CHAPITRE I. ao
Bayonne et TAdour^ abandotinés; Bordeaux ^ resiée à découvert.' Toutefois ice maréclial^ en reculant vers Tsrrbës', comiDâttait. Il avait même mis en pièces les Portugais, trop empressés à le suivre.
Du côté d'Augereau, c'était pis encore! Celui-ci, placé à Lyon dès le 3 janvier, semblait s'être cru là fflutôt pour organiser une armée que pour la mener cômbattrie. Il y avait été d'abord, il est vrai, sans autre irriupe que seisse cents conscrits' contre douze mille Autrichiens ; mais riiabiteté du général Marchand et les hésitations de Bubna , parvenu pourtant jusqu'aux portes de Lyon qui était sans défense, lui avaient donné le temps de sauver cette ville, et d'y rassembler dixsept mille hommes: C'était alors que, au lieu de marcher à la tête de ces forces réunies , les dispersant, il avait envoyé les unes reprendre la Haute-»Saône, d'autres la Savoie et repousser Bubna dans Genève.
Quant à lui, resté dans Lyon, vainement l'Empe- PéUr, dans des lettres pressantes, en avait appelé aux souvenirs de Castiglione, en lui donnant l'ordre d'attaquer au cœur l'ennemi. Augereau n'en avait tenu compte : il n'avait songé qu'à habiller ses recrues. Dix raille vieux soldats, que Suchet lui avait envoyés, n'avaient pas réveillé son ancienne audace. Napoléon avait ordonné àMix mille autres de ces vétérans de le joindre encore, mais malheureusement sans leur habile maréchal ; il avait voulu que, de Turin, six mille nouveaux soldats renforçassent encore Augereau ; il lui avait même envoyé, de Paris, deux vieux cadres de régiments ; mais rien n'avait pu réchauffer celte inculte nature, dont jadis la première chaleur du sang avait
fait surtout le mérite : choix fatal, qui ne s'explique que par le souvenir d'une gloire surannée, et peutêtre par la nécessité d'éloigner de Paris ce personnage.
C'était seulement le 2 mars que, remontant la Saône, il avait enfin obéi. Mais on apprenait que, dès le 5, quarante mille hommes, détachés par Schwartzenberg, l'avaient arrêté. L'Empereur prévit le reste. En effet Augereau, craignant d'être coupé de Lyon , rétrograda aussitôt sur cette seconde ville de l'Empire, que, après un combat sans ensemble, qu'il négligea de diriger, il abandonna le 20 mars. Ce fut pour fuir avec plus de vingt mille hommes, au loin, sur l'Isère, en dehors de toutes nos combinaisons stratégiques.
En même temps d'autres dépêches, plus alarmantes, montraient : la grande irruption de Schwartzenberg, venant de franchir une troisième fois la Seine; Provins et Montereau près d'être encore abandonnés; Paris, effrayé, l'appelant à son secours; et Macdonald pouvant à peine retarder de trois jours l'envahissement de la capitale !