‹ Histoire et diplomatieChapitre 46 sur 60 · BUT DB LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

BUT DB LA SOCIÉTÉ

Messieurs,

Quand la liste des membres de la Société qui tient aujourd'hui sa première assemblée générale vous sera distribuée, vous serez étonnés peut-être de Vous trouver déjà en si nombreuse et si illustre compagnie. Fondée, il y a un an à peine, par quelques amis des lettres, curieux des souvenirs et respectueux des monuments du passé, la Société d histoire diplomatique compte déjà près de quatre cent cinquante membres actifs, et dans presque toutes les capitales d'Europe des correspondants choisis parmi les érudits les plus renommés: des personnes royales, des princes, des hommes d'État l'honorent de leur patronage.

Jamais succès ne fut si rapide. Jamais appel n'a été si promptement entendu.

A quelle cause attribuer cette fortune inespérée

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de notre Société ? f/est avant tout, sans doute, aux efforts et au zèle de ses premiers fondateurs * ; mérite auquel je rends d'autant plus volontiers hommage que, placé à leur tête par un honneur dont je n'étais pas et ne me suis nullement rendu digne, je ne puis leur en disputer la moindre part. Mais c'est aussi, ils me permettront bien de le dire, à l'attrait parliculier qu'exerce autour de nous le genre d'études auquel la Société s est consacrée. Vous ne l'ignorez pas, en eiTet, la science historique, déjà cultivée avec tant d'éclat depuis le commencement de ce siècle, a reçu dans ces derniers temps, par la mise en valeur et en lumière des richesses enfouies dans les archives diplomatiques de tous, les pays, comme une impulsion nouvelle. Elle a vu s'ouvrir devant elle une mine à peu près inexplorée oii chacun se presse de pénétrer, avec l'espérance d'y goûter le plaisir de la découverte et peut-être aussi d'être le premier à le faire partager au public.

Naguère encore, on le sait, la raison d'Etat veillait, avec une susceptibilité ombrageuse, à la porte de toutes les grandes archives nationales pour en interdire ou en disputer l'accès à l'histoire. Chaque génération se regardant par un sentiment,

i. 11 n*est que juste de signaler au nombre de ces fondateurs . jL qui la Société doit témoigner sa reconnaissance, son secrétaire général, M. de Maulde, qui en a conçu la première pensée, et dont le zèle, l'intelligente activité et les connaissances variées 1 ont heureusement assistée dans les difficultés inévitables du début de toutes les associations.

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