RÉMISSION DES PECHES ET INITIATION AU MONDE SUPÉRIEUR
Comment cette union se rétablit-elle , ou comment l'âme obtient-elle le pardon de ses péchés et la délivrance d'entre les mains du principe mauvais? En ce point la doctrine des Cathares différait profondément de celle de l'Église orthodoxe; car, comme il a été dit plus haut, ils ne pouvaient attribuer aucune puissance pour le salut à la mort de Jésus- Christ; cette mort n'a été qu'apparente, le but en a été moins de satisfaire à la justice de Dieu , que de tromper le diable. Cependant il faut aussi aux Cathares un moyen d'ob-
^ *Ewi yàp euvou/^oi, olViveç ex xoiXiaç fJLTjTpbç ly^WT^Ôriffav oStw xa{ eîdtv eOvou)^oi, otxiveç £Ùvouyi(TGY)(jav &itb twv avôpwTTwv xai efffiv fiôvoûj^oi, ottiveç eôvouj^iaav lauTobç Sià rJjv êadiXeiotv twv oupavcov. ô SuvdffAEvoç Ywpeïv, ybipiixbn. — Evang, Joh., chez Benoist, 1. 1, 292; Eckbertus, 903; Monela, 515 et suiv. ; Disputatio, 1712.
2 JMoneta, 326 et suiv.
3 Actes de Vlnquis. de Carcassonne, 1305; Doat, XXXIV, fo 100; Eymericus, 274.
tenir la rémission de leurs péchés et de rentrer en grâce auprès de Dieu \ celui-ci étant la bonté parfaite, ne peut avoir ['aucune communauté avec ce qui est encore mauvais ou imj parfait; Tàme ne peut espérer de revenir à lui qu'après s*être ^dégagée de tout ce qui Tattache au règne du mal et k son [service impur. Outre le mérite de Jésus-Christ, rÉgliee »• enseignait aussi que par de bonnes œuvres on pouvait diminuer te poids de ses fautes, qu'on pouvait offrir ces œuvres \k la justice divine en compensation des péchés et s'attendre I alors k un jugement moins rigoureux. Les Cathares niaient i entièrement le mérite de ces œuvres satisracloires ; toule i action bonne et pieuse n'était à leurs yeux que le simple accomplissement d'un devoir imposé par Dieu lui-même, et ne contribuait en rien a Texpiation d'une culpabilité trop profondément enracinée dans Tâme, pour pouvoir être effacée par quelques œuvres isolées, qui bien souvent ne sont bonnes qu'en apparence*. Il n'y a qu'un seul chemin pour arriver k la rémission des péchés, c'est une pénitence radicale, un changement absolu de vie; et il n'y a qu'une seule manière défaire pénitence, c'est de renoncer au monde et d'entrer f dans rÉgiise cathare^ dans cette Église seule on trouve les [moyens et Tassurance du pardon; hors d'elle il n'y a point ^de salut, la foi cathare est la seule qui sauve j ceux qui Tem- [brassent sont seuls certains que leurs péchés sont k jamais oubliés '-^^
La réception dans TÉglise cathare se faisait par un acte solennel, qui n'avait pas seulement une signification symbolique, mais toute Tiraportance et tous les effets d'un sacrement. Au dire de la secte, cet acte est institué par Jésus- I Christ j quoiqu'il soit tout autre chose que le baptême d'eau , 1 qu'ils rejetaient comme étant une institution du mauvais
' Moue ta, 30Ç ; Aeinerius, lTâ5«
s Ebrarduâ , 1C5 ; Maoela , 596 j HdD^rîus i 1765; Eyinencus i 274; *— es BogomUeg : ËuUiymîus, Narralio de Bo^pm,, 55*
Dieu. Ils ne prétendaient reconnaître que le baptême du Saint-Esprit , qui se conférait par l'imposition des mains , et qu'ils appelaient le Consolamentum^ , Ce baptême fait descendre sur rame le Saint-Esprit ; suivant les dualistes absolus, cela veut dire qu'il l'unit de nouveau avec cet esprit céleste, préposé à sa garde, dont elle avait dû se séparer lors de sa chute, et qui désormais sera son consolateur jusqu'au moment de la mort du corps^^ suivant les dualistes mitigés, cela signifie qu'il fait en effet descendre sur l'âme la troisième personne de la Trinité. Le nom de Consolamm' tum est donné à cet acte , parce que par l'effet de la réunion de l'âme avec TEsprit-Saint et consolateur, il devient une initiation au monde céleste , destinée à consoler les âmes pendant le temps que doit durer encore leur captivité dans le monde d'en-bas. Ce baptême spirituel est Tunique moyen de salut; il doit remettre l'âme dans son état de pureté originelle, et la délivrer de l'empire du mauvais Dieu \ il lui assure le pardon du péché et la rémission de la peine.
