours, et s'il n'était frappé au premier coup d'œil de ce qui dérange l'ordre qu'il a établi (i).

Ce n'est pas seulement dans le temps des cours que l'école de botanique est fréquentée par de

(i) Il est néccMaire que le prt^easeur de boUoique et le jirdinier en clief ioieiit eecoodâi par un jardiaier qui aime les plante* et qui ■ache lei «oigoer. Cette place eat remplie avec bcancoup de tkln et d'intelligence par M. Matthieu qui a été rormé par M. Jean Tbouin > et chargé pendant pluiieura aaaéet du soin de la «erre tempiiée. >5.

328 DESCRIPTION DU MUSéUM.

nombreux étudians. Aussitôt que la floraison de la perce-neige et du bois gentil annonce le réveil de la Tcgétation, elle est visitée par ceux qui veulent faire de la botanique une étude méthodique, et chaque jour, quelques fleurs nouvelleinent épanouies, leur offrent le sujet de nouvelles observations. C'est là , et d'après les leçons du professeur actuel , que se sont instruits plusieurs botanistes aujourd'hui très-connus. Ib y ont appris à analyser les organes et à distinguer les caractères sur les plantes vivantes, et se sont ainsi rendus habiles à reconnaître dans les herbiers ceux des plantes du même genre qui ne sont point encore parvenues dans les jardins. Car ni les plantesdesséchées^ ni les meilleures figures , ne peuvent suppléer à l'étude de la nature vivante.

11 existe peut-être ailleurs une collection de plantes aussi nombreuse que celle du Jardin du Koi, surtout si l'on met en ligne de compte les variétés qu'on prend pour des espèces lorsqu'elles sont isolées. Mais il n'existe sûrement dans aucun pays une réunion de végétaux disposés selon l'ordre de leurs rapports naturels, où l'on puisse voir en même temps les plantes de tous les climats dont les graines ont pu lever en Europe. En comparant la liste des plantes qui y sont cultivées, avec les Species publiés depuis Linné , on voit ce qui nous manque encore ; on distingue ce qui est bien

33o DESCBIPTION DU MUSEUM.

s^en être procuré d'autres qu'il savait exister chex quelques amateurs.

Le Jardin du Roi possède aujourd'hui environ • six mille cinq cents espèces de plantes. Celles qui périssent sont remplacées par des acquisitions nouvelles , et comme on en reçoit beaucoup plus qu'on n'en perd', le nombre en augmente chaque année.

Toutes ces plantes ne peuvent être placées constamment dans l'école de botanique; quelquesunes sont trop délicates pour qu'on les expose en plein air , d'autres sont trop rares pour qu'on ne les garde pas arec précaution lorsqu'on n'en a qu'un seul individu. Mais s'il en est un certain nombre qui ne peuvent rester à l'école, toutes y sont portées les jours de leçon, lorsque le profe^eur traite de la Emilie à laquelle elles appartiennent.

Les plantes annuelles ne se voient pas toujours à l'école, parce qu'il en est plusieurs dont la durée est très-courte : on tâche cependant de remédier à. cet inconvénient en les semant dans diverses saisons, ce qui fuit qu'on les y trouve quelquefois lorqu'elles ne sont plus dans les champs. 11 est aussi des plantes qui croissent naturellement dansles marais, dans les bois, ou s(ir les coteaux , et qui se montrent rebelles à la culture et périssent promptement dans les jardins ; telles

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sont plusieurs pédiculaires et plusieurs orchidées. On a soin de les renouveler lorsqu'elles disparaissent ; on jardinier étant chargé d'aller les recueillir à la campagne.

