GALERIE DE BOTANIQUE
veloppé de son brou , chose assez rare dans le» cabinets, et les chatons mâles de cet arbre, qui sont de la grosseur du bras ; le doum, ou palmier de la Thébaïde , diverses espèces de coco ; de très-beaux pandanus de l'Inde ; des lontarus ; des ^adices de xanthorrea resinosa ; un grand régime de maripa ; des cycas ; des nélumbo , etc. Les deux armoires à côté renferment des fruits de la famille des lauriers , parmi lesquels on distingne la noix muscade parfaitement conservée avec son macis, et d'autres espèces analogues non moins curieuses , et employées également à des usages économiques. Viennent ensuite de superbes fruits de diverses espèces de banksia , qui ont été achetés en Angleterre, et qui avaient servi de modèle aux belles figures données par White , dans son Voyage à la Nouvelle-Galles. Enfin des fruits très-remarquables et très-rares de la famille des bignones, des apocynées et des sapotilliers; tels que des cerbera, des strychnos, le nerium tinctorium de l'Inde , Vomphaiocarpum, de M. Palissot de Beaurois, etc.
Les huit ai'moires placées à droite et à gauche de l'entrée , vis-à-vis des fenêtres , renferment toute la suite de la collection des fruits. Lesquatre premières offrent les familles qui suivent les sapotilliers jusqu'aux légumineuses inclusivement Plusieurs fruits de rubiacées, de savonniers, d'o-
3^4 DESCEIPTION OU MUSÉUM. '
rangers (0) *^c malTacées, de tiUacées, de mjrtoïdes, appellent l'attention par leur forme et leur grosseur. On y remarquera surtout : lefèronia elep?tantum,Koxh.; des.bonibax, ou coton de.Mahot;Vochroma lagopus; des baobab, ou pain-desinge ; des capsules à cinq loges séparées par des membranes, renfermant des graines entourées d'un coton très-fin que les Indiens réservent pour faire les coussins qu'ils placent sous les statues de leurs dieux (2); des fruits de sterculia balangbas, composés de leurs cinq capsules ouvertes et garnies de leurs graines ; Fespèce de cacao décrite par M. Bonpland; le carolinea insignisi le bertholletia , dont les graines étaient anciennement conflues sous le nom de châtaignes du Brésil , sans qu'on eût la moindre notion de l'arbre qui les produit , avant le voyage de MM. Humboldt et Bonpland qui en ont donné la description (3) ; différens fruits de lecythis, qui ressemblent à un vase dont le couvercle se sépare, ce quia fait donner à ceux d'un gros volume le nom
(1) H. Foitean nom a doonë les orangen qa'il ■ décrits diDS loii OUTM^ ; ili occppcnl U bai de la première armoire.
(s) Ce Irait noaa a été earojé de Fondichéry par H. Leachenanlt. Lei Indiens le oummeat koDua-marum ; il appartient è un nonveaB genre dont on trouve dei espices dan* l'Inde et dana l'Amérique méri~ tUonale, et que H. Knntb a décrit «oai le nom d« eoehiupennum.
(3) H.Bonphnda'aTailpaiTnleBflenni H.Poiteau lésa obierréea, etTientdeDoailearapporterealierbietetdaDsresprit-de-vlD : ellea aant t embUbleat celle* deilecjthia, et pronT«Dt l'affinité deadeoi genre*.
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de marmite desinge ; le couratari de la Giiiane ; le butooica , qui a ta forme d'un bomiet carré.
Les fruits de légumineuses, qui occupeat la partie inférieure de la troisième armoire et toute la quatrième , sont en très-grand nombre : on y verra les gousses de Veperuafalcata, du bauhinîa raee~ mosa, de l'A^-raenœa ■verrucosa; celles du moringa, ou noix de ben, qui différent de toutes les légumineuses, en ce qu'elles sont à trois valves; et celles du mimosa scanàens , et du mimosa entada qui ont 4 à 5 pieds de longueur , quoiqu'elles soient sorties d'une fleur extrêmement petite ; enfin , diverses graines d'une couleur éclatante, e t qu'on emploie pour faire des colliers ou d'autres omemens.
