SUR LES NOMS DE QUELQUES BRANCHES DE LA SECTE
plète est Gospodine pomilui, Seigneur, aie pitié), a pu croire qu'elle était l'origine de Bogomil. Aujourd'hui il est certain que ce mot signifie ami de Dieu -j plusieurs sectes hérétiques du moyen ftge , entre autres les Cathares occidentaux eux-mêmes , aimaient à se donner ce nom.
Les Albanenses. Reinerius (p. 1761) donne ce nom aux dualistes absolus; ils l'ont aussi dans la .loi de Frédéric II, rendue, en 1224^ contre les hérétiques (Mansi, XXIIÏ , 586). On pourrait rattacher ce nom k la ville d'Albano , en Italie ; mais rien ne prouve qu'il y ait jamais eu en cette ville des Cathares, tandis qu'encore au quatorzième siècle ils remplissaient toute la province de l'Albanie (Farlati, IV, 382).
Les Concorezenset. Les dualistes mitigés sont appelés par Reinerius Concorrezenses , hi de Concorrezio. Il y a beaucoup de variantes de ce nom : Concorrenset (Reinerius, /. c, Carracenses, Garatenses (loi de Frédéric H, l. c); Corezium (Vigifier, p. 268) j Ji de Correrio, Correrii (Guido de Perpignan , f° 75** ] c'est une faute sans doute pour Ji de Corezio) . Nous ne connaissons en Italie aucun endroit qui eût pu donner lieu à ce nom , à moins que ce ne soit Corregio , dans le duché de Modène ; mais il nous sembla plus rationnel de préférer une étymologie qui nous ramène sur l'autre bord de l'Adriatique. Or, dès le dixième siècle il y avait en Dalmatie une ville florissante, nommée Corizé, Goriza ou Goricia. Dès 978 on trouve Goriea ou Goriza (Schaffarik, II, 344); dans une charte de 1001, on lit : .,, villa j quœ slavonieà linguà t;ocarur Gorizia (De Rubeis, Jfonumenta, etc., p. 489); en 1078 le nom est écrit Corize (Schaffarik, II, 298). C'est aujourd'hui Gœrtz ou Goricie. On dira peut-être que dans ce nom manque la syllabe préfixe con^ qui parait dans la forme employée par Reinerius ; mais la même difficulté se présenterait si l'on voulait faire dériver ce nom de Correggio. D'ailleurs, il y a des variantes qui n'ont pas cette ' préfixe.
Si l'on nous observe que Reinerius, qui a énuméré les principales Églises cathares slaves, italiennes et françaises, ne dit rien d'une Église de Corize ni d'une d'Albanie, nous pouvons répondre qu'il y a aussi d'autres Églises importantes qu'il n'a pas mentionnées. Du reste , nous ne faisons ici qu'une conjecture ; nous ne nous y arrêtons qu'à défaut d'une explication plus satisfaisante des noms de deux branches. Monéta ne se sert d'aucun de ces deux noms ; en outre ils paraissent avoir été inconnus en France.
Les Bagnolenses. Une branche des dualistes mitigés , se rattachant à l'ordre d'Esclavonie, était appelée la secte de Bagnolo. Reinerius (p. 1761) les appelle Bagnolenses; Yignier (p. 268) parle de Bagnolo; d'après une variante de Reinerius, il faudrait lire Bc^olenses; dans la loi de Frédéric II, l. c, on trouve Bagnaroli; et chez Guido de Perpin., f» 76* : Ji de Ba-
KOTE NEUVIÈME.
ftito. n j à en Italie plosieurs endrolls du nom de Bagnolo ^ un dans h Milanais^ un autre dans le royaume de Naples, a la ^urce du Gâlore. Il est I supposer qu'il s'agit de la petite TiUe lombarde.
NOTE HUrrîÊME,
HOMt» QUI DÂV» LA BAUTB-ITALIC RAPPELLENT LA PRÉSETTCB DES 117L-