‹ Histoire et doctrine de la secte des Cathares ou Albigeois (volume 4)Chapitre 23 sur 29 · Unam tantùm mulierciilam. Ib · texte numérisé non relu

Unam tantùm mulierciilam. Ib

croyait avoir des raisons pour redouter leur influence. Quand on les eut découverts , le roi Henri II convoqua à Oxford une assemblée d'évêques pour les examiner. Ils ne cachèrent point leurs doctrines ; Gérard , qui était un homme lettré , prit la défense de leur foi; il combattit les arguments des évêques , et à leurs menaces il opposa la parole de Jésus- Christ : « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice , car le royaume des cieux est à eux » (Matth. V, 10). Il fut condamné ainsi que ses disciples ; le roi ordonna de les flétrir « de la marque de l'infamie hérétique , » en leur faisant imprimer au front une clef rougie au feu ; après cela ils furent chassés de la ville a coups de verges 5 ils traversèrent les rues, leur maître a la tête, en chantant à haute voix ces paroles du Seigneur : «Vous serez heureux lorsqu'à cause de moi on vous dira des injures, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement contre vous toute sorte de mal ; réjouissez-vous alors et tressaillez de joie, parce que votre récompense sera grande dans les cieux » (Matth. V, 11 , 12). Le roi publia la défense sévère de ne les recevoir nulle part 5 repoussés de toutes les portes , errant au milieu de l'hiver dans un pays étranger, ces malheureux périrent misérablement4. L'historien ajoute que la femme qu'ils avaient convertie revint a l'Église. Cependant des germes de leur hérésie restèrent dans le pays 5 après la mort de Henri II on rencontra dans l'archevêché d'York des hommes enseignant des doctrines erronées, et gagnant le peuple parla simplicité et la douceur de leurs mœurs ; l'archidiacre de Bath, Pierre de Blois, en informa l'archevêque d'York, et l'engagea à déployer tout son zèle contre ces dangereux hérétiques : «Réunissez le

1 Guil. Neubrig., 157 et suiv. ; Rad. Coggeshale , 92; Rad. de Diceto, Imagines historiarum, chez Rouquet, XIII, 187 ; ce dernier chroniqueur place le fait en 1166. Le passage de Guil. Neubrig. est reproduit dans la chronique de son contemporain Jean Rromtom , chez Twysden , Historiée angl. Scriptores decem , Lond., 1652, in-fol., t. 1 , 11 50.

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