LIVRE IV
lie COU lin ucr ses usages, Jsi secle rejetait tous les ordres de Jaliiérarchîej h l'esceplion de répiscopal et du diaconat*, Les évêqnes tenaient le premier rang dans toutes les cérémonies; c'est k eux que revenait, avant les autres ministres, le droit de prêcher, d'imposer les mains j de rompre le pain, de donner les bénédictions , de commencer les prières 5 ils consacraient les ministres inférieurs, donnaient Tabsolution pour les péchés mortels 5 présidaient et dirigeaient les délibérations des parfaits ou de leurs amis et protecteurs, et exerçaient sur ceux-ci une haute et remarquable influence^, A chaque évêqne étaient attachés deux ministres, tenant le second rang après lui ; on les appelait le Fiîsmajeur et le FiU minmr, et leurs fonctions consistaient principalement k visiter les parfaits et les croyants de la circonscription de leur évéque , à remplacer celui-ci dans les prédications ainsi que dans toutes les autres parties de son ministère. Il y avait enfin des diacres et ck et Ik des sous-diacres, préposés aux iocalilés où résidaient des croyants en assez grand nombre pour exiger la présence permanente d'un ministre ; ils tenaient en ces endroits les réunions religieuses ordinaires , entendaient la confession des péchés véniels, et comme ils étaient également des parfaits, ils pouvaient, en cas d'absence de Tévêque et de ses filsj remplir toutes les fonctions de ces prélats supérieurs^*
La nomination d'un évéque se faisait de ta manière sui* vante : Un prélat étant mort, le fils mineur du défunt ordonnait évéque le fils majeur; celui-ci élevait ensuite le flis mineur au rang de iils majeur, et toute rassemblée des parfaits du diocèse choisissait un nouveau fils mineur, auquel le nouvel évéque conférait les ordres. L'ordination était un
^ Mo ne la, t>i3; Ardu de Vlnquù» de Touluuset L t\; ...Uabet {seciu) iûtardotegj habeî H cœteros prtBlaios iicul et nos. L'Église de Liège à Ludûs n, 1144; chez Marténe elBurand.^^m/ifi^f. colkcîk, I, 7T6*
^ Moacla» S7S ; Reinerius, 17bG, — ^ Ibidem.
acte très-simple; elle consistait à poser le Nouveau Testament sur la tête du ministre et les mains sur le volume sacré -, ce n'était pour ainsi dire qu'une nouvelle conflrmation du Consolamentum, Selon Reinerius^ elle formait un de leurs sacrements; cependant nous n'avons rien trouvé sur une vertu particulière et surnaturelle qu'ils lui eussent attribuée et qui fût différente de celle du Consoïamentum ; ils rejetaient l'ordination catholique , précisément parce que l'Église y attachait une signification mystérieuse, dont ils ne croyaient rien trouver dans la Bible ^.
Au treizième siècle le mode de consacrer l'évêque fut changé par les Cathares d'Italie et de France; comme il leur paraissait peu rationnel que Tinférieur instituât le supérieur, il décidèrent qu'avant sa mort l'évêque désignât encore luimême son successeur, en ordonnant évêque son fils majeur; de sorte que dès lors les églises cathares avaient d'ordinaire deux évêques, l'un en activité, l'autre eu expectative^. La secte avait en outre un usage que toutefois elle ne parait avoir pratiqué que dans des cas très-rares ; on raconte qu'elle destinait quelquefois un enfant nouveau-né a Tépiscopat, et qu'à cet effet elle l'adoptait avant qu'il eût goûté le lait maternel, pour le faire élever à part; on ne le nourrissait que de lait animal ou de préférence de lait d'amandes; plus tard on ne lui faisait manger que du poisson ou des aliments végétaux , en ayant soin qu'il ne touchât jamais à des viandes; arrivé à l'âge de la discrétion, on lui imposait les mains, et comme il avait été préservé dès sa naissance de tout contact impur, on le croyait au plus haut degré digne des fonctions épiscopales^. Quelquefois on attendait, avant de l'adopter, que l'enfant eût montré d'heureuses dispositions; on ne le des-
1 Ibid., 1762.
2 Moneta, 313.
3 Reinerius, 1766.
^ Addit à Reinerias, chez GreUer, 39.