Quand on avait reçu le Consolamenlum, et qu'on se croyait remis en possession de l'Esprit-Saint et affranchi de la puissance de la matière et du démon , on était considéré comme parfait; c'est là le nom par lequel la secte désignait ceux qui avaient reçu Timposition des mains. Ce n'est a vrai dire qu'aux parfaits seuls que convenait aussi le nom de Cathares.
1 Ermeugaudus, 236; Bonacarsas. 209; Moneta, 273 et suiv.; Reineri us, 4761 et suiy.
2 HoneU, 4.
car eux seuls passaient ponr être redeveniis purs de la souillure du péché* ^ pour celle raison on les appelait aussi les Amis de Dieu, les Bomhommes, les Bons chrêiiens par excelleoee^; çà et là on les nommait les Consolés, à cause de la grâce que leur conférait le ConsoJamentum^, ou bien les Consùlaieurs ou ies Paradefs^ parce quMIs avaient le pouvoir de communiquer la même grâce à d'autres en leur donnant le baptême spirituel. Comme par ce baptême ils faisaient redescendre le Saint-Esprit dans Tâme, et qu'ainsi ils y engendraient pour ainsi dire de nouveau le Verbe de Dieu, les Bogomiles les vénéraient comme Pères de Dieu^. Ils formaient la classe des clus^, auxquels s'appliquait tout ce qui est dit k ce sujet dans le Nouveau Testament. J^jcatholiqiies, qui les haïssaient et les craignaient plus que toutes ies autres lectes , se bornaient i les appeler les hérétiques par excellence'.
Eé~ glorieux privilège que les parfaits croyaient avoir re-
1 ËckbcrtQs, 900. Â cause da nom , il lei coorond avec les Catkarùim chez les Matïicïiéens[¥Oï. S, Auguttio, De h(Bresibus, cap. 4fi; L IX, p»,19î,
2 Bùiii hùmims, los bos homes; déjà an concile de Lomben, en iies; MâDSi, XXil, 157; Peir. Vall. Cern., 556 ; addit, è Ueinèrius^ chezGret- «er, ai; ÂCies de Vlnquis,, soavenl- Liber sentent, înqtusit. Tolos,^ S!^, 105, 131. CheaGiiïïL de Poy'Laure«.s CtiS, on lU : BoHonii m^e Btjmsiij id est hœretici ; c'tist une cormpttOD de Bunshommes.
3 Krmengaudus, 236 ; addïL à Reinenus, t. c,
* Slepbanua de BeUavKlà, 91. Suivant Alanus, 1!0, dùhngnunt inttîr consola tos et perfeHos ; ctrnsoîatos vacant eos qui nuper ad hœresim eorum. renerunt^ nec adhuc in ipsà confirmai i su ni..* Perfecios mrù iltos diçunif qui iunt in hœresi cûnfinnati* CeUo distinction ne nous paraît pas juslifiée ; eUe ne s'accorde pas avec le sens que la secle altacbalL ani terme» de consoler et de Consi^lamentunt.
^ ÛsoToxOt: Eulhyrarus^ IVarratio de Bogom,, ù\,
&£verviuuâ« 455* î^uivant cet auteur, rituposilion desmaina UB conlëre i\ti& Le grade de croyant ^ et ce n'mi qu'après de nouvelles épreuves qu'on passe parmi leâ electL Ce n'est pa» eiact; partout ailleurs il esl dit que par r imposition des mains on devient parfait.
