‹ Histoire et doctrines économiques de l'Angleterre [microform]Chapitre 77 sur 114 · IX · texte numérisé non relu

IX

Section LUI — L’assistance des pauvres par le clergé

de Paroisse.

L’histoire du soula-çement de la misère au Moyeu Age et de l’origine de la législation d Llisabeth au sujet des pauvres est étroitement liee a plus d une question brûlante de notre époque. Un groupe d’écrivains a coutume d’expliquer la nécessité qu’on ressentait au xvi® siècle d’une organisation de l’assistance, par lesebangements religieux de cette période ; un autre groupe le fait parles changements économiques. Pour les premiers la législation des pauvres en Angleterre est la condamnation permanente de la Réforme (1); pour les derniers, elle est un des signes de la situation misérable du peuple, situation qu’ils attribuent aux méthodes modernes de production (2). Les écrivains de toutes les écoles, à peu près sans exception, ont parlé de ce fait comme s’il était uni- (jue dans l’bistoire de l’Europe. Nous verrons, dans le cours de ce chapitre, jusqu’à quel point ces manières de voir sont justifiées.

Avant d’exprimer une opinion quelconque sur le caractère de la pauvreté au Moyen Age et sur l’eflicacité des movens dont on se servait pour y remédier, il con-

(1) « Non s avons ici la grande, prépondérante, écrasante, lior

rible, éternelle conséquence de la « Réforme »; c’est-à-dire le paupérisme établi par la loi ». Cobbett, licfonH., I, § 322.

Cobbett a été suivi par Ratzinger et Dollinger.

(2) Voyez Hyndinan, Historical Basisof Sociatwn, ch. 2.

l’assistance paroissiale des pauvres oO

aura vécu, puisqu’il a retenu pour son propre usage les

biens que Dieu a destinés aux pauvres (1) ».

On dit qu’en Angleterre une division triparti te de a

dîme faisait partie des instructions que le pape Gregoi^re donna à saint Augustin (2), et ce fut, au moins, ce qui fut prescrit parles conciles ecclésiastiques (3) qui eurent heu dans la suite et leur décision fut confirmée par une oi d'Ethelred au commencement du xi® siècle (4). La loi d’Ethelred ne faisait que répéter ce qu’avaient dit les canons : « Le roi et son Witan ont décrété et dit, comme il est de droit, qu’un tiers de la dîme qui revient a Eglise sera employée à la réparation de l’église, une seconde portion aux serviteurs de Dieu et une troisième enfin au>

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CHAP. V. — L ASSISTANCE DES PAUVRES

viendra de passer en revue les diverses institutions qui s'y rapportent. Un certain nombre de conclusions découleront d’elles-mèmes de cet examen.

Dans l’Eglise chrétienne des premiers siècles, le principal but, et pendant longtemps le seul but, des collectes laites parmi les fidèles par les fonctionnaires de l’Eglise était le soulagement des membres pauvres ; et la théorie ecclésiastique durant tout le Moyen Age regardait cette obligation comme la première de celles qui incombaient aux administrateurs des biens de l’Eglise (1). Au vi® siècle, grâce surtout à l’influence et à l’exemple de Grégoire le Grand, l’usage s’introduisit de faire quatre parts des revenus de l’Eglise, l’une pour l’évêque, une autre pour le reste du clergé, une troisième pour l’entretien de l’Eglise, et la dernière pour les pauvres (2). Lorsqu’au viii® siècle, le paiement de la dîme devint à peu près généralement obligatoire, on appliqua à la dîme la même division quadripartite, et, comme elle était la plus générale, la plus grande et la plus régulière des sources de revenus, la charge de jiourvoir au soulagement des pauvres fut bientôt regardée comme spécialement attachée à cette branche de revenus de l’Eglise. Les canons qui exigent le paiement de la dîme et la législation séculière qui les tait exécuter, déclarent invariablement que l’assistance des pauvres est une des principales raisons de cette exigence, et un grand nombre de Pères de l’Eglise se placèrent sur ce terrain pour justilier cette obligation. L’un d’eux, par exemple, écrit qu’un « homme qui ne paie pas la dîme devra répondre devant le Tribunal de l’Eternel Juge de la mort de tous les pauvres qui seront morts de faim dans la localité où il

(1) Sur la dîme, voyez Hatch, Growtk of Church Institutions 102 et SS.

(2) Kerable, Saxons in England, II, 479, note.

(3) Ibid., 304, 503.

(4) Ibid., 303. . ,

(3) Bingham, livre IX, 8, § fi ; Hatch, op. cit. ol et ss.

(6) Hatch^ 54-86.

