I.ES ARHOI.D19TE8 , LES PASAGIEHS, ETC
Les Arnoldisles. C’est ainsi qu’on appela les disciples d'Arnauld de Brescia , qui , après la mort du maître , restèrent fidèles à sa doctrine et continuèrent de la répandre principalement dans la Haute-Italie. Ils sont nommés et condamnés [tour la première fois par le pape Lucius III , au concile de Vérone, en 1184 (Mansi, XXII, 476). Peu de temps après, Bonacursus les mentionne dans le discours que, vers 1190, il adressa au peuple de Milan, pour le détourner des Cathares; la seule doctrine qu’il leur attribue , et qui est assez d’accord avec les tendances pratiques d’Arnauld, est d’avoir enseigné pro malitiù clericorum sacramentel Ecclesice esse vitanda (D’Achéry, I, 214). Prateolus (p. 66) et quelques autres écrivains du même genre accusent les Arnoldisles de certaines erreurs dogmatiques et scolastiques, dont l’histoire ne sait rien. S’il est trèsprobable que vers 1190, trente ans après la mort d’Arnauld, il y a eu encore des adversaires de la hiérarchie , portant le nom du réformateur de Brescia , il est assez douteux qu’une pareille secte ait continué h subsister plus tard , quoique le nom d’ Arnoldisles reparaisse encore plusieurs fois dans la suite, notamment dans la loi rendue, en 1221, par Frédéric II (Mansi, XXIII, 586). Comme à cette dernière époque il n’y a plus aucune trace positive de l’existence d’une secte amoldiste , on peut admettre que l'empereur a pris ce nom , comme plusieurs autres , dans le décret de Lucius III, afin de condamner tous les partis hérétiques sans exception. De la loi de Frédéric H , le nom passa dans les bulles de quelques papes , ainsi que dans les ouvrages de quelques auteurs qui ont écrit ou prêché contre les sectes ; il se trouve par exemple chez Étienne de Belleville (p. 86), chez Berthold (p. 302, Arnolder) , dans deux manuscrits d’Yvo-
netus conservés a la Bibliothèque de Strasbourg. On a cm pouvoir conclure de Berthold qu’il y a eu des Arnoldistes en Allemagne encore dans la seconde moitié du treizième siècle ; mais , nous le répétons , ce nome bavarois ne parait avoir connu ce nom, ainsi que plusieurs autres, q«* par la loi de Frédéric 11. Dans l’un des deux manuscrits mentionnés, le nom est écrit Arnostuse , dans l’autre Arnostuste, preuve évidente quW secte $ Arnoldistes était inconnue sur les bords du Rhin ; autrement 1rs copistes n’auraient certainement pas substitué h ce dernier nom des formes qui n’ont pas de sens. La secte disparut probablement comme telle dès le commencement du treizième siècle ; les disciples d’Arnauld se per&rrsi parmi les catholiques ou se confondirent avec les Vaudois , mais les germe* d’opposition et de réforme continuèrent h couver secrètement dans le pays; il n’est pas impossible que les rapides progrès de Ségarelli et de Delai» doivent être attribués à des souvenirs des principes arnoldistes.
Les Pasagiens . On sait très - peu sur cette secte. Elle est mentionné pour la première fois par le concile de Vérone, en 1184: P assagi* (Mansi, XXII, 477). Bonacursus (p. 212), qui les nomme Pasagii , prêtai qu’ils ont enseigné : quôd Mosaica lex sit ad litteram observanda , et quôd Sabbatum et circumcisio et aliœ legales observantiœ adhuc habert statnm debeant ; quôd Pater et Filius et Spiritus sanctus , ist<r tm personœ non sint unur Deus et una substantia... ; omnes Ecclesiœ <kxtores et universaliter totam Ecclesiam romanam judicant et condamnant. Suivant G. de Bergame, qui écrivit vers 1230 ( Specimen opuscuU contra Catharos et Pasagios, chez Muratori, Antiquitt. ital. médit *ri V, 152), ils disaient Christum esse primam et pttram creaturam, et veha Testamentum esse observandum in solennibus et in circumcisione et t* ciborum perceptions et in aliis fere omnibus, exceptis sacri fictis. La loi de Frédéric II, 1224 (Mansi, XXIII, 586) les appelle aussi Circumcw Luc de Tuy (p. 159) parait faire allusion à ces sectaires, en parlant d’hérétiques qui circumciduntur et sub specie Judœorum quasi gratià disp * tandi ad Christianos veniunt et hœreticas quœstiones proponunt. IL paraissent avoir subsisté jusque dans la seconde moitié du treizième siècle. Gément IV, en 1267, et Grégoire X, en 1274, ordonnent aux inquisiteurs de traiter comme hérétiques quamplurimos christianos qui ... se aà ritum judaicum . .. transtulerunt (Ripoll, I, 489, 517).
Füslin (I, 46) et Ilurter (II, 223, note 367) prétendent que le nom de Pasagiens est un nom particulier des Cathares : c’est une erreur, les Cathares rejetaient de la manière la plus absolue la loi de Moïse, tandis que les Pasagiens voulaient la conserver. Ducange (V, 120) explique ce nom par wxffctYto;, très-saint} nous croyons plutôt avec Füslin (I, 46) et Jas (p.30