‹ Histoire et description du Muséum d'histoire naturelle,: ouvrage rédigé dChapitre 26 sur 37 · ECOLE DE BOTANIQUE · texte numérisé non relu

ECOLE DE BOTANIQUE

336 bESCRIPTION Dtl HUSEDH.

abritée du côté de l'ouest et du midi, pour les plantes de la famille des bruyères dont la culture exige des soins particuliers.

On arrive ensuite à la grande famille des composées dont les espèces caltiTées au Jardin sont au nombre de huit cent cinquante. Presque toutes y sont de la plus belle végétation , et se couvrent de fleurs, surtout en automne. Il n'en est pas de même des rubiacées : cette famille si considérable entre les tropiques, ne présente qu'un petit nombre d'espèces qui , comme le gardénia, rboostonia, le café, etc. , puissent être bien cultivées dans les serres. Vers le milieu de l'école , après les géranium, lesmalvacées et les magnoliers, et au point oà commencent les caryophyllées , on voit une tonnelle garnie de plantes grimpantes : elle couvre une partie du passage souterrain qai conduit au jardin des couches. Plus loin sont lesmyrtoïdesqui, sur quai^nte-cinq espèces, en présentent trente arrivées depuis peu de la Nouvelle- Hollande, et recherchées pour la décoration des jardins; les rosacées auxquelles appartiennent nos plus belles fleurs et nos fruits les plus-savoureiix; les légumineuses dont nous avons six cents espèces, parmi lesquelles plusieurs'du genre des sensitives,nenoussontconnuesque depuis le dernier voyage du capitaine Baudin; les térébinthes, famille singulière composée d'arbres et d'arbris-

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seaux qui se ressemblent tous par l'odeur forte de leurs feuilles ; li sç trouve la noix d'acajou, le pistachier, le manguier, et les sumacs, genre dans lequel nous devons signaler deux espèces , le rhus toxicodendron et le rhus radicans, dont le suc est si caustique , qu'une seule goutte tombée sur ta peau suffit pour causer une inflammation quis'é^ tend bientôt à toute la surface du corps. ï^on loin de ces plantes ligneuses se présentent , rampant sur la terre ou grimpant sur un treillage , des plantes entièrement différentes de celles qui les précèdent et de celles qui les suivent, et par leur physionomie et par leurs propriétés : ce sont les cucurbitacées et les passiflores. La série des végétaux de l'école est terminée par les amentacées et les arbres verts; deux familles qui réunissent les plus grands arbres de nos forêts.

Sur la dernière plate-bande, on voit quelques plantes, comme le sarracenia , le bégonia et le coriaria ouredoul , dont la place n'est pas encore bien fixée dans l'ordre naturel.

Nous ne nous arrêterons point à indiquer les plantes de l'école qu'on ne pourrait trouver ailleurs , parce que toutes sont mentionnées dans le Catalogue de M. Desfontaines. Nous nous bornerons à dire qu'on y voit un superbe liquidambar d'Orient, un bel assortiment de gleditzia, parmi lesquels se trouve celui de la mer Caspienne , un

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beau virgilia (i) dont nous deTons la connaissance et Fintroduction à M. Michaux fils , et un mimosa julibrissin ou arbre de soie , qui appelle les regards par la délicatesse de son feuillage , la couleur et l'élégance de ses houppes de fleui^. Vis-à-™ du troisième bassin, et parmi les légumineuses , se trouve un beau pin lariccio, qui était à sa place lorsque M. Desfontaines a agrandi Fécole, et qu'on n'a pas osé transplanter. Ces grands' arbres sont d'un effet pittoresque ; ils interrompent la monotonie des plates-bandes. Près d'une des portes qui dontie sur l'allée des tilleuls, il y a deux rosiers greffés sur églantier dont la tête se couvre de ileurs de plusieurs espèces ^ quinze pieds au-dessus du sol.

On supprime de l'école, les rariétés, à moins qu'elles ne soient remarquables et constantes. Comme elles sont très-nombreuses, elles auraient pris un terrain et exigé des soins qui doivent être employés à conserver les types primitifs des espèces.