^ Eu France on distin^ail entre bérétiqueâ et Yatidois; Alatius écrit:
couvre, loin de les autoriser à passer leurs jours dans la tranquille béatitude d'une contemplation mystique et rêveuse, leur imposait au contraire de graves obligations et un dur ascétisme. Ils étaient tenus d'aller de lieu en lieu pour présider les réunions religieuses , pour prêcher et enseigner, pour exhorter les croyants à la persévérance dans les persécutions, pour donner le Consolamentum à ceux qui en avaient été jugés dignes. Ils voulaient être les successeurs des apôtres du Seigneur, et les imiter aussi bien dans les privations et les souffrances qu'ils ont endurées que dans le travail infatigable pour la propagation de l'Évangile. Us s'interdisaient la possession de toute propriété personnelle; après avoir reçu le Consolamentum^ on ne s'appartenait plus, on apportait en sacrifice à l'Église cathare son existence et ses biens ; les revenus de ceux-ci étaient ajoutés à un fonds commun , qui servait aux besoins de cette Église et de ses ministres, et qui s'augmentait de pensions, de legs et de donations faits par les croyants, et de gratifications accordées aux parfaits par les familles de ceux qui étaient consolés dans des maladies ou à l'heure de la mort^ C'est à cela que se réduisent et la communauté des biens et la soif d'argent qu'on a reprochées
Contra hœreticos et Waldenses; GaiUaome de Tadéle dit, p. 14, T. i69 : ,..Eretges e... sabatatz; la même distinction est faite par le synode de Narbonne de 1243, can. 29, chez Mansi, XXIII, 364; par les tribunaux de rinquisition ; p. ex. à Toulouse, en 1244, les accusés sont interrogés super crimine hœresis et Waldensis ; Yaissette, III, preuves, 438, etc.
^ Actes de VInquisit, de Carcassonne^ 1343; Doat, XXII, fo 113 ; en 1310, Guill. Adzémar fait aux Bonshommes une pension annuelle d'une emina de froment ; Lih. sentent, inquisit. Tolos.y 101 ; en 1301, Benoît Moulinier qui, malade, ayait reçu le Consolamentunit envoie, après son rétablissement , 50 sols aux parfaits , ibid., 249, etc. S'il est dit fréquemment dans les Actes de l'Inquisition, qu'ils portaient de l'argent avec eux, cela ne prouve pas qu'ils aient eu des propriétés personnelles; surtout dans les temps de persécution, quand ils ne pouvaient pas en appeler à l'hospita- Uté de ceux qui ne les connaissaient pas, ils étaient naturellement obU* gés de pourvoir eax-mémes à leurs besoins ; les sommes dont ils se ser-
94 CHAPITBE II!.
aux Cathares *, dont la vie, loin d'être facile, n'était en vérité qu'ime série d'abslinences et de jeunes , elle était réglée par un engagement solennel qu'ils prenaient au moment de leur réception; non-seulement ils renonçaient à tous les liens et à toutes les joies de la famille^, mais ils faisaient vœu de pauvreté et ne se nourrissaient que de pain , de fruits, de poissons que leurs fidèles venaient leur offrir; ils taisaient par an trois jeûnes rigoureux de quarante jours ^, et jeûnaient en outre régulièrement trois fois par semaine, en ne prenant que de Teaii et du pain*.
it Nous menons, disaient-ils, une vie dure et errante; nous fuyons de ville en ville, pareils à des brebis au milieu de loups ^ nous souffrons la persécution comme les apôtres et lesmartjrs, et pourtant notre vie est sainte et austère, elle se passe en abstinences, en prières, en travaux que rien n'interrompt; mais tout nous est facile, parce que nous ne sommes plus de ce mondée»
Ils avaient la règle de ne rien faire, ni voyage j ni repas , ni prière sans compagnon; nous ne pensons pas que cette règle ait été donnée dans une autre intention que dans ua but de secours et de protection réciproque, et parce qut 1; célébration des rites exigeait la présence do deux personnes 5 rien ne nous autorise a y chercher quelque signification symbolique. D'ailleurs il n'était pas indispensable que le compagnon, $0€iiis> fût lui-même un parfait; il pouvait être un
vaîent alors pour payer soit leur nanrrUure , soîE les hommes arméi qui
les cscorlaient, sorlaleat de la caisse com mu ne ^
I JDachim, in ApocaL^ F» 15i>t; MaiOand, 460 et sulv,
^ Petr. Vall. Cern., 536; liber sentent. inquUîL Tohs,, dSO*
3 Actes de rinquùU. ds Car^asionnc^ 130y ; Uoâl, XXXIV, fo iùî ; Ey-
mericuSt 440. ,
^ tnquisiî. de Carmssonne, L c, f^ 91 1 Liber sentent . inquitit. ToloM,\
S40. — Lea Bogomiles : EulbymiuSi Narraiw de Bog,, 35 î Aoaa Com-
nena, Alao^as, lib, XY, p, -486, * EfervlDUs^ 454,
croyant d'une fidélité éprouvée, et n'était pas astreint à suivre en tout point les mêmes observances ascétiques que les Bonshommes^. Ces derniers portaient d'ordinaire des vêtements noirs^^ sous le manteau ils avaient une bourse de cuir, contenant un exemplaire du Nouveau Testament, qui ne les quittait jamais . Ils avaient entre eux des signes particuliers de reconnaissance ; un certain mot, un certain signe suffisait pour découvrir un frère à un frère^^ les maisons même où demeuraient des parfaits , portaient des marques secrètes , que l'œil d'un Cathare pouvait seul reconnaître^.