(1) Sur ce sujet en général, voyez Uhlhorn, Christian Charitij in the Early Church.

(2) lind., 277 ; cf. Bingham, Anliquities of the Christian Church, livre V, chap. 6, § 3.

352 ciiAP. V. — l’assistance des pauvres

de 1 œuvre de la charité une charge paroissiale (1).

Les législateurs anglais suivirent l’exemple du continent. Une ordonnance attiibuée à Eghert, archevêque d”\ ork au vin° siècle, s’exprime ainsi : « Les prêtres doivent recevoir la dime du peuple, établir une liste des noms de ceux qui la paient et, conformément à l’autorité des canons, ils doivent la partager en présence d’hommes ayant la crainte de Dieu. Ils doivent prendre la première part pour l’embellissement de l’Eglise ; mais, quant à la seconde, ils doivent, en toute humilité, gracieusement la distribuer de leurs propres mains pour lusage des pauvres et des étrangers ; les prêtres peuvent cependant réserver pour eux-mêmes la troisième part (2) ». Cette règle est littéralement empruntée à un capitulaire de Charlemagne de l’année 801 (3). Cela fut répété dans la suite en Angleterre, à peu près dans les mêmes termes, par les canons d’Ælfric en 960,

Sur le continent, le système paroissial, si même il a jamais été véritablement organisé, disparut bientôt; et l’assistance des pauvres, lorsqu'elle fut tentée, devint l’œuvre des monastères, des hôpitaux, des gildes et de la charité privée, un ensemble bigarré d’agences de bien- ' laisance sans aucune sorte de coopération mutuelle et sans aucun contrôle efllcace au sujet de ceux qui recevaient la charité. Les vieilles règles relatives à l’emploi de la dime étaient déjà, dès le xii® siècle, dans beaucoup de localités, — comme nous l’appelons d’un contemporain, — non seulement peu observées, mais même à peu près oubliées (4).

L’assistance des pauvres suivit, à ce qu’il semble, en Angleterre, une marche exactement parallèle (5). Les

(1) Matzinger, 201.

(2) Kenible, II, OOi.

(R) Halzinger, 26C.

(4) Kemble, H, 470, note.

(5) 11 ne saurait guère y avoir de doute sur ce point en

L'ASSISTANCE PAROISSIALE DES PAUVRES

àOÔ

plus riches bénéfices ou leurs dîmes tombèrent généralement entre les mains de non résidents — de dignitaires de l’Eglise, de corps monastiques, ou de corps constitués, ou d’étrangers, qui auraient à peine été capables, même s’ils y avaient été disposés, d’apporter dans la distribution des aumônes cette diligence |)ersonnelle que comportait le système paroissial. Les dispositions des statuts et des canons, d’après lesquelles il y avait toujours une portion de la dime spécialement employée au soulagement des pauvres (l), bien qu'elles témoignent de la survivance dans l’esprit des législateurs de l’idée de responsabilité paroissiale et qu'elles apparaissent comme un souvenir du but primitif de la dime, indiquent plutôt la disparition d’une pratique que sa continuation. Ce n est là qu’une preuve négative, nwiis elle est pleinement concluante. Il est hors de doute que çà et là les dignitaires de l’Eglise et les communautés dépensaient des sommes considérables pour les pauvres des paroisses d’où ils tiraient la dime ; mais quand il en était ainsi, cela était regardé comme émanant de leur propre charité plutôt que comme une matière d’obligation imposée par l’opinion publique ou par la discipline ecclésiastique. En

dépit des assertions gratuites de Ratzinger (422) en sens contraire.

(1) a Danschaque licence qui sera donnée désormais en Chancellerie au sujet de n’importe quelle église paroissiale, il sera expressément réserve... que le Diocésain... disposera... qu une somme suflisaute provenant des fruits et prolits desdites églises sera payée et distribuée chaque année aux pauvres paroissiens desdites églises pour les aider à vivre et à subsister », IS, Richard II, c. 0; Stat., II, 80. Ce statut fui confirmé par le statut 4, Henri IV, G 12, (8taC, 11, 137), avec celte disposition additionnelle, (ju un prêtre serait institué vicaire perpétuel dans toutes ces églises <• pour y célébrer le service divin et pour instruire le peuple, ainsi que pour y exercer l’hospitalité ». Une ordonnance visant au même but que ce statut avait été promulguée par l’Archevêque Stratford en 1342; Stubbs, Const. C47.

