‹ Histoire et description du Muséum d'histoire naturelle,: ouvrage rédigé dChapitre 6 sur 37 · DEUXIÈME ÉPOQUE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉPOQUE

Lemonnier était extrêmement satisfait de. la manière dont M. de Jussieu faisait son cours; mais il prenait trop dintérél à l'établissçment pour ne pas désirer que le» deux places de professeur et (te démonstrateur attachassent au Jardin deux savans qui travailleraient de concent an progrès de la botanique. Il fonna donc le projet desc retirer avec le titre de profes^eor honoraire aussitôt qu'il serait sûr de faire entrer au Jard^ un homme capable de remplir ses vues, il avait jeté les yeux sur. M. -Desfontaines, dont il ' appréciât le méi-ite, et dont il prévoyait la réputation; m^ ce jeune savant n'étant point encore assez connu , Lemonnier jugea convenable d'attendre, et ce ne fut qu'en 1786- qu'il fit lès •démarches nécessaire^ poçr réaliser son projet A' cette époque ,' M. Besfonlfaines était de retour dé soti voyage en Barbarie , d'où il avait Rapporté le» plantes dont* il a publié l'iristoirc ; il avait fixé l'attention des botanistes par d'excellei» mémoires , et, depuis trois ans, il avait été reçu -meinbre de l'académie des sciences. M. Lembnnîer le proposa à Buffon, qulappldudit à ce choix. M. Desfontaines . voulait occuper seulement la place de démonstrateur, et laisser celle de pro- ' fesseur à 5Î- de Jussieu ; mais ce dernier' préféra cortServer dra fonctions que son onéle avait exercées pendant. cinquante^cinq ans./ '.

S8 HISTOIRE BO MUSÉDH,

liorsque M. Desfoataiues lut noimnë , l'école était déjà fort riche, et les plantes y étaient diq»o> séçs dansrordre desaifBaités. L'enseignement n'ciait plas borné à la déisonftlration -des jjantes médicinales , et les progrès que la science avait faits depiiis.Toomefort par les traraoK de Immé, d'Adansott et de Jussieu , autorisaient à hû donner iMie ni0rcfae plus pfailosof^tpie.

M. DesfcHitaines fut le première jn^r tfot ponr bien apprécier les ca^ctère» qui distingamt les genres et les e^>èce6 , il faut avoir une coanaisssmçe générale de, la nature des végétam , des foiictioDS propres à chactm des o^nes ^qui les composent et des f^iiomène» qu'Us j^^ntent ^ aux différentes périodes de leur déreloi^emont l^ésolut en conséquence de diviser son cour»

en deux pu-ties : la^M^mière censao'ée à l'anaionùe ^ à la physiologie végétale , la seconde à la ijassiBcatibn et à La de&cripti<Ht des iaïaUks , des geares et des espèces. Cette ianovation fit époque 'dans l'enseignemeiri: de'lâ bdtani^ue, qni àèÀ lors ne fi^ pli^ seulement la connaisfianee de§ fermes extérieure* des plantes -, mais encore Cejle de leurs rapports, ^'leivs usages et -dps diverses moëilications dmt elles sont «usceptiblee. C'est à U direction donnée à l'étude daw Ï€$ ; «ours idUi Jardin ^ Roi depuis 1 7 88 que svd'dus les t^vaux qui ont &it'de la physiologie végé-

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DEVXlàHE ^P-OQUE. %

taie non pliu une .-partie accessoire, mais la base fondamentide de la. botanique, et qui nous oi^t conduits i £sure Fapplicatioii de? principes de cette science à l'agriculture et aux arts.

. M. Desfpntaines continua pendant quelques années à démontrer les plantes dans l'école; niais sa manière d'enseigner attira un si igrand mMnbre d'élèves « qu'il lut déBonaais impossible que tous piKsent entendre le ^Yiifesseiir cm 'se trouvant placés sur une ligne droite k loag des platesbandes. Le professeur prit alois le parti de faire ses leçons dam l'amf^nthéâtrfi, où l'on porte des échantillons -que tout le monde peut voir, en a]fant soin de placer & i'éeole et i lew étiquette tontes les [^Mites qui appartienDent h la famille dont il a été questioH dans la leçon. Ainsi chacun peut alter les examiner À loisir , vérifier les ■ caractères <que le professeur a feit remarquer et comparer même cha<^ {^ante avec la description qu'on en tromne dans les livres.

