‹ Histoire et doctrine de la secte des cathares ou albigeois (volume 3)Chapitre 43 sur 75 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

liûait a remplir un jour le miiiîisLùro , qu'a 1 âge de douze ou de quatorze ans j après Tavoir initié alors, on l'envoyait a quelque université pour y faire des études littéraires et philosophiques, et s'il répondait aux attentes de la secte , elle lui confiait ia dignité d'évêque, qui n'était pas moins recherchée dans rÉglise cathare que daos TÉglise orthodoxe*.

Les ministres cathares formaient ensemble un ordre particulier, un clergé analogue au clergé cathohque, quant aux liens qui en reliaient entre eux les membres^, L'Église était divisée en évéches , correspondant d'ordinaire aux diocèses catholiques ; les villes, les bourgs , les châteaux compris dans la circonscription du diocèse formaient des diaconats 3 cette organisation était faite avec beaucoup de soin; des documents authentiques fixaient la délimitation des diocèses; si entre deux évêques limitrophes Tun de Taulre, il s'élevait des conflits au sujet de la juridiction respective, la question était jugée par des synodes composés des ministres et des parfaits; ces mêmes assemblées délibéraient en outre sur toutes les questions qui avaient un intérêt général pour la secte.

Depuis la fin du treizième siècle, lorsqn'en France et en Italie l'inquisition eut réussi k disperser la plupart des communautés cathares, la secte continuait encore, avec une persévérance remarquable, à nommer des évêques pour ses anciens diocèses , comme aux jours de sa plus grande liberté- Il n'y a que les diaconats qui peu a peu disparurent; on ne rencontre plus que rarement des parfaits remplissant les fonctions de diacres^ ^ mais à leur place paraissent des chefs

J p. eï* Arçh* de VInq. d&Carcaj$mnet 1t4:>; Doal» XXU, f^ SS et suîv.

2 ErmengaHdwâ, 936, place les Otdinati ao-dessus des parfaib, Dans tes actci de rînqaisUioii il Bât rrétjQemmenl iiuestioii de récepliOD ad ordinem suum.

3 Nous n'avons trouvé tju une seule fois un dtfaconu:i majov dans les aûles de rinquîsilîan publi^^s par Limborcb, Lihr sentent, inquis* Toins, , 14, année Iu0£f,

appelés anciem, anciani; c'étaient sans doute des parfaits auxquels leur âge, joint à leur expérience et à leur fidélité au milieu des persécutions, donnait une autorité que leurs frères n'hésitaient pas k reconnaître-, sans avoir reçu peutêtre une ordination spéciale , et semblables aux anciens dans les Églises chrétiennes primitives , ils exerçaient toutes les fonctions du ministère, s'efforçant par tous les moyens de sauver de la ruine les derniers restes de TÉglise cathare^

Une question beaucoup plus difficile k résoudre, est celle de savoir si cette Église a eu un chef suprême, un pape. C'est Ik peut-être le point le plus obscur dans toute cette histoire. Les témoignages ne sont ni assez précis, ni assez unanimes, pour qu'on ne soit pas obligé d'y suppléer par des conjectures. Les deux passages qui paraissent être les plus explicites, sont l'un du moine allemand Eckbert, au douzième siècle, l'autre de l'inquisiteur français Etienne deBelleville, qui vécut cent ans plus tard. Le premier, après avoir dit que Manèsse choisit, k l'exemple de Jésus-Christ, douze disciples , ajoute que les Manichéens du douzième siècle , c'estk-dire selon lui les Cathares, observent la même coutume, qu'ils ont un chef suprême et un conseil de douze maîtres, que ceux-ci ordonnent soixante- douze évêques, lesquels k leur tour ordonnent les prêtres et les diacres, et que tous ces ministres sont appelés les élus de la secte. Etienne de Belleville dit en substance la même chose en des termes semblables. Une raison qui permet de douter de la vérité de ces assertions, c'est que les passages d'Eckbert et d'Etienne sont copiés presque mot k mot de saint Augustin 2. Aussi

< îbid., o7, 68, 82, etc. Ed Italie le nom d'Ànciani désignait çà et Là les magistrats des viUes; voy. Dacange, I, 246 et 301.

2 Eckbertus, 899; Steph. de BeUavillà, 20. Saint Augustin, De hœres,^

cap. 46; t. IX, 13. Eckbert dit: ,..quem numerum,., et hodibrna nis 06-

servant; Etienne : quod adhuc tenent JUaniehœi; mais ces assertions

eUes-mémes ne sont qu'une répétition des mots de saint Augustin qui dit :

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