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l'assistance paroissiale des pauvres

l’assistance des pauvres

nous pouvons retrouver la trace du développement graduel au XV® siècle d’un petit capital, désigné sous le nom de fonds ou réserve de l’Eglise, — c’était là un fonds administré par les marguilliers, qui le prêtaient, moyennant des garanties, à des personnes solvables, à un taux élevé et dont le produit allait, en partie, aux réparations de l’Eglise et, en partie, aux pauvres de la paroisse (1).

fonds consistait quelquefois en bétail, forme sous laquelle son emploi ne donnait plus lieu à des contestations, comme pouvaient le faire les prêts que l'on consentait, vu les préjugés populaires à l’égard de l'usure. « Il y avait, dit un des réformateurs anglais, dans quelques villes (c'est-à-dire hameaux ou villages) six, huit et quelquefois une douzaine de vaches, constituant le fonds des pauvres et elles servaient à fournir aux pauvres gens du lait à bon marché avec lequel ils se nourrissaient ; et alors, quand on avait sorti le capital, tout ce qui restait (c’est-à-dire le bénélice sur le lait, les jeunes veaux et le vieux bétail engraissé) était employé en secours pour tes pauvres (2). » Quand il n’y avait pas un capital permanent, ces deux mêmes buts, savoir, l’entretien de l’Eglise et le soulagement des pauvres, étaient souvent atteints au moyen des (hibarets d’Eglise, à la Pentecôte — réunions ioveuses oui se tenaient le plus sou-

üutre, quelque mauvaise opinion que nous puissions avoir des changements ecclésiastiques du xvi® siècle, il nous est diflîcile de supposer que, s’il avait été d’usage général d'employer au soulagement de la misère une portion considérable de la dime, il aurait pu être permis de passer outre lorsque les dimes sécularisées eurent

passé entre des mains séculières.

Il n’est pas probable que le clergé paroissial ordinaire distribuât en aumônes une part quelconque de ses revenus. c( Le pauvre curé d'une ville » (c’est-à-dire d’une circonscription urbaine), de Chaucer, est dépeint d’une façon fort claire comme étant une exception, dans les vers suivants :

It tui répugnait de maudire au sujet de ses dîmes 11 aimait mieux céder à ses pauvres paroissiens Ce qui lui revenait de leurs offrandes Et vivre de ses propres ressources :

Car il savait se contenter de peu (1).

11 est vrai que l’auteur de Fiers Ploivman nous dépeint le clergé comme étant si pauvre depuis la Peste Noire qu’il ne lui était guère possible de donner.

Les curés et les prêtres de paroisse se plaignent à leurs évêques De la pauvreté de leur paroisse à la suite de la peste;

Et ils demandent la permission de demeurer à Londres

Afin d’y gagner de l’argent dans leurs fonctions, car l’argent est

[doux (2).

Cette opinion est confirmée par la circonstance que l’assistance paroissiale, telle que nous la trouvons au Moyen Age, n’était pas, en général, alimentée par la dime, mais par d’autres sources. En bien des endroits,

(1) Voyez le Invcidonj of Chiirch Goods, S. licncdicrs, Xorivich, (sixième année du règne d’Edouard VI), publié parle Itév. J. Dombrain dans East An(jlia)i, IV (1871), .‘17.

(2) Lever. Sermon before the King, loîiO, dans la réimpression de Arber, 82.

(3) Brand. Eopular Anliqiiiiies, 1, 231, emprunte à Aubrey une citation des Miscellanies pour le Wiltsliire (17 li) : « Il n’y avait pas de portions pour les pauvres du temps de mon grand-père ; mais à Saint-Micbel de Kingston (paroisse assez importante), le cabaret ecclésiastique de la Pentecôte subvenait à tout cela. Dans cliaque paroisse il y a (ou il y avait) une Taverne d’église {Chnrch Home) à laquelle appartenaient des broches, des plats, etc., et des ustensiles pour la préparation des aliments ».

{\) ('anterburn Taies, Prologue, II, 488-492. Cf. l’attaque dirigée contre les prêtres de paroisse dans le traité de AViclefî, The <fffices uf Curâtes, dans les Englisli Works of Wgclif (Société des anciens textes anglais).

(2) Passas I, 8U-83.

l’assistance paroissiale des pauvres

curer de l’argent dans l’intérêt de la paroisse étaient une création spontanée du xv® siècle dans le peuple luimême, et ils montraient que la législation des Tudors, qui rétablit dans sa forme primitive la comptabilité paroissiale, reposait, dans une grande partie du pays, sur une base de coutumes et de sentiments qui avaient mis longtemps à parv^enir à leur entier développement. Nous V reviendrons quand nous traiterons des gildes de village.