Tan& qpe M. Desfontaines enseignait ainsi l'ensen^le de la science , en paro^rant snccci^ Sivemenf toutes les familles du règne T^tal, M. dé Jossieu faisait ct^^^ii^ semaine nne herborisation i \k caftifMigne. Sans ces promenades, A ne se Uorqait point ii nommer en passant tes espèces qutin kiî.pre'seDtait ; il profitait de tonte» le^ occaspeAis pouu faire remarquer les caractère»

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6o HISTOIRE DU HTTSiuM.

qui réunissent et ceUxqui distinguent les-différens groupes de yegiElaiix , et il cxeTçiait ainsi les élèves à faire sfir les plantes indigènes qui s'offraient sans ordre à Jenrs yeux, l'application des principes qu'il a deVeloppés depuis dans un ouvrage devenu classique aussitôt après sa publication.

. La m^lbode introduite au Jardin du Hoi ayant été- suivie d&ns les diverses écoles du royaume, et ensuite adoptée- dans les pays étrangers, et l'exposition des familles naturelles ayant coordonné les faits, le^onlbre prodigieux de plantes qu'on d^Quvre tous les jours ne^ac, présentent plus conune isolées, elies tiennent remplir tes lar cunes qui se trouvent encore danslasérîe générale.

L'enseignement dé la chimie continua ^'êice confié à deux professeurs, dont le premier exposait la théorie , et le second faisait les divei^es opérations. Nous verrons bientôt que ces deux parties de la Science n'auraient dû être séparées qu'autant qu'on aurait considéré' la preiçière conune destinée à exposebles ^aincipes et à faire les expéiiencee qui en prouvent lavérité, et que l'autre aurait'.enseigné l'application de la chimie aux arts, comme cela se fait -aujourd'hui.

Macquer, wppt^ant de Bourdelin depui^i 770 et professeur titulaire en i777,s'écarta entièrement ' des idées de. ses prédécesseurs/U développa \n

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théorie de Becker et de Stahl, que Bouelle arait fait connaître , et à laquette il avait déjà fait un si ' grand nombre de partisans. It suffit de lire 1ë Dic> tionnaire de chimie de Macquer pour se CoiiTaincre qu'un honune d'uii esprit aussi juste, et qui avait autant de netteté-dans les .idée^, <hit traiter son sujet avec plus de méthode et d^exactitude qu'on ne l'avait fait jusqu'alors. H :ne perchait point à frapper l'imagination de ses^auditeuES. , '■ mais à fixer leûv attention sur les grands phénomènes pour les? conduire à en découvrir d'euxmêmes l'explication. Quoiqu'il professât la doctrine de Stah^ conjointement avec les dëtnonstratenrs, il fut frappé des découvertes de Lavoisier , il pressentit même les changemeiK qu'elles devaient produire , et loin d'en repousser les «conséquences, il prépara ses élèves à les ado][ter.'A.sa mort, arrivée en i'jB^,^{îon choisit pour le remplacer M. de Fourcroy , qui n'avait pas atteintsa trentième année,et qui n'était pas.eneore aiem- 1h^ de l'académie , mais qui s'était déjà fait une grande réputation par lès talens qu'il avait montrés en suppléant dans ses cours Bucquetsbu maître, prof^^seur à l'École de mé^îne.* ..

• C'est de r«poque où M. FourcrAy entra auJarr din qu''il faut dater la ^opagation de la ly^uvelle théorie chimique,, ^t l'on.- peut assurer quercejte théorie, ,qui a changé la face de la -science , ne s^

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serait répandue que lentement s'iln'èût été chargé

de la développer.

' Les découTertes ide Cavendish sur la décomposition de l'ean , de Lavoisier sur la combustion, avaient fait sentir la nécessité d^uoentmienclature qui , distinguant les corps simples des corps composés, indiquât en fnéme temps k^nâture des élémens de ces derniers. Ce projet, conçu par Guyton de Morveau, fut adopté par lavôisier et par quelques autres cliimistes, du nombrë^esqaeU était •Foùrcroy, Cti) fittt exécuté avec un esprit de méthode dont lés sciences n^avaient point encore offert une semblable application : .mais quoiqoe cette nomenclature, dans laquelle chaque mot offrait l'explication d'un fait ,- dût (épargner un long travail à ceux qui voulaient connaître non-seulement tous les composés existans, mais encore tous ceux qui sont possibles ; c'était toujours une laor: gue nouvelle , et rien n'est aussi difficile que de fairetidopter un langage difîéreitt de celui auquel on s'est accoutamé. La chose était si utile , que léshonimesstiidieuxn*auraîentpus'yrefuser;mais s'ils n'eussent appris cette langue que dans les livres; elle ne serait jamais devenue ^'un usage universel. Foorcroy là |farla dans ses cours , et comme son éloquence caFptivait ses' auditeurs, comme la clarté de ses idées se réunissait à one diction également précise* et hamw>nîeuse ,

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