Archives nat., F
ment sur celui de Rossignol , qui devait soulever le faubourg Saint- An toi ne, au premier signal, des généraux Fion, Lami, Merle, Parreau, Louis, Chevalier, Doppet, des adjudants -généraux Massard, Jôrry, Fâbre, etc., de Pex-coifcmisSaire des guerres Paris, sans parler de nombreux officiers subalternes destitués, parmi lesquels Charles Germain a surtout jôUé Un rôle prépondérant. La légion de police, composée en partie d'anciens gendarmes révolutionnaires* était tout acquise au mouvement : le 9 floréal an IV, elle s'était mutinée dans sa caserne de là Côurtille et avait refusé d'obéir à un ordre de départ. Si le Directoire n'avait pas réussi à la licencier, ce même jour, en offrant aux légionnaires de rentrer datis leurs foyers, il est vraisemblable que l'insurrection eût triomphé sans coup férir. Si Ton joint à cela que la plupart des montagnards non réélus de la Convention, comme Vadier, Amar, Choudieu, fticord, Laignelôt, Robert Lindet, Javogues et le célèbre Drouet, qui venait d'être nommé aux Cinq-Cents, Antônelle, ex-membre de la Législative, étaient du complot, ainsi que Louis, dit Brutus, secrétaire de Rarras, on sera Convaincu de là force redoutable de la conspiration. Mais son véritable chef était Habeuf, V écrivain du parti, le tribun du peuple, comme il s'appelait lui-même. Il avait pour principaux confidents : Darthé, ancien secrétaire de Joseph Le Bon, Didier, ex-juré du tribunal révolutionnaire, Germain, l'ancien officier, le Piémontâis Buonaroti, qui avait rédigé de nombreuses proclamations incendiaires et dressé la liste de la nouvelle Convention, enfin Félix Le Pelletier, frère cadet dé Le Pelletier de Saint-Fargeau la victime de Paris.
Les rapports de police déridHéëflt même Mtfks
comme complice des insurgés. Un de» agents secrets du ministre de la police écrit ceci : « Le directeur Barras m'est plus que jamais suspect. Il a fait réitérer h Rossignol qu'il priait le Comité d'insurrection de lui envoyer un homme de confiance, au moment de l'insurrection ; il veut passer au faubourg Antoine avec une partie de l'état-major, prévenant, au surplus, qu'au cas où on ne lui enverrait pas l'homme qu'il demande, H n'en irait pas moins se jeter dans les bras du peuple* ».
On a, d'ailleurs, sur le rôle de Barras plus qu'un document de police. Dans une lettre de Germain à Babeuf, qui est conservée aux Archives nationales 2 , ce Germain raconte qu'à la date du 30 germinal an IV, il a été appelé chez Barras, et nous savons par un autre document, adressé, le 7 thermidor de la même année, au Courrier républicain 2 ', que ce fait est exact, et que Germain fut amené au Luxembourg par un ami de Barras nommé Lombard, dans une voiture du Directoire, hermétiquement close. Au cours de cette entrevue secrète, qui eut lieu dans la chambre môme du directeur, Barras avertit charitablement les Babouvistes, « ces bonnes gens », qu'ils allaient se faire « prai* rialiser, tandis que, pour sauver la patrie, il ne fallait que vendémiairiter », c'est-à-dire écraser les royalistes et les émigrés. Il prétendit qu'on « désorganisait ses plans, qu'on démolissait ses batteries ». Il exprima le regret de n'avoir pas, au 1 er vendémiaire, « travaillé la marchandise de manière à satisfaire les patriotes,.., Que l'occasion s'en offre de nouveau, ajoutait-il, et