‹ Histoire et description du Muséum d'histoire naturelle,: ouvrage rédigé dChapitre 28 sur 37 · ÉCOLE DES PLANTES ÉCONOMIQUES · texte numérisé non relu

ÉCOLE DES PLANTES ÉCONOMIQUES

et, que les diverses variétés étant placées près le» unes des autres , il peut aniver qu Viles se fécondent mutuellement, ce qui produit des espèces mixtes , et fait perdre le type primitif.

Les semis dans cette école se font à trois époques selon la nature des plantes ; à la. fin de l'automne, au commencement du printemps et au commenceipent de l'été. A mesure qu'elles mûr risseot on en recueille les graines pour les distribuer aux Cultivateurs.

On en fait annuellement vingt mille sachets dont l'étiquette indique non-seulement le nom de la plante , mais encore l'époque à laquelle il faut la semer , le teiraïn qui lui convient et son principal usage.

L'école de culture ne présente point aux yeux im aspect aussi agréable qu'un parterre de fleurs ; mais elle a un caractère singulier par les teintes variées des divers carrés , et par la différence de hauteur des plantes qu'ils contiennent. Ces compartimens offrent en pe^l'image d'une vaste campagne , ou -d'une ferR expérimentale , où Von aurait destiné un champ particulier à chacun des végétaux herbacés qui sont utiles à l'homme et qui peuvent croître dans nos climats. L'agriculteur et le jardinier y apprennent à connaître les plantes qui sont cultivées de préférence dans divers cantons dont elles font la richesse ; celui

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qui s'occupe d'uo objet particulier, y trouve rapprochées sur des planches voisines, toutes les plantes tinctoriales , toutes les plantes textiles , toutes celles enfin qui se suppléent pour une certaine destination.

Parmi les plantes sorties de cette école , on peut citenle lin de la Nouvelle-Zélande, les patates de Pcnsylvanie, qui sont aujourd'hui répandues danslemidide la France, le cresson de Para(i), le tetragfmia expansa (a), le clajrtonia cuèensis (3) , etc.

Cette école est la seule de ce genre qui existe en Europe. I^orsqu'dn en eut arrêté le plan , peu de temps après la nouvelle organisation du Muséum, on fut obligé d'exaucer le terrain de huit pieds pour le mettre au niveau de l'étole des arbres fruitiers. On remplit le fond de décombres, et l'on couvrit le sol d'un pied de bonne terre.

On sent bien que la culture de cette école exige des soins et des procédés variés selon la diversité des plantes ; nous n'f^^erons à ce sujet dans aucun détail. Nous nou^kinerons à renvoyer pour en connaître la conduîte,rorganisation et l'utilité, au mémoire que M. Tbouin a inséré dans les Annales du Muséum , tome 2 , page 1 42.

(>) Sfllanlhui oleraeta. Lomjo'oD l'en trotte le* gencÎTU , iljsicjle Il Mliration et duiipe lourent lei dooleon de dentt.

(1) Boo lèguine , apporté de U nouTcUe-Zélande par %ii J. Banls. (3) Fiante potagère ^ue nom devont à H. Bonpland.'

i V. ECOLE DE CULTURE.

356 DJISCBIPTION AU, HUSÉDH.

Pour que cette ëcole fût distrU>uée d'après OD plan méthodique et régulier, on a divisé en quatre classes .les objets sur lesquels on voulait donner des exemples. La première comprend ce qui est relatif au moyen de faire n^tre les Tégétaux ; la seconde , ce qui tient à leur conaenralioa; la troi- . »ème, les moyens de les multiplier ; la quatrième, les usagesauxquelson emploie, dans les campa* gnes et les jardins, la réunion de plusieurs Tégétaux vivans.

On a été (d:>ligé de placer les exemples de la troisième classe avant ceux de la seconde, pour que les boutures et les marcottes, qui craignent les rayons du soleil , se trouvassent ombragées par l'allée des catalpas > et par les arbres des plantations.