Les femmes parfaites portaient également un vêtement particulier, des espèces de manteaux de couleur noire^. Elles n'étaient pas tenues de voyager comme les hommes; tantôt elles habitaient seules dans des cabanes, tantôt plu* sieurs d'entre elles vivaient ensemble dans des maisons communes, s'occupant de travaux manuels, ou de l'éducation de jeunes filles , ou bien aussi du soin des malades et des pauvres. Elles avaient le pouvoir d'administrer le Consolamentum en des cas extrêmes; mais il n'y a pas un seul exemple qu'elles aient aussi eu le droit de prêcher au peuple; les Cathares, différents sous ce rapport des anciens Vaudois , laissaient bien plus les femmes dans leur sphère naturelle. On relâchait même quelquefois pour les parfaites la règle austère qu'elles avaient dû s'imposer, et pourvu qu'elles consentissent à recevoir de nouveau le Consolamentum avant leur mort , on leur permettait de rentrer dans
1 Actes de Vinquisit. d$ Carcassonne, 1243; Doat, XXUI, fol02.
2 Petr. VaU. Cero., 556.
3 Liber sentent, inquisit. Tolos., 50.
^ Us se recoonaissaient per solam loqwlam etper solos gestus, Albericas, 326.
5 Ego bene cognosco eas [scil domos), quia habent àliqtui signa per quœ eognosco eas. Procès d'Armanno Pongiloyo à Ferrare, chez Maratori, Antiquit, ital, medii œui, Y. 131.
6 Supertunieale. Actes de Vinquisit. de Toulouse^ Doat, XXy,f» 147.
9ft CRAFITHE m.
le monde'. Les parfaits et les parfaites se donnaient enu-e eux les noms de frère et de sœur^ ; mais nous n'avons pas trouvé un seui fait qui contirmàt Tassertion d'un auteur, que les parfaits avaient la coutume de voyager avec des parités^ ; ceiles-ci n'avaient pas même le droit de manger aune lême table avec les hommes*, et les parfaits évitaient, sui- Kaol le témoignage même des adversaires , comme un des [péchés les plus graves , de toucher h une femme^.
En songeant au genre de vie prescrit aux parfaits^ on concevra sans peine que leur nombre n'a jamais dû être trèsconsidérable , Reinerius Sacchoni assure que de son temps, vers 1240, il y en avait a peine 4000, des deux sexes j dans toute l'Europe^ ^ quand Reinerius écrivit, le nombre , qui avant lui a dû être plus fort 3 avait été réduit par la croisade contre les Albigeois, et par les condamnations prononcées par les inquisiteurs de la France et de l'Italie,
Ils étaient en grande vénération auprès des croyants de la secte , et en général auprès des populations au milieu desquelles ils menaient leur vie simple et austère. Quand ils arrivaient clans un village ou dans un château, chacun s'empressait de les recevoir, de les servir, de leur fournir !es choses nécessaires k Texistence j l'un apportait du pain , des légumes, des poissons, un autre envoyait du vin ou de Targent^ un troisième leur offrait de la toile ou du drap pour
' P* ex. Adélaïde, femmo da che?aUer Aîzieu de Massabrac, Âctei de Vïnquisit. dû Carcassonnê, iâ43; noat, XXIV, fo 203 et suiv.
£/Mii., fû laetsuiv.
3 Hafi&nî inter je feminai, ni dicunt, cotitinentés, viduaSf virgines^ ttxoT^j suas quasdam inter ehctus^ qtiajdam inter ctvihntêâ ; quasi ad for* mam Àposlolùrunif quibm concesia fuit potestas mrcumducmidi mulieres EyerviDUt, 457 ; S» Bemardi Sermo, tî5 et 56' ; 1, 1494, li97»
* F. ei. Actes de VInquUit, de Çarcassmn^i 1943 ; Doai, XXlll, (^ 167.