Les deux armoires à gauche de l'entrée , contiennent des fruits de la famille des orties, de celle des térébinthes et de celle des cucurbitacées.
On y voit une collection de noix recueillies en Amérique sur toutes les espèces de noyers connus, et rapportées par M. Michaux fils ; ces noix sont présentées dans tous les états par les coupes qu'on en a faites, et rangées avec beaucoup d'ordre : on y voit aussi une collection de courges, donnée pai- M. Duchéne qui avait fait un beau travail sur cette famille (i) ; des noix d^acajou avec le ' brou charnu sur lequel elles sont implantées; des
[i] Lei dFMini de H. DncheBc ont été acquit pour U l}ibUoth£i|tijB dp Moiéain.
336 DESCRIPTION DD MtJSÉDM.
pommes de nunceniUier; le sabKer( Aura crejH- Ums) , qu^on est obligé d'entourer d*un fil de fer pour qu'il n*éclate pas ; Yambora, qui montre le passage entre ta figue et la mûre ; le jacquier, et les fruits de toutes les e^èces d'arbre à 'pain , desséchés e t conservés dans l'eau-de-yie , etc.
L'armoire suivante renferme une collection de cônes de pins et de sapins , dont la plupart ont été recueillis dans l'Amérique septentrionale, par M. Michaux ; et de beaux échantillons de Veiraucetria , ou pin du Chili, apportés par Dombey.
La dernière armoire du même côté, est destinée aux fruits qui appartiennent aux genres non encore classés dans les familles naturelles, et que les botanistes nomment incertœ sedis , et à ceux qui ayant été envoyés par des voyageurs , sans qu'on ait pu savoir de quelle plante ils proviennent, ne sont pas encore bien connus.
Ici se termine la collection des fruits. On n'y a fait entrer que ceux d'une certaine grosseur et qui ne peuvent être conservés dans l'herbier ; les petites graines exigeraient un nombre prodigieux de bocaux, et conséquemment beaucoup d'espace , et ne pourraient être vues qu'autant qu'on ouvrirait les bocaux dans lesquels elles seraient renfermées. M. Thouin .en possède une collection très-nombreuse , et qu'on se prt^pose
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de réunir dans cette même salle ; mais il faudra pour cela l'arranger dans un meuble À tiroirs, où chaque espèce occupera une case particulière.
lies fruits de la collection sont étiquetés, et l'on a eu soin d^indiquer la figure de Gaertner, pour tous ceux qui ont .été décrits par ce savant carpologiste. On trouve souvent, dans le bocal ou dans le carton où ils sont placés , des notes données jMr les voyageurs, sur les usages auxquels ils sont employés dans le pays oiuils ont été recueillis (i).
Les huit armoires suivantes, dont quatre jusqu'aux fenêtres et quatre dans les intervalles, renferment l'ancien droguier du Jardin du Roi , avec les additions qui y ont été faites.
Dans la {«"emière sont les racines, dans la seconde , les écorces ; dans la troisième , les feuilles et les fleurs , etc. , qui appartiennent à la matière médicale ou à Fiéconomie domestique , soit en France , soit dans les pays étrangers ; dans la qua-
[>] La'coUeclioD des fmita s'esl récemment accrue diDi une proportion encore ptu< coneMérable que cdie des pbntes en herbier; parce que depuu les belle* obaerralioQi de Gf ertner, les botaDÎstca Tojageura mettent plui d'imporlauce à te les procurer. M. Freycioet nous en a Bpporli beaucoup. M. LelcLenault , M. Poileiu et M. Fiée nous en ont envoyé de trèi-rtuc*, le premier, de l'Inde, k Mcond, de U Guiaaa, le troiaiÈme, de la Hirilniqne; et pluaienrs amateun d'biiteire na- Inrelte, qui en pooédaieat de fort curieui, ont bien voulu Ici donner au Huiéum. Nom avoni soin de mettre lur lei étiquettes dei diien objeti , le nom da la penonoc qui en a «nriebi la collection.