Toutes lesplantessontétiquetées: desétiquettes plus grandes et de couleur rouge indiquent d'abord les classes et les foviiiles ; ensuite Tient l'étiquette du genre qui est placée au-dessus de celle de la première espèce du genre; enfin les étiquettes des espèce , dont chacune porte sur la première ligne la lettre initiale du genre et le nom classique latin , sur la seconde le nom français , et sur une troisième l'indication du pays où la plante croît natiu-ellement, et des signes qui marquent si elle est annuelle, vivaee ou ligneuse , si elle est de pleine terre , ou d'orangerie , ou de serre. Au-dessous de ces signes on voit, sur plusieurs étiquettes, une bande colorée en rouge ou en vert , ou en jaune , ou en bleu, ou en noir , et destinée à indiquer si la plante est d'usage dans la médecine , dans l'économie domestique ou dans les arts, si elle est recherchée pour l'ornement des jardiru , si elle est vénéneuse.

L'emploi de ces bandes colorées épargne beaucoup de travail aux personnes qui veulent examiner un certain ordre de végétaux d'ajn-ès un point de vue particulier. Par exemple , ceux qui font des recherches sur les plantes médicinales *

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232 DESCBIPTION DU HITSÉUM.

OU SUT les plantes d^ornement, peuvent se ^s~ pensér de s'arrêter à toutes les e^>èces , et ne fixer leur attention que sur celles qui les intéressent spécialement, et qui leur sont désignées par la couleur de la bande tracée sur l'étiquette.

Ainsi l'on' peut , en fréquentant l'école , étuiKer successivement, et sous plusieurs rapports, toutes les familles et tous les genres dont quelques individus sontarrirés en Europe. Un catalogue fait par M. Desfontaines , et qui a eu deux éditions, offre la liste de celles qui y smit cultivées , etfait connâitre la synonymie de celles qui ont été décrites sous différens noms. Les plantes qui ne paraissent à l'école que les jours de leçon, étant indiquées par: l'étiquette qui est à leur place ; ceux qui désireraient les étudier à l'époque de la floraison , peuvent demander au professeur de botanique ou au jardinier en chef de les leur faire voir.

On rencontre en quelques endroits des plantes cultivées sur le milieu de la plate-bande, et sans étiquette. Ce sont celles qu'on a nouvellement reçueset dont on n'a pu déterminer l'espèce parce qu'elles n'ont pas encore fleuri , quoique leur port ait suffi pour en faire connaître la famille et même pour indiquer le gem-e auquel elles doivent appartenir.

Pour suivre les plantes de l'école , on entre par la porte de l'ouest située au bas de la rampe , et

icOLE DE B0TA1!(I01TE.

234 DESCHlPTIO» DU UDSlÉDM.

gauche à droite jusqu'au bas de Técole. Les plantes sont sur deux rangs, dans toutes les familles où il y a peu d'arbres; dans celtes où les régétanx exigent un plus grand développement et doivent passer l'hiver en pleine terre , comme dans les érables , les rosacées , les amentacées , les conifères , elles occupent le milieu de la plate-bande.

Des espèces de cages ouvertes d'un côté ., sont placées sur les plantes qu'il est nécessaire de garantir soit du vent dn nord, soit des rayons du soleil , e t des cloches de verre sur celles de la zone torride qui exigent une chaleur concentrée.

Les plantes aquatiques , comme les natadeSjles nymphéa , quelques renoncules , sont dans des baquets remplis d'eau qu'on renduvelle à mesure qu'elle s'évapore ; celles qui se plaisent sur les pierres, comme plusieurs fougères et plusieurs joubarbes, sont placées sur uo sol artificiel semblable à celui où elles croissent naturellement.

Après les palmiers , dont nous avons douze à quinze espèces, viennent les joncs, les liliacées, parmi lesquelles sont les aloès , pais les iridées , les orchidées et les hydrocharidées où l'on vent le vaDisneria , plante aquatique, célèbre , non par sa beauté , mais par la manière dont s'opère chez elle la fécondation (i). Ici finissent les monocoty-

(i) Le RhAae impttueBX , fous toa oodc ècamiDtB , Durant dix moit eDtien,poui dérobe nae plante

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