‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 209 sur 302 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« occulte y des variations d'un esprit trop épris de po- « pularisme. Non , décidément je ne puis sortir que a d'une détermination forte, d'une manifestation écla* a tante! Que le Roi se montre! Que, devant les Cham- « bres, il se déclare enfin Tennemi morlel des réc volutionnaires ! Que, devant la première émeute, ce il soit à cheval , écrasant Tinsurrection , au lieu de c( se contenter, pour défendre sa cause , d'aller haff ranguer des troupes (|ue lant de faiblesse para- <c lyse! Alors, fort dehii, de moi-même et de cette « cause, j'écoulerai votre appel, j'y pourrai répon- « dre!

« Vous acceptez donc! me suis-je écrié; car « cette déclaration de principes et leurs conséquen- « ces , tout ce que vous demandez là ressort nécesic sairement de la proposition que je vous apporte. « Quelle détermination plus formelle, quelle dé- « monstration pUis éclatante exigeriez-vous que cet « appel de vous et de vos amis au gouvernement de « la révolution de i83o-? Quel pas plus décisif le « Roi peut-il faire? Quel engagement plus complet ft pourrait-il prendre? Vous le voyez, vos propres « paroles vous engagent, et, de ce pas, j'en vais porter c( l'heureuse nouvelle à Montalivet, qui l'attend avec « la plus généreuse impatience !»

En achevant ces mots je sortais, quand , me retenant, Périer me dit, avec embarras, de bien remarquer que je n'emportais pas sa parole ; qu'il n'avait fait qu'une simple supposition sans rien promettre. « Non , répliquai-je; si vous hésitiez encore, de quel « droit désormais reprocheriez-vous à d'autres leurs

« liésilalions? Vous manqueriez à tous vos amis qui c< comptent sur vous , et à vous-même! >»

Rendu enfin , Périeï* ne me parla plus que de la composition du nouveau ministère. Comme la pensée des émeutes Tobsédait , il fît d'abord venir chez lui ***, alors Directeur de la Police.

Croyant dès lors achevée ma part dans cette œuvre de salut, le lendemain je quittai Paris. Je venais, mes enfants, d'acheter, entre Melun et Montereau, une terre, plutôt de produit que d'agrément, que j'habite peu. Aujourd'hui pourtant, aS octobre i848, il se trouve que j'y retrace ce passage de mes souvenirs. J'y restai les huit jours suivants, fort occupé, sans journaux, sans nouvelles, et pourtant sans inquiétudes politiques, convaincu qu'à mon retour je trouverais le Gouvernement en mains vigoureuses.

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