L’œuvre que le de voulait pas accomplir, été accomplie dans quelq tères dans les premiers soulagement de la misère avait ete une

ritables par lesquelles 1 tiques, — comme saint b rançois

temps (1), — s’étaient plus par et par lesquelles ils avaient le plus rapidement gagné la sympathie et le respect du peuple. La charité apparaissait comme une obligation dans les règlements de chacun des ordres monastiques ; dans le plus ancien et le plus grand, celui des Bénédictins, il était établi qu’un dixième du revenu de la Communauté devait touiours être dépensé pour les pauvres (2). Dans chaque

avait, jusqu a un certain pomi, ues districts par les monassiècles de leur existence. Le ■ ' ' i des œuvres cha-

es fondateurs des ordres inonas-

daus les derniers

ticulièrement sentis attires

faisaient mettre des gâteaux et de la mere ; tous ceux tenaient à encourager le but de cette institution donne quelques pence par tête pour eux et leur famille... Cet ar une fois qu’on avait payé les gâteaux et la bière, était emj aux réparations de l’église et au soulagement des pauvies »

(1) M. Oliphant, S. Francis, 140-1'»:}.

(2) Ratzinger, :}08.

■>“)8 CHAP. V. — l’assistance des pauvres

monastère, il y avait un membre spécialement ilésigné (|ue l’on appelait portarius (1) ou eleemosynariiis (2) (aumônier), charg-6 de distribuer chaque jour les aumônes en nature ou en argent à ceux qui venaient demander assistance; et, aux |)lus beaux jours de l’bistoire monastique, l’aumônier avait coutume de visiter, dans leurs propres demeures, les malheureux (jui demeuraient hors du couvent dans la campagne (3). La conclusion de tout cela, c’est que la suppression des monaslt'res laissa dans la misère ceux qui, juscju’alors, avaient vécu de leurs aumônes ; quelques écrivains sont même allés jusqu’à attribuer à cette seule cause la misère ([ui nécessita la législation des pauvres (i). Il y a ce[)pudant de bonnes raisons pour croire que, pendant au moins une couple de siècles avant la réforme, les monastères anglais avaient, en réalité, peu fait pour le soulagement de la pauvreté honnête (3) ; que leurs aumônes avaient eu plutôt pour elîet d’entretenir toute une classe de mendiants professionnels et que, selon le mot

(t) Ihid.

(2) Ibtd., i2S. Voyez UiMorical J/S.S. Comniisxion, I, 88^, pour les terres affectées à l’aumônier.

(3) Ihid., .30!(. Ainsi l.aufranc, dit dans ses ordonnances, citées par Ducanfie {mh verho Eler.mosv.naiuus) : « Eleeinosynarius aut per se perquirat aut per veraces et lldeles liomines cum inulta solliciludine perquiri faciat ubi æ{,'ii et débités jaceant, qui non babeant unde se sustinere valeant, et ingiessus donuim lilande consoletui- a;grum, et offerat ei quod melius babet, et sibi intelliget esse necessarium ».

(4) Col)l»ett, Hrfurm., I, ^5 120 et dans l»ien d’autres passages.

(3) Hallam remarque que « c’est une étrange erreur de croire que les monastères anglais avant la dissolution des communautés religieuses nourrissaient la partie indigente de la nation et apportaient ces soulagements que se propose la législation qui concerne les pauvres », et il fait observer que par exemple, le compte des dépenses à l’Abbaye de llolton « montre le peu d’importance des aumônes faites par cet opulent monastère ». Middie A/jes (édition de 1878), 111, 302, note.

assistance par les monastères

énergique de Fuller, « les abbayes ne secouraient que les pauvres qu’elles faisaient (I) ». La raison de cette grande divergence d’opinions eu ce qui concerne le caractère des établissements monastiques anglais au XVI® siècle, doit probablement être cherchée dans ce fait qu’eu cette matière, comme en beaucoup d’autres, l’attention des historiens s’est trop étroitement limitée aux données anglaises. Lorsqu on pense que les grands ordres ne se circonscrivaient pas dans une seule contrée, que le système monastique otîrait les mêmes caractères généraux sur toute 1 Lurope Occidentale et qu il fonctionnait au milieu d’une société ayant partout une structure générale uniforme, on sent combien il est peu probable que les abbayes, en Angleterre, aient été dans une condition essentiellement dillerenle. de celle des abbayes qui se trouvaient dans les autres pays. Maintenant, l’assistance des pauvres du monde catholique au Moyen Age a été étudiée récemment par l’historien et économiste catholique Italzinger. Itatzinger, ayant surtout en vue T Allemagne et la comparant, à la fois, à ces pays qui devinrent protestants dans la suite et à ceux qui demeurèrent catholiques, arrive a cette conclusion, que l’action des monastères est restee entièrement inefficace en ce qui concerne la diminution du paupérisme ; et que c’est a cet echec et a la décadence des hôpitaux et autres fondations charitables que fut due la nécessité de confier l’assistance des pauvres aux autorités delà ville et, plus tard, aux autorités de l’Etat. D’après lui, le Droit des Pauvres que les pays catholiques et les pays protestants mirent en vigueur de la même façon au xvi* siècle, fut le résultat, non de l’abolition des fondations pieuses du *Moyen Age, mais plutôt de leur non eflicacité. Au xv® siècle et troi» souvent au