Bans la belle saison , lorsqu'on a retiré les plantes de la serre chaude , on les arrange le long du mur de cette même serre à l'exposition du

(■) Le* boargeoDi de cet arbre , comme c«ni dn plttane , sodI lenfermé!! daaa le pétiole de la feuille et ne le rnootreot qu'après la cbulc de ceUe.ci. C'eM k caïue de la conlenr {aiiDe de m» boii qoe U. Hichaui l'a nommé liigilia iMlea. Toy. HïiL d«l arbrci de rAJmér. lept., tom. 3 , pag. 366.

lîCOLE DI BOTANIQUE. aSg

midi, sur une banquette qui n'est séparée de l'école que par un treillage de deux pieds de hauteur. Elles y sont disposées de manière que les plus peti tes sontsur le devant etn'empéchentpoint de voir celles qui sont plus élevées. Un échantillon de chacime d'elles est porté à côté de Fétiquette , à la place qui lui appartient dans l'école (i).

Les démonstratiôos de botanique se faisaient autrefoisàl'école; mais le nombre des élèves étant devenu très-considérable, il était impossible qu'ils y fussent placés convenablement. La plupart ne «' pouvaient entendre, quelques-uns seulement pouvaient voir. On se précipitait sur les plates-bandes et Ton courait risque de faire beaucoup de dégât. Aujourd'hui le cours se fait k l'amphithéâtre ; le professeur y porte un échantillon des espèces dont il veut parler , et après la leçon , les élèves viennent eux-mêmes observer les plantes en place.

La botanique est une science si vaste , qu'il n'est pas possible de l'apprendre dans une année. Ceux qu'un goût particulier détermine à y consacrer tous leui'S loisirs , et qui se proposent d'en posséderun jour l'ensemble, feront bien de s'instruire

(i) LibiDqDtneaurUquelleon doit amiigerpeDdaDt l'été leH pilotes de la ierre , lera noiiia ëtendoe en iSii qu'elle De l'éUit les anaéce précédeotes , parce qu'on a été obligé de prendre un tiers d« ■■ Iodgneur pour l'eniflUceiiient de la noQTelle terre construite pendant l'antomne de 1811. Au printcmpi prochaii) en cherobera lei moreni de (u^léer à ce difiuit d'etpaca.

ll^O DESCBIPTIOH DU HUS^UH.

arec méthode et sans embrasser trop d'objets à la fois. Pendant la première année qu'ils suivront le cours , ils doiventse borner à étudier dans Técole, après chaque leçon , les genres dont le professeur a parlé , en vérifiant sur plusieurs espèces tes caractères de la fructification. L'année suivante , ils viendront aussitôt que la végétation commence , et ils examineront toutes tes plantes à mesure qu'elles fleurissent, et lorsque leurs graines commencent à mûrir.

Lesamateurs qui, sans prétendre approfondir les détails de la science, voudront prendre une idée générale des phénomènes de la végétation et des rapports qui existent entre les végétaux dis- ' perses sur le globe , visiteront l'école avec le plus grand intérêt depuis le conuneneement du printemps jusqu'à la fin de l'automne. Ils seront frappés de voir chaque plante placée à côté de celle qui lui ressemble le plus , tellement que , sauf quelques interruptions et quelques lacunes , on passe par degrés des Utiacées , comme la tulipe et la jacinthe , aux conifères , comme le sapin et le cèdre du Liban. Ils remarqueront quelques familles si naturelles, que l'homme le moins habitué à observer saisit au premier coup d'oeil les analogie.s qui en i-approchent les espèces ; telles sont les liliacées, les labiées, les crucifères; d'autres où les genres sont réunis par des caractères moins

