‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 20 sur 302 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

C était l6 j4 mars, à deux heures du matin, que Napoléon était entré dans Reims. 11 lavait trouvée illuminée^ transportée, toute retentissante des cris de Five ï Empereur ! Ce fut, après ce dernier succès, son dernier triomphe !

Dans les premiers moments, quelques incidents heureui, quelques nouvelles favorables concoururent, Et d abord , son aide de camp » le brave Corbineau , qu on croyait perdu, ayant été caché et sauvé par les Rémois , reparut au Quartier Impérial. Puis , Janssens, sorti de Mézières, lui amena quelques mille hommes de renfort. Il apprit encore que, entre Tournay, Lille et Courtray, Maison avait, de ce côté, arrêté l'Invasion : répit moins dû toutefois aux manœuvres de ce général qu'aux ménagements ambitieux de Bernadotte pour son ancienne patrie, dont on a vu qu'il convoitait la Couronne. De ce même côté, et plus loin de nous, Carnot, préservant Anvers et notre flotte, en avait victorieusement repoussé les armes anglaises. Le général Bizannet, à Berg-op-Zoom , avait fait plus : il

avait laisse quatre mille Anglais y pénétrer furtivement^ et y les renfermant avec lui , il les avait tous pris ou tués dans les murs de cette ville. Telles furent, à Rein^, les dernières joies de Napoléon : tout ce qui suivît ne devait plus être qu'infortunes !

L'une des plus cruelles , celle qui bientôt devait Taccabler de son coup le plus funeste, il la provoqua,, dit-on,' dans cette JQiu*néé du i4 mars, par JW de ces. emportements auxquels, alors surtout, il s'abandonnait. Soit débordement de tant d amers chagrins longtemps comprimés, ou, comme il arrive aux hommes ' d'action ,^ qu'il attachât trop peu d'importance aux pétroles; soit aussi qu'avec un ancien aide de camp il se crût moins obligé de se contenir, Marmont, ce jour-là,, en fut victime.

Ce maréchal, pour la première fois depuis son désastre devant Laon, avait osé venir s'exposer à sa colère t Napoléon l'en accabla ; ses reproches furent sanglants, même outrageants ; la violence en fut «îxtrême ! Fàin en fut témoin. Il a depuis attribué à l'orgueil,, cruellement blessé, du Ducde Raguse, cette .fatale défection dont, seize jouirs après, îl gâta une vie jusque-lù si glorieuse. Pcnirtant^ la première fougoe. de Napoléon épuisée , ses reproches s'éCai^it changés en conseils, et, s'apaisant, il avait retenu à diner ce maréchal.

Mais alors , rompant les cachets de ses dépêches , de chacune d*eUes un malheur nouveau sembla éclore. Souk, affaibli par des envois successifs de i:enforts à notre armée, venaitide céder devant la fortune i\e Wellington. La bataille d'Orthès était perdue;

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