Il ne subsiste plus depuis la loi du 5 avril
celui qui nommait autrefois le Prévôt des marchands et les Échevins ; mais il n'y aurait aucune impossibilité à rétablir les assemblées générales de la Ville, en y mandant les représentants du commerce et ceux des grands corps de l'État. Paris n'est-il pas le siège du Gouvernement, et non seulement la capitale de la France, mais la capitale de la civilisation, comme disait Voltaire? De plus, nul ne songerait à protester contre un remaniement de la loi de pluviôse an VIII, qui, dans le département de la Seine, divise les fonctions préfectorales entre deux fonctionnaires, le Préfet de la Seine et le Préfet de police, lesquels ont pu être parfois, comme le disait spirituellement le dernier préfet de la Seine au lord-maire de Londres, deux têtes sous le même bonnet, mais dont les attributions ne se trouvent pas si bien réglées qu'il ne se produise à chaque instant des conflits regrettables. Dans cette transformation de l'administration municipale, il y aurait à examiner s'il est possible de rétablir la Mairie centrale, en lui conférant des attributions analogues à celles de l'ancienne Prévôté. Un maire et quatre adjoints rappelleraient de très près le Prévôt des marchands et les quatre Échevins. Au-dessous ou à côté d'eux, se placeraient naturellement les conseillers municipaux qui seraient élus par les citoyens des différents quartiers, mais en exigeant des électeurs et des élus des conditions de domicile et d'origine beaucoup plus sérieuses. Enfin, l'organisation municipale pourrait aisément se compléter par la création de magistrats choisis par le Corps de Ville parmi les citoyens éminents de chaque arrondissement. La réunion de ces magistrats (un par quartier suffirait) formerait la municipalité d'arrondissement, à laquelle on pourrait donner des attri-
L'ORGANISATION municipale de paris. 99
butions effectives. Chaque municipalité d'arrondissement participerait aux assemblées générales de la Ville, à convoquer dans des cas déterminés, et nommerait des cinquanteniers et dizainiers qui, choisis parmi les habitauts les plus honorables des quartiers, seraient également mandés aux assemblées générales et y auraient le droit d'opiner et de voter. Ils formeraient, en même temps, les cadres des commissions diverses, qui, actuellement, se réunissent à chaque mairie, pour s'occuper des écoles, des bibliothèques, des sociétés de secours mutuels, des caisses d'épargne, des questions d'hygiène, du travail des apprentis, etc. Ainsi, la meilleure partie de la population vraiment parisienne serait associée à la vie municipale; les contribuables trouveraient dans une organisation de cette nature des garanties de contrôle qui leur font trop souvent défaut; le principe électif non seulement serait respecté, mais recevrait une application bien plus large. Ce serait vraiment la communauté, représentée par ses meilleurs éléments, qui gouvernerait la cité ; et la juste considération dont seraient entourés les mandataires du peuple parisien assurerait l'énergique répression des désordres de la rue et des insurrections criminelles. Quant à ceux qui considèrent l'organisation actuelle de la municipalité de Paris comme une arche sainte, nous leur répondrons que l'ancienne Prévôté des marchands a traversé plusieurs siècles, en conservant la forme admirable que lui avaient donnée Marcel et ses successeurs, tandis que l'édilité moderne a déjà, depuis 1789, subi onze métamorphoses!