Gomme il n'y a qu'un seul moyen de faire naître les végétaux, tandis qu'il en est plusieurs de les conserver et de les multiplier , l'ensemble des classes que nous venons d'indiquer a été partagé en dix sections, dont chacune occupe plus ou moins de planches, selon le nomlH'e d«s exonples qu'elle exige. Voici l'ordre .dans lequel ce» divisions se suivent :

1° Jjts semis , en pleine terre, sur couche , sous châssis , en pot , dans l'eau', sur d'autres végétaux, et les pratiques qui facilitent la levée des graines, et en assurent le développement.

icOLE DE CCLTURl. aSg

2' Les boutures et les divera procèdes qui en facilitent la reprise , lorsque les végétaux ne sont pas * disposés à pousser des racines de leunf bi-anches.

3" Les marcottes et les soins qu'elles exigent.

4' l^s greffes de différentes sortes , et les essais, presque toujours infructueux, qu'on a faits pour la réussite des greffes hétéroclites (i).

5' Les plantations et les divers moyens d'en assurer le succès ; moyens variés selon la nature des arbres, le pays duquel ils sont originaires, l'époque à laquelle ils entrent en sève.

6* La manière de tailler les arbres, soit pour les faire durer long-temps , soit pour leur donner la forme qu'on désire, soit pour leur faire porter des fruits plus gros, plus savoureux, ou en plus grande quantité.

7* La taille et la conduite de la vigne , soit en plants isolés, soit en berceau , soit en espalier.

8° Les haies, AvnséeA en haies de défense , haies greffées, haies simples et doubles , haies de fourrage.

(ij Cea eipéricDcei faitei avrc beiucoQp de loiii , et idpéléca de tOQtti lea manière» ,. ont da moina serTi à pronTcr que lea arbrea qui a'oflt eolre eu ■DCDDe inalogte, ne peuvent être ^FTèS les uni aur lea ^lulrei, et que toat ce qu'on ■ Acril, depuia Golumclle Juaqu'à noa joura, lur les moyena de te procurer pu la grelTe deaeipècn hybridcj et dca fraitintraoïdinaito, cit dénué de fundemenl.

D.q,t,:5cbyGDOglC ■

a6o DESCttIPTION DU HUSÉUH.

g* Les palissades , divisées en trois espèces : les palissades de printemps , celles d'étë ^ celle» d'hiver.

I o' Lesjbssés ; manière de les constmire , d'en revêtir et d'en décorer les talus, et de les gamir de haies pour leur défense.

Le choix des modèles dont nous venons d'indiquer la série , présente les divers procédés applicables à la culture des végétaux selon le but qu'on se propose , et les expériences les plus propres à nous éclairer sur les phénomènes de la végétation. On ne sentira cependant toute l'utilité de ces différens modèles qu'autant qu'on les examinera i^rec attention, qu'on les comparera dans tous les détails, et qu'on pourra se faire expliquer comment plusieurs d'entre eux sont parvenus au point où on les voit. Mais la distribution île ces mêmes modèles et la manière dont ils sont groupés oilrent dans l'ensemble im aspect aussi agréable par les contrastes, qu'il est instructif par les rapprochemens.

Ainsi dans les planches destinées à la taille deS' arbres , on voit à côté l'une de l'autre les tailles en quenouille , en boule , en buisson , en vase , en éventail, en espalier, et l'arcure (i) par laquelle on

(i) Oa a été obligé de rcDOPcerk ce procédé ilepiemiet lénltat qu'on eu obtient eit une fécondité inrpreiustç ; maii dè« U pecoods année le* bnncbei arqnéei l'épniMnt , et l'arbce Ini-méme De twde pna A dépérir.

ÉCOLU DE CULTURE. 26!

fait produire pins de fruits aux arbres, en en courbant les branches en demi-cercle,' et détournant ainsi le cours dela«éve. On y voit aussila manière de hâter la maturité des fruits , et de les empêcher de couler, en enlerant au printemps un andfeau d'écorce sur la branche qui doit les porter , ou bien en interrompant le cours de la sëve par des ligatures.

