‹ Histoire et doctrine de la secte des cathares ou albigeois (volume 3)Chapitre 7 sur 75 · CHUTE DES AMES CÉLESTES · texte numérisé non relu

CHUTE DES AMES CÉLESTES

pendant ces habitanls ont été accessibles au mal et sont tombés ; les Cathares , ne pouvant en attribuer la faute au libre arbitre , l'attribuent k la séduction du démon , sans s'apercevoir qu'au lieu de résoudre le problème, ils en reculent plutôt la solution ; le séducteur a beau Taire aussi longtemps que celui qu'il veut séduire n'y consent pas ; ce consentement est un acte et une preuve de la volonté libre : par conséquent la négation de la volonté et de la possibilité du choix doit être insuffisante pour lever les difficultés du problème. Ils disent, il est vrai , pour échapper k la contradiction , que le démon n'a séduit les âmes célestes qu'en prenant lui-même la forme d'un ange; il n'a pu les entraîner qu'en donnant au mali'apparence du bien , et elles ne s'aperçurent de sa fraude et de leur erreur, que lorsqir'elles se trouvèrent ses esclaves ; mais cela n'avance guère l'éclaircissement de la question ; car il reste toujours k expliquer comment des êtres parfaits, des esprits purs ont pu se laisser tromper par l'ennemi de tout bien , et surtout comment le Dieu bon lui-même n'a eu ni assez de perspicacité pour reconnaître son adversaire sous le masque , ni assez de puissance pour l'empêcher d'exécuter ses projets. Le consentement donné par Dieu ne suffirait-il pas pour prouver jusqu'k l'évidence la liberté des âmes célestes? Quoi qu'il en soit , pour l es dual istes absolus parmi les Cathares , les âmes des hommes sont ces âmes célestes , engagées par le Dieu mauvais k le suivre sur la terre , et enfermées par lui dans des corps ^ Le Dieu bon ne s'opposa pas k cette tentative faite pour les lui ravir ; comme elles avaient péché dans leur nature spirituelle , il permit qu'elles fussent enchaînées dans la nature corporelle, pour y subir le châtiment dû k leur faute, et pour y faire la pénitence qui doit les rendre de nouveau dignes du ciel^; nous le répétons,

• Eckberlus» 899, 927; Pelr. Vall. Cern.. 556; Moneta, 4; Disputatio, 1720; Actes de V Inquisition de Carcassonne , 1505; Doal, XXXI V, fo 98. — 2 Alana», 26.

38 CHAPITRE iV.

cela renverse le dogme cathare de la négation du libre arbitre.

Cette doctrine sur la natore des âmes est analogue a celle d'Origèiie sur leur préexistence et sur leur emprisonnemeut dans des corps pour y expier leurs péchés auLérieurs'. Il résulte de cette manière d'envisager Torigine du genre humain, quil y a deux natnres dans l'homme, Tune bonne, qui est Tesprit et qui le rattache au Dieu bon ; Tautre mauvaise j qui est le corps par lequel il appartient au Dieu mauvais^. Il en résulte en outre que , parce que les âmes vinrent toutes à la fois sur la terre , il n'y a pas eu ^ comme l'enseigne la Genèse, un seul premier homme, et que, le Dieu bon demeurant étranger a ce qui concerne le monde de son antagoniste, il n'y a pas pour la terre de nouvelle création d'âmes , comme c'était la doctrine de TÉglise, mais que les âmes d'aujourd'hui sont toujours encore du nombre de celles qui primitivement ont suivi Lucifer sur la terre^. Les Cathares croyaient de plus que le mauvaisDieu avait également créé quelques âmes, ou plutôt qu'il avait logé dans des corps quelques-uns de ces démons*; ce sont les âmes des tyrans, des scélérats ^ des ennemis irréconciliables de Dieu et de son Église

CH^PJT&Ë IV,

m&TOOR usa AMK9 AU C££I-

On vient de voir que Tâme de l'homme est d'origine céleste \ elle est étrangère par sa nature au monde matériel , elle est destinée pour un autre monde, elle n'a pas été créée

1 DeprincipiiMf Ub, III» cap. 5; p* 311.

' IoqoccdUus m» Comment init Psaîmum p<j^nitent ;in opp.f f" Hti», 3 ÀlanuS) 'ii: Dispuiatîor IIW. Le peuple cathare dïs3iii :Qvad nmltutn

haberet Uetu facere, si coiidie erearei noms Mpiritm. Àûiffs de t'inquisif.

de ToulQUse, t>oal, XXV, f» 45* ^ Bon 8c tirons, aâdii. in MuceîL Baluz., 5S1.

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