‹ Histoire et doctrine de la secte des Cathares ou AlbigeoisChapitre 45 sur 113 · SYSTÈME MODIFIÉ PAR JEAN DE LUGIO. OO · texte numérisé non relu

SYSTÈME MODIFIÉ PAR JEAN DE LUGIO. OO

qu’il en soit, Jean de Lugio conclut de cette invasion du mal dans le domaine du Dieu bon , que les âmes célestes sont sans liberté; il nie cette liberté jusque dans Dieu luimême , car, dit-il , ce Dieu n’a pas pu accomplir ses propres volontés, â cause de la résistance de son ennemi. Par un effet de la malice communiquée par ce dernier aux âmes célestes, deux d’entre elles se laissèrent séduire un jour au péché; c’est Adam et Ève; leur faute est le péché originel, et bientôt tout le peuple du ciel se mit à suivre leur exemple funeste. Tout ce qui est raconté dans l’Ancien Testament des péchés et des malheurs du peuple juif, Jean de Lugio l’entend du peuple du ciel; il s’éloigne sous ce rapport du système général de la secte , dans un de ses points les plus importants : il ne considère pas l’Ancien Testament comme l’œuvre et le témoignage du mauvais Dieu; il l’admet, mais il ne l’admet qu'allégoriquement , comme récit de ce qui s’est passé dans le monde céleste. Adam et Ève furent chassés, pour leur châtiment, du paradis, c’est-à-dire du domaine du Dieu bon, et relégués dans le monde mauvais, c’est-à-dire sur la terre , qui est aussi pour Jean de Lugio l’enfer, le lieu de la pénitence. Les autres âmes célestes, après avoir péché, quittèrent successivement les corps dont elles étaient revêtues, elles moururent et descendirent dans l’enfer terrestre; là elles passent de corps en corps, jusqu’à la fin de leur expiation. Cette expiation s’accomplit par la foi en Jésus-Christ, dans lequel la possibilité originelle de pécher était vaincue par le bien, de telle sorte qu’elle ne s'est pas traduite en actes , et qui , après avoir vécu et souffert dans le monde supérieur, est descendu aux enfers pour prêcher le salut aux damnés, c’est-à-dire aux hommes vivant sur la terre. Cette doctrine de la vie, de la passion et de la mort de Jésus-Christ dans le ciel , que nous avons déjà remarquée cher, quelques Cathares albigeois, nous avouons que nous ne la comprenons guère Pour qui a-t-il dû mou-

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