‹ Histoire et doctrine de la secte des cathares ou albigeois (volume 3)Chapitre 4 sur 75 · PARTIE MÉTAPHYSIQUE ET THÉOLO€iaUE · texte numérisé non relu

PARTIE MÉTAPHYSIQUE ET THÉOLO€iaUE

la base de toute religion spirituaiiste, c'est que Dieu doit /T) être la bonté absol ue. 11 est Têtre souyerainement bon ^ il réunit ënTûi toutes les perfections, rimmutabilité, la durée de la puissance, la sainteté et la justice; rien de mauvais ni de passager ne peut subsister en lui, ni provenir de lui. Faisant un pas plus loin, ils ajoutent que les oeuvres dec e Dieu fi^ bon ne peuvent être que parfaites et bonnes comme luimême; elles participent nécessairement de sa nature, elles doivent être pures comme la source d'où elles émanent^ et demeurer avec leur principe dans une union que rien ne saurait troubler ni dissoudre. Cependant, en jetant les yeux s ur le mo nc ie visib le ^ on ne peuts'empêcber, disent les Ca-© itiares, de remarquer son imperfection et sa variabilité 5 la matière est passagère, elle est roccasion ou !a cause de maux et de douleurs sans nombre, elle porte en elle un principe de mort ou plutôt de néant ^ auquel aucune créature ne ^ peut résister. Frappés de ce contraste entre la matière imparfaite et le Dieu parfait^ entre un monde plein de mal et un Dieu qui est la bonté même, entre des êtres qui ne naissent que pour mourir et un Dieu qui est la vie inlinie , ils s'arrêtent a la conclusion gn^j) y a mi^Aï ppatihilitf abmiup ^ entre ce qui est parfait et ce qui ne Test pas^ ce qui est imparfait ne peut pas provenir d'une cause parfaite-, il y a entre ces deux termes difll^cnce d'essence et de nature, le^ Dieu qui est bon et immuable ne peut pas être l'auteur des choses qui sont manvaisas et transitoires^ en un mot^ il ne peut pas avoir créé le monde ^ * Cette conclusion résulte pour eux d'un raisonnement qui leur parait trop logique pour ne pas leur paraître vrai : la pbilosopbie^ disent-ils, pose le ^> principe qu'il doit y avoir analogie entre la cause et ses effets; de la nature de la cause ou doit pouvoir conclure à celle des ^ ,^J^ ^ effets, et de la nature des effets k celle de la cause \ si la cause iA^ ^

Monéta^ SO* Disputaiw inter Catholieum et Paîerinum^ 1700,

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est ïDvaiiable, il faut que les effets le soient aussi ; or, ioutes les créatures visibles sont passagères el vaines , donc elles ne sauraient avoir pour auteur un être d'une nature contraire ^ Si ces créatures proviennent d'un Dieu bon, on ne comprendrait pas pourquoi il ne les aurait pas créées parfaites comme lui ; car, ou bien il a pu les créer parfaites , ou il ne Ta pas pu; sll ne l'a pas pu, il n'est pas tout- puissant, par conséquent il n'est pas parfait lui-même; s'il Ta pu et qu^il ne l'a pas voulu, il a agi par envie, de peur que des créatures parfaites ne devinssent aussi puissantes que lui; or on ne saurait concilier un sentiment pareil avec la bonté suprême^ il est donc impossible que le Dieu bon ait créé le monde ^. D'ailleurs, ajoutent-ils, il arrive ici-bas tant de choses qu'on ne saurait faire remonter k des causes providentielles; a toute heure il se passe des événements qui ne paraissent être que l'effet du hasard, comment pourraiton croire qu'un Dieu bon préside à tant de désordre et de Xponfusîon? Comment croire surtout que tant de créatures qui ne semblent exister que pour le tourment des hommes, depuis le serpent dont la piqûre donne la mort, jusqu'à la mouche dont le bourdonuement nous incommode, proviennent d'uû auteur plein d'amour pour nous'? Comment attribuer a un Dieu pareil l'origine des eaux qui dévastent les champs^ et dans lesquelles périssent tant d'hommes, ou du feu qui consume la demeure du pauvre, et dont se servent les ennemis de la vérité pour exterminer ses disciples*? Comment enfin un Dieu parfait aurait-il pu donner à Fhomme un corps caduc qui l'entraiue au péché, et qui est destiné à mourir après avoir enduré des souffrances de toute espèce? I Mais si les éléments et toutes les choses de ce monde ne tirent pas leur origine d'un Dieu hou, d'où viennent-ils? Sont-ils les produits d'un hasard aveugle, ou eiistent-ils de

1 HonétA, 83 : ÂlAEiiis, s. - ^ Atanui, S. — ^ md., 9. ^ ^ MonéU, 124.

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