(D Fuller, cité par Uibton-Turner, Vaijabuiids, 83. Cette opinion est contirinée par l’appréciation d’Eden, State of thc Poor,

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L ASSISTANCE DES PAUVRES

semble être clairement indiqué par ce que nous en savons, quelque peu important que cela soit ; et ces indications résultant de différentes circonstances produisent partout la même impression. Ainsi dans les injonctions adressées aux monastères par les commissaires du roi en 153;>, en même temps que l'on insiste pour que, dans chaque religieuse il y ait un aumônier chargé de rereliefs des repas et de les distribuer aux le méritent, on a soin d’ajouter que, « en façon, les aumônes ne doivent être distribuées endiants valides, robustes et oisits, ni aux vaga-

■ ont coutume de se rendre dans Mais ces injonctions émanent de per-

contre les monastères et qui avaient in- ^ •

térèt à en faire, contre ces communautés, une arme aussi puissante que possible. Aussi, tenons-nous en à un éloge du vieux système monastique, éloge qui, selon toute apparence, a été écrit par un écrivain anonyme vers l’année loDl, et auquel un historien moderne de la suppression des monastères a attribué une grande importance : « Un grand nombre d’entre eux (les moine.s), lorsque leurs revenus étaient suflisants, fondaient des hôpitaux et logements dans leurs propres monastères ; ils y soignaient un certain nombre de personnes incapables de travailler et ils leur fournissaient tout ce qui leui était nécessaire ; des personnes étaient spécialement chargées de veiller sur eux, et des aumônes importantes étaient, en outre, distribuées chaque jour à la porte du couvent à tous ceux qui se présentaient. Et, même, tout passant pouvait y recevoir l’hospitalité pour une nuit, manger, boire, recevoir quelque argent sans qu'on eût à lui demander d'où il venait ni où il allait (2) ». U n’est pas besoin d’avoir une grande connaissance de la nature

XIV®, nous dit-il, les moines favorisaient la paresse et la débauche, tandis que la véritable charité se refroidissait (1) : les minutieuses investigations en vue du soulagement de la misère parmi les classes laborieuses furent abandonnées et il ne resta rien qu’une charité sans discernement qui se pratiquait à la porte des couvents. Et Ratzinger montre que, même avec les meilleures intentions, la distribution des aumônes dans un certain nombre de centres éparpillés inégalement sur tout le pays et en dehors de tout système d’action uniforme, ne pouvait être qu’insuffisante et nuisible. « Les monastères, les hôpitaux, etc., étaient entièrement dépourvus de ce qui est requis en première ligne pour arriver à une assistance régulière — l’unité, la concentration, l’organisation. Chaque hôpital, chaque couvent, faisait l’aumône non seulement aux pauvres du district, mais aussi à tous les étrangers qui se présentaient, sans avoir aucun droit de contrôle sur eux » ; et il ajoute, comme étant la conséquence naturelle de cet état de choses, que « la mendicité professionnelle, même avec les lois les plus sévères, ne pouvait être réprimée (2) ». Cet argument, tiré de l’histoire du Moyen Age dans les autres contrées européennes, est confirmé par le témoignage de ces pays dans lesquels les conditions du Moyen Age se sont conservées jusqu’à nosjours. Ainsi, en Italie, avant la récente réforme, des foules d’oisifs, dit-on, s’assemblaient au.v portes des maisons religieuses, « mendiants de profession et souvent enfants de mendiants qui aimaient mieux vivre de charité que de travailler (3) ».

Il n’)^ a aucune raison pour supposer qu’une pareille dègérénescence de la charité monastique n’avait pas encore fait son apparition en Angleterre. Le contraire

{l) Arineupflege, 311.

(2) Ibid., 397.

(.3) .Nitli, dans Economie licvicw, II (1892), 6.

maison cueillir les pauvres qui aucune aux m bonds tels que ceux qui ces endroits (1) ».

sonnes prévenues

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