3z8 DESCKIPTIOH OD SUSiDH.
trième , on a réuni quelques objets de coriositë , comme de belles tiges de graminées (i),desspathés de pabnier, nn régime de sagas, du guy sur une l»anche de chêne , de la toile non tissue , fabriquée dans les îles de la mer du Sud , etc.
liCS deux premières armoires entre les fenêtres, renferment les gommes et les résines employées dans la médecine et dans les arts; la troisième , diverses préparations de v^étaux, comme les indigo, les cachou, les parfums, des bougies faites avec la cire du mjrrica cerijèra^ une fiole du poison avec lequel les indigènes de Java empoi- . sonnent leurs flèches ; la dernière est destinée à des substances régétales qui ne sont .pas bien connues.
La plupart des objets dont nous venons de parler sont dans des bocaux : nn grand nombre viennent de la Qiïne ; ceux qui composaient Fancten droguier du cabinet , conservent les noms qu^ils portaient du temps de Vaillant et de Geoffroy ; on y a joint le nom classique moderne. Sur une des tables qui occupent le milieu de la salle, est un vase de ig pouces de haut, et de i8 pouces de diamètre, formé d'un tronc de palmier creusé dans son milieu ; ce vase nous a été donné par U. Maugé , qui t'avoit acquis à Porto-Rico , lors de son voyage avec le capitaine Baudin.
()) Jrutido êagiUaîa, Perfoca ; Gyatriam, Hamb. et Bo^.
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Nous aTons dit qu'à gauche de la porte dVnti'ée des galeries, est une salle coupée en deux par une cloison. Le fond de la première partie est garni de cases où Ton garde l'herbier de Tournefort. Â côté de la fenêtre sont deux régimes de sagus farinacea de 6 pieds de haut, et tout couverts de fruits (i). On y trouve aussi des troncs de palmiers etdefougères, et des coupesde bois qu'on n'a pu placer dans les armoires , et qui présentent quelque chose d'intéressant : par exemple , une tranche d'un orme abattu en 1784 , sur laquelle on c^ei*ve, en comptant les couches annuelles, que celle qui répond à l'année 1 709 , a été presque détruite par l'effet de la gelée.
Le cabinet de travail qui est à la suite , est garni d'armoires vitrées qui renferment de^ fleurs et des fruits parfaitement conservés dans une liqueur spiritueuse , et une collection de gnaphaiium et de xeranihemum ou immortelles du Cap , formant des bouquets et conservés secs dans de grands bocaux de verre. On y voit aussi deux ca-, dres où sont des échantillons de la filasse retirée des diverses plantes textiles ( monocotylédones et dicotylédones ) , cultivées au Jardin du Roi.
Les galeries de botanique ne sont point ouvertes au public, pai^e qu'elles n'offrent rien
(1) L'an nouai été enTOjé de l'Inde depnii pliuîean aunéei ; l'aatrs noiu ■ Ht donné pu N. Pnkhiion.
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3^ DBSCIHI'VtOtl'DO MDSitia. .
qui puisse iaXé^çBéfO- les personnes qui n'ont Aucune «oCien 4e lliistou-e naturelle. Des herbiers daze des cases , des morceaux de bois les UDS revêtus de leur écorce , les autres «n petites planches poar en 'montra* la texture -, de» fruits desséchés, ou conserva dans resprit-de-TÎn , sent des objets trè»-{K«cieux pour Tétude, mais qui ne frappent jhis d'abord les yeux. 11 en est de ce cabinet, comme de celui d*aaatomie. compvée ; mais s'il n'y a pas de jour où le pubHc soit inr trodmt , il n'en est aucun oh les galeries ne sment ouvertes aux amateurs qui veulent les visiter , et les personnes qui désirent faire des recherches sur des genres ou des espèces, Wooroparer leurs herbiers avec ceux du HuséuBi, y trouvent toutes les ressources poasib^. Les moftographifi et les ouvrages de»cjriptj& ^ hpb^itffit , pvbUés depii^ •quelques .innées, offrent la preuve de Terapressement ijûTod met au Hftyséum à communiquer, tout ce 'qu'on possède , et à doaner toutes les ^expUcatifns qu pouvait &voriscr les progrès de la science.
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