CHAPITRE X
Je reviens à Faiinée 1826, et au récit de mon élection à TAcadémie Française. M. Daru ne m'avait point Irompé, en m'assurant que l'Histoire de 18 12 m'en ouvrirait les portes. Déjà plusieurs de ses confrères m'avaient proposé de me mettre sur les rangs. Je m y refusai. Monter ainsi, d'un premier bond, au fauteuil académique, pour un seul ouvrage, par le hasard peut-être d'une heureuse inspiration, à l'éclat du premier jet d'une verve excitée fortuitement par le sujet, et peut-être passagère; enfin, sans avoir fait preuve d'être un véritable homme de Lettres par le succès d'étude et de style d'un second ouvrage, judicieusement pensé, et fortement et purement écrit, c'eût été, selon ma conscience, un avènement de surprise , une usurpation.
On me crut modeste, je n'étais que juste. Car cette règle, je ne me l'imposais qu'après l'avoir appliquée à d'autres, dont j'avais trouvé la nomination prématurée. Conséquemment à cette pensée, et jaloux de mériter cette suprême courotine littéraire , je me remis bientôt à l'œuvre.
Je n'avais point, quant au choix du sujet, k hésiter : il était dans mon portefeuille. Blessé en 1808 à Somrao- Sierra, et resté inactîf l'année suivante, après laquelle la paix et le mariage de l'Empereur avaient suspendu nos grandes guerres, pendant ce loisir, mon premier amour, celui des Lettres, m'avait ressaisi. Ne pouvant plus faire de l'histoire, je m'étais alors mis à en écrire.