Dansles planches où sontlesroodèles de grej^es, on voit plusieurs arbres unis par le haut de leur tronc, de manière qu'une seule tête est nourrie par quatre ou cinq pieds qui sont h l'entour. D'autres greffes présentent les branches de plusieurs arbres courbées en cerceau et réunies les unes aux autres par leur sommet , de manière à former un berceau couvert par des guirlandes de fleurs et de fruits. Quelques arbres portent sur le même pied autant d'espèces de fruits qu'il y a de branches principales : de jeunes sujets venus de graines semées dans Tannée et n'ayant encore que quinze à dix-huit pouces de hauteur, ont reçu la greffe d'un arbre adulte et en nourrissent et font mûrir les fruits. On y voit enfin des greffes par lesquelles on est parvenu à donner au tronc et aux branches des arbres une forme singulière, qui les rend propres à fournir des courbes naturelles très-solides pour certains ouvrages de charpente.

D.q,t,:9CbyGOOglC ,

i6a DESCRIPTION DU HOSKTTM.

Les exemples de palissades , de haies et de fosses revêtus de diverses plantes sur les bords, offrent également un coup d'œil très-curieux.

Quoique la plantation de cette é(ole ait été commencée il y a seize ans, c'est seulement depuis un petit nombre d^anoées qu'elle attire les regardl^ et qu'elle paraît répondre au but qu'on s'était proposé. Plusieurs des parties qui la composent ne présentaient d'abcwd rien d'intéressant, parce que ni les berceaux , ni les arbres ^geîfé& , ni ceux auxquels on avait voulu donner par la taille une forme particulière n'avaient encore acquis leur développement - elle est aujourd'hui k peu près ce qu'elle doit être et Votx ne saurait imagiber dans vn aussi petit espace , on jardin dont l'effet soit plus pittoresque. .

Qn y voit près de l'entrée, des berceaux on cabinets de verdure formés par la greffe de deux li^es d'arbrisseaux revêtus de feuillage au sortir de terre , et dont les branches réunies en voûte sont tellement touffues, que le moindre raycui de soleil ne peut y pénétrer : plus loin . des arbres eo pyramide trés'élevés.et d'autres envase dont les bi'anches ont dix-huit pieds de circonférence : vers le bas, des palissades de genévrier du vert le {^usbriUant et qui ont vingt pieds de hauteur: enfin des fossés burdés d'une baie vive , et dont les talus, garnis de petites plantes couvertes de

D.q,t,:scl^G0C>^lc

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fleurs, présentent à Tceil sur un plan incliné une mosaïque extrêmement agréable.

M. Thouin , professeur de culture , qui a formé cette école et qui en a seul la. direction , y fait une partie de ses leçons. H peut ainsi montrer aux élèves les exemples ' de tous les procédés dtmt il leur a parlé , et leur en &ire remarquer les résultats sur la nature vivante.

Ceux qui ne peuvent nivre les cours de M. Hiouin , et qui veulent viùter Técole de cul-< tare pour leur instruction , et non comme. un ob> )et de curiosité , doivent lire les mémoires que ce professeur a insérés dans les Annales de Muséum , et dans lesquels il a explîqujé tous les procédés des semis , des boutures, des marcottes et des greffes dont les exemples sont à Técole. Ils y trouveront le résultat d'un grand nombre d'expériences dont quelques-unes ne sont pas d'une utilité immédiate pour augmenter les produits de la végétation , mais qui toutes sont propres à résoudre des questions de physique végétale , et donnent sur cette science des notions fécondes en conséquences, non-seulement pour la théorie niais encore4>our la {u-atique (i).

(i) M. Tfaooia ■ ooaEè le *oia de cette tcole et de celle dcd irbrei IruitMntiM. Dalbret, jardtniaiqa'Maliij.nidDe ÎBittwtdani la taille dcB >rbi«i et dant lei pratiijaoi de cuitore, et qui est eu élat de donner Boi penoanea qui lui toot tdreiriei par let protbueori, Ici expliuatioai qu'elle! dèairest.

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