D.q,t,:sc6iG0C>^lc

icOLE D£ BOTANIQUE. H^l

apparens, comme les nerpruns, les euphorbes, etc. Us verront des familles nombreuses, comme les composées et les papilionacées , d'autres qui sont bornées à un petit nombre d'espèces, comme les aristoloches et tes millepertuis; quelques-unes qui se nuancent avec . leurs voisines , comme tes crucifères avec tes capparidëes; d'autres qui s'en séparent brusquement, comme les ombellifères des renoncules , les euphorbes des cucurbitacées ; ils y verront enfin quelque^ plantes dont le caractère est si tranché , que la place qu'on leur a assignée dans ta série des végétaux , n'a été déterminée que par des considérations systématiques : telles sont le réséda, ta capucine et le parnassia. Ils y observeront aussi des genres dont les espèces se ressemblent assez pour qu'on ne saisît pas leur différence si on les trouvait isolées , et qu'il est cependant utile de distinguer. Ainsi les asters sont à l'école au nombre de soixante espèces qui se nuancent ; mais ils fleurissent à diverses époques : la plupart sont recherchés pour l'ornement des jardins; et c'est leur port et le temps de la floraison qui doit déterminer le choix. Ainsi beaucoup de graminées qu'on ne distingue que par des caractères minutieux, offrent de 'grandes différences par la rapidité de leur croissance , ce qui fait préférer les unes aux autres pour les prairies artificielles.

343 DESCRIPTION DU HUSÉUH.

Xn parcourant Fécole dans diverses saisons, on y Toit se succéder les fleurs depu^ le daphnë jusqu'à Fespèce d'hellébore appelée rose de Moël : et le mob de janvier est le seul où l'on ne puisse trouver des fleurs que dans l'orangerie.

. Le rapprochement de toutes Içs plantes dans un même local, met à même d'observer quelques phénomènes très-curieux : tel est celui de l'épanouissement d'un grand nombre de fleurs à une heure déterminée, lestes s* ouvrant au lever de Taurore , comme plusieurs cistes ; d'autres à Midi , comme certains ficoïdes ; d'antres au coucher du soleil, comme la belle-de-noit, les ona- ^es , etc. Quelques-unes même , annoncent te temps qu'il doit faire, comme le souci pluvial et le laitron de Sibérie , dont le premier s'ouvre et le second se ferme le matin lorsqu'il dent bire beau dans la journée.

Le sommeil des feuilles qui se ptésente sous des formes si différentes, non-seulement entre les plaqtes de diverses familles, comme les léguiruneuses et les malvacées , mais encore dans des genres voisins , comme les sensitives et les casses , et dans les diverses espèces d'un même genre , comme les astragales , ne peut être bien observé qu'autant qu'un très-grand nombre d'espèces sont rapprochées dans le même lieu et i la même exposition. Et cependant ces phénomènes sont d'au*

ECOLE DE BOTANIQOE. ^4^

tant plus ÎDtëressans et fournissent des caractères d'autant plus essentiels, qu'ils tiennent à la- vie des végétam. " ■

Il en est un peut-être plus curieux encore et qu'on ne peut'voir également qu'à l'école de botanique : c'est que plusieurs fleurs répandent leur parfum après le coucher du soleil , cooune le g»' ranium triste , le gleuUohts tristis, le cesùidm nocturnum , quelques giroflées , etc. ; et que presque toutes celles- qttî ont cette singulière propriété, l'annoncent par leur couleur qui est un mélange de jaune, de rougeâtre et de blanc (i).

Chaque année en parcourant l'école on y remarquera quelque plante nouvellement introduite , et qui doit un jour ajouter de l'agrément k nos parteiTcs. Il serait trop long d'énumérer i<S' celles quisontsorfies du jardin de Paris. Nousnous bornerons à faire observer que des arbrisseaux qui portent des fleurs éclatantes , comme' le camelliajaponica, et les plantes employées à la décoration des jardins dans les pays étrangers , comme Vanthemis ou camomille à graniïes fleurs (2) ,

(1) Voy. Mémoire sur Isa Gracîftres , par H. Decuidolle ; duu lei Uém. doMus. , tom. 7, pag. 1S4.