^ Non tangunî mulicrem nec perniittunî se tangi a mitlier&t Liber Meti* ieni. inqmsiL lotos, ^ iSOi Petr, YaU^ Ceru., SSG.
^ RemeriuB, 1767.
leurs habits ; il y a même des exemples qu'on leur payait des tributs annuels en argent ou en vivres. Les plus riches barons se faisaient un honneur de les servir à table; ils leur donnaient des chevaux , leur fournissaient des escortes aritiëes , faisaient des donations et des tegs en faveur de leur communauté. En temps de danger on les cachait, on les prévenait de rapproche de leurs ennemis , et on js'exposait soi-même pour les conduire en des lieux sûrs. Leurs prédications étaient suivies avec un recueillement qu'on ne remarquait pas toujours dans les églises catholiques; on suivait avec respect leurs conseils ; ils exerçaient une influence , k laquelle les seigneurs comme les gens du peuple n'hésitaient pas à se soumettre^ Le peuple leur attribuait des forces surnaturelles ; il croyait qu'en lisant dans leur livre, ils pouvaient conjurer la foudre et les vents^. Leur bénédiction avait le plus grand prix pour cent auxquels ils l'accordaient; quand un croyant rencontrait un parfait ou venait en sa maison, il lui faisait une révérence profonde , en découvrant la tête et en fléchissant les genoux, et lui disait: «Bon chrétien, bénissez-moi^;» ou bien il l'embrassait, en posant les mains sur ses bras, et en inclinant trois fois la tête sur ses épaulés ; chaque inclinaison était accompagnée des mots : « Bénissesmoi ; )) les femmes saluaient en baissant la tête et en joignant les mains sur la poitrine^. Le parfait, admis au repas d'un fidèle , prononçait l'oraison dominicale ; k chaque service , les assistants demandaient sa bénédiction, et il répondait, comme pour les saints : «Que le Seigneur vous bénisse^.» En entrant dans une maison et en la quittant, il bénissait
1 Actes de Vlnquiêit.j très-souvent ; yoy. aassi iâ {Mirtie historique.
^ Actes de VInquiêit. de Toulouse, i^l^; Doat, XXVj (à îi6.
3 Procès d'Armanno PaogiloTo; chez Maratori, Antiquit. ital,. Y,
* Liber sentent, inquisit, Tolos., 19, 24, etc.
5 Actes de V Inquisit, de Carccusonne, 1244; Doat, XXIII, f» 127 et suiy. II. ^
m CHAPITRE IV,
ceux qui riiabilaienlK La même vénéraliofi était rendue aux. Temmcs paiTaites^ on n'était pas moins jaloux de leur bénédiction que de celle des hommes; elles prononçaient les mêmes formules tors des satuts et des repas; seulement les hommes se bornaient k inctiner devant elles la tête et k croiser les mains^^.
LES CROYANTS. NÉCESSITÉ VU CONSOLAUENTnM PODR HOURIR SAUVE.
Si à cause de la difiiculté d'arriver à la perfection, et de r austérité de la vie qu'il fallait mener après avoir reçu le Comolamenium, le nombre des parfaits a dû être assez restreint, la secte comptait en revanche dans tous les pays de nombreux partisans, qui professaient pour les doctrines fondamentales du catharisme une foi souvent superstitieuse, et pour les Bonshommes une vénération sans bornes. On les appelait les fidèles , les croyants (credentes) de la secte. Sui-vant un document du douzième siècle, il y avait encore un grade inférieur à celui de croyant^ c'était celui d'audUmr; on donnait ce nom à ceux qui recevaient la première instruc* tion dans la religion catfaare, tandis que les croyants étaient ceux chez lesquels cette instruction avait déjà porté ses fruits^. Cette distinction, quoiqu'elle n'ait rien de contraire
' Ibid., ÎXII, fM97.
■^ [bid., 1246 ; XXIV, f" 253 , etc.
3 Emr^Hshœe diverHs distincîa est gradihus; hahet enim alidi tores, qui ad errorem itiitianitir; hahet caEDRPTTO » qui jam decepH sunL L'É* gUse de liège à Lucius II, 1144 ; chez Marténe el Durand^ Amplisê. collection l, 776, Comp- Evervini Epiatola, 455 : Priu$ ptT fnanûs împosiHitnem de numéro eorwn quos additorb» \^oeant, Tecipiunt eum inter crê~ dentâf...