(1) La camumille i f^andei fleura , vulgairement nommée chijun- <hème des lodei, est U plante qU'ou cultive le plus ï la Cbiae, pour la décoration des jaidJus, parce que sei dilTéientei raiiétét offrent toutes les nuance! de couleur, eicepté le bleu. Elle n'était paieocote «onauc eu Europe , loraqu'en 17S9 ■ H. Blancard , négociant de Har-

344 DESGHIPTION DtT lÊVSixfM.

peuvent nous arriver par la voie du comineFce : maîsque les petites plantés qui ne sont goint encore cultivées, ne s'introduiraient jamais chez nous , si les graines n'en étaient recueillies par des naturalistes qui les envoient à l'école de botanique.

Ainsi nous n'aurions pas le réséda envoyé d'Egypte par Grangeren 1786, l'héliotrope do Pérou envoyé^^iar Joseph de Jussieu en 1740, le ^éné bipartita apporté de. Barbarie par M. Desf(Kitaines en 1786, si les graines de ces plantes n'eussent été adressées au professeur de botanique pour les semer à l'école, où on les a d'abord remarquées et d'où elles se sont répandues dans nos jardins.

Nous pouvons en dire autant de la jolie sabline de Mahon , arenarta batearîca ; dé la lopezia du

•cille l'ajnat ipportée d* la Cbiae, en doniu det boiitnrci * H. l'ibbé lUinâtiiel. Gcloi-ci l'eaTOfB >B JaHin du Boï en i^t)! ; «Ue fat d'abord placée dîna l'orangerie , enmite cd pleine tene, et Gomne elle le moUipLe trèi-lacileaieDt , die tnt bleotât répaDdne dani lei jardini : elle a pané en Angleterre en 1795. If. Ramatnel en publia la deicriptiaa en 1791 dau le Jonmal dliialoire oatmelle , lam. 1; et il proQTa qn'elle différait dn dtryun^iftnitm iiuAcum. C'est une acqnï- ■ition précieuK , parce qu'elle flenrit an milîea de l'automne Tonqne lei antre* Beon diiparaiiient , et qn'elle résiite même au premières geléei. 11 u'eit ancime plante d'ornement qni a'accommode anui bien de» difCbreni climat! ; elle réouit dans la Belgique et t 11k de France.

M. Kabbt Ramatnel , t qni le Jardin dn Roi doit l'intTodnctkn d« cette [dente, eit aateni d'nn excellent mémoire inr lei bonigeoiu. doot H. I>edbntaine* ■ donné nn eitrait dani le lonnul de ph jiîque , tomcfi > fB* S>- Il "* i»orl ^ Paris en <793-

D.q,t,:9CbyGOC>^IC

écOLE DE BOTANIQUE. 245

Mexique que nous avons reçue d'Espagne il y a quelques années; du tussilage odorant, trouvé dans les Pyrénées et décrit par M. Villars; du cacalia sagUata que nous avons depuis peu reçu de Java , et de cent autres plantes qui se trouvent actuellement sur le quaiaux Fleurs, parce que nous en avons distrilHié les graines.

En replantant Técole , M. Desfontaines a eu soin d'espacer les plantes de manière qu'on pût y placer les espèces nouvelles qu'on présumait pouvoir bientôt arriver. Déjà plusieurs de ces intervalles sont remplis par les richesses que nous avons reçues, surtout de la Nouvelle-Hollande; et peut-être ne se passera-t-U pas dix ans sans qu^on soit obligé d'agrandir encore un local qui a déjà e'té augmenté d'un quart depuis 1788.

. ' § m. ^COLE DES AUBBES FfiUITIERS.

L'ÉCOLE des arbres fruitiers contient aujourd'hui plus de onze cents espèces ou variélés d'arbres et arbrisseaux , qui sont disposés dans un ordre méthodique , et placés les uns à côté des autres d'après l'analogie qu'ils ont entre eux.

L'enclos qu'elle occupe est un carré long qui a 40 toises de l'est à l'ouest, entre l'école de botanique et celle des plantes d'usage , et 27 toises et demie du nord au sud, entre l'allée des marroniers et celle des tilleuls. Elle est coupée dans sa longueur par une allée principale , et divisée transversalement en soixante planches de trois pieds et demi de large, séparées par des sentiers de trois pieds. Chaque planche est bordée d'une variété particulière de fraisiers. La distance entre les arbres est de trois à neuf pieds, selon leur grandeur.

Les premières planches sont occupées par les arbres ou arbrisseaux dont le fruit est une baie , coiÀme les groseilliers,les framboisiers, les vignes, les mûriers. Dans la seconde division viennent les arbres à fruit à noyau, comme les cerisiers, les pruniers , lés abricotiers. Dans, la troisième , les fruits à osselets , comme les néfliers , les azero-

écOLE DES AILBEES FRUITIERS. 2^'j

liers, les plaqueminiers. Dans la quatrième, les fruits à pépins, tels que les-pomniier5,les cormiers ou sorbiers, et les fruits juteux, teb que la figue. Dans la cinquième, les fruits dont on mange seulement l'amande qui est renfermée dans une coque osseuse ou cartilagineuse : cette cinquième , classe peut se subdiviser en deux, celle oît la coque q[ui contient l'amande est nue, comme dans les pins et les noisetiers, et celle où elle est enveloppée d'un brou, comme dans les noyers et les châtaigniers. ,*

Au bas de la plantation , on voit quelques pêchers' en espalier , et d'autres arbres qui ne sont point taillés en quenouille, comme ceux quipi^cèdent.

Cette écolea été plantée en 1 79a,lorsqueM. Koland était ministre de Fintérieur, et M. de Saint- Pierre intendant du Jardin, Pour la former, on obtint du ministre la permission de faire prendre deux individus de chaque espèce dans la Êimeuse pépinière des Chartreux, et dans celle de Vitry, dont les propriétaires avaient fourni à Duhamel lessujets qu'il a décrits dans son Traité des arbre& fruitiers, et les noms qu'ils avaient adoptés pour les désigner. D'où il suit que l'école du Jardin du Roi offre toujours le type deS espèces décrites par Duhamel, et peut en certifier la nomenclature.

Les arbres réunis dans cette plantation sont „

3/(8 DESCEIPTION DU MVSÉCM.

pour la plupart , grefTés rez teixe et taiîlés en quenouille. On a choisi cette taille, non point comme celle qui est en général la plus arantageuse , mais parce qu'elle économise le terrain , parce qu'elle met à portée de Fœil de robserrateur les bourgeons , les feuilles et les fruits de l'arbre, et parce qu'elle fait pousser des scions plus longs et plus vigoureux; ce qui donne le moyen d'avoir un plus grand nombre de greffes. On a eu pour but de multiplier les espèces, de les répandre et d'en faciliter Tétude ; el non d'indiquer comment il faut conduire les arbres pour leur faire produire beaucoup de fruits, et pour les faire durer le plus long-temps possible.

On a envoyé une collection complète des arbres cultivés dans cette école , à Gand , à Strasbourg, à Vienne en Autriche , etc. , où l'on a établi des écoles d'arbres fruitiers sur le même modèle , dans le même ordre et avec les mêmes noms ; ce qui est non-seulement utile pour propager les espèces , mais pour en rendre la nomenclature uniforme dans tous lies pays : car les mêmes fruits ont é^ jusqu'ici désignés par des noms différens dans lesdiverses contrées et par lesdivers cultivateurs ; et malgré les descriptions qu'on trouve dans les livres, il est souvent difficile de décider si l'espèce qu'on possède est ou n'est pas celle qui est ailleurs désignée sous le même nom. ,

KCOLE DES ARBRES FRUITIERS. a49

n y a peu d'espèces remarquables qui ne se trouyent aujourd'hui dans l'école du Muséum.

Lors de la première plantation on n'avait que celles dont Duhamel a donné l'histoire ; ons'en est depuis procuré beaucoup d'autres qui , n'existant que dans les pays étrangers , ou dans certains cantons fort éloignés de la capitale , étaient presque entièrement ignorées. Le nombre en est à peu près double de ce qu'il était d'abord, et chaque année elle s'enrichit de quelque acquisition nouvelle. Ce qu'elle possède est bientôt communiqué aux cultÎTateurs, et quoiqu'elle n'existe que depuis vingt-neuf ans , elle a déjà répandu dans nos jardins et nos vergers plusieurs espèces. qui étaient auparavant fort rares et à peine connues.

Le coup d'œil que présente cette plantation est extrêmement curieux pour ceux qui ne font que la parcourir, et très-instructif pour ceux qui veulent étudier. On y voit toutes les variétés rapprochées les unes des autres selon leurs affinités, ce qui donne le moyen de les comparer. Les fruits des différentes saisons s'y succèdent depuis le mois de mai jusqu'au mois de novembre , ils y ontdis-^ paru dans certaines variétés tandis qu'ib ne sont pas encore mûrs dans d'autres. On peut ep hiver y étudier les caractères qui font distinguer les variétés par la couleur du bois et la forme des boutons; connaiss^ce très-nécessaire aux culti-

byGoot^lc

25o nSSCHIPTlON DU MUSÉUM,

vateurs, puisque c^est après la chute des feuilles qoe'se font les plantations.

On 'n^a point encore imprimé le catalogue de celte-collection , parce qu'on attend d'avoir certifié U nomenclature en usagé dans tous les pays. Mais un catalogue manuscrit , correspondant à des numéros placés au pied des arbres, est entre les mains du jardinier de l'école , et ce jardinier nomme k tous ceux qpi le demandent les arbres qu'ils ne connaissent pas.

Les personnes qui veulent avoir des greffes, peuvent s'adresser à M. Thouin , professeur de culture , en lui désignant les espèces qu'elles désirent, soit par un nom connu , soit par le numéro qu'elles portent à l'école.

Parmi les espèces rares ou nouvellement introduites, on remarque aujourd'hui dans cette plantation un très-bel individu du diospyros kaki on . plaqueminier du Japon, dont les fruits, de la grosseur d'une poibme d'api, sont fort recherchés dans ce pays; un très-beau bifaacier ou néflier du Japon (^mespîlus japonica) , qui passe l'hiver en pleine terre et donne de bons fruits; le pin de Monteray . envoyé de la Californie lors du voyage de La Peyrouse , et dont les amandes sont encore meilleures que celles du pin à pignons ; le cognassier du Japon et le poirier du mont Sinaï , espèces curieuses ; de beaux noisetiers du Levant , etc.

ECOLE DES ABBRES FBUITfEHS. sâl On sent bien que l'école des arbres fruitiers ne peut être indistinctement ouTerte an public. Elle est séparée' du reste du jardin par un treillage de huit pieds d'élévation : mais on n'en refuse l'entrée à aucune des personnes qui désirent la Tisiter pour leur instruction.

§ IT. ÉCOLE DES PLANTES D^tlSAGE DAM^ L'ÉGO- NOHIE DOHESTIQDE, ET DANS LES ABTS.

Cette école qui fait suite à celle des arbres &aitiers, est limitée au nord par l'allée des marroniers , au midi par celle des tilleuls , au levant par celle des catalpas, au couchant par celle des platanes. Elle est entourée dVn treillage en kois de trois pieds de hauteur. Sa forme est un carré de 36 toises 4 pieds de long , sur 3o toises et demie de large. Dans l'intérieur sont deux grandes allées, l'une qui la partage dans sa longueur, Tautr'^ qui en fait le tour. Les deux carrés longs traversés par l'allée du milieu , sont divisés diacun en vingttrois plandies de 6 pieds de large , qui sont ellesmêmes divisées en petits compartimens d'une toise. Ces carrés au nombre de cinq cent cinquante-deux , sont destinés à recevoir autant d'espèces on de variétés de plantes économiques.

Ces plantes ne sont point rangées selon une méthode de botanique, mais par ordre de propriétés , pour que les cultivateurs puissent les étudier d'après le but qu'ils se proposent. Elles sont distribuées en trois groupes principaux.

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