CHAPITRE IX
ressèment , leur dévouement inouï , leur inimitable valeur, n'auraient plus été que les esclaves obéissantes du plus hideux de tous les despolismes ! Ainsi, tant de vertus, dignes de cette antiquité dont , ailleurs qu'à nos armées , Fimitation fut si ridicule et si dégoûtante, seraient forcées de changer de nom, seraient dépouillées de tout leur éclat! Enfin, Messieurs, ce ne serait plus au patriotisme de nos grands citoyens, à Théroïsme de nos guerriers , conduits par le génie des Marceau, des Kléber, des Ney, des Kellermann, des Macdonald, des Jourdan, et de tant d autres, que nous devrions le salut et l'immortelle renommée de la France; ce serait au plus honteux, au moins français de tous les sentiments , à la peur ! à cette infâme Terreur, qui n'eut d'autre effet que de créer la plupart des dangers dont le glorieux et patriotique dévouement de nos soldats citoyens sut triompher !
« Messieurs, ce n'est pas quand la criminelle licence de la Presse ose vanter encore ces affreux jours ; ce n'est pas quand elle insulte impunément tous les Corps deTÉtat; quand son anarchique voix, essayant d'égarer les masses , excite leurs souffrances contre ce qu'elle nomme l'aristocratie bourgeoise, industrielle et manufacturière , c'est-à-dire contre tous les genres d'illustration, de lumières et de propriétés; ce n'est certes pas alors qu'on peut oser dire au peuple qu'il n'a pas besoin des leçons du passé pour assurer son avenir. Assez souvent , depuis dix-huit mois , au bruit de tant de clameurs démagogiques , on a pu nous croire sur le tord de l'abîme de gS; et chaque jour encore, dans les rues 9 jusqu'au milie:î de. tribunaix, nous
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revoyons les livrées de cette odieuse époque , et nous en entendons le langage.
<c J'en atteste les nobles efforts de notre généreuse Garde Nationale! Jusqu'ici ils ont été victorieux, et
l'Europe entière, qu'ils ont sauvée d'une conflagration générale, les applaudit et les admire. Mais quoi! se figure-t-on que de 89 à gS Paris ait été désarmé? Hé! Messieurs, cinquante mille soldats citoyens, aussi valeureux que leurs fils, étaient alors et sans cesse présents sous les armes ; ils eurent aussi leurs jours de victoire ^ et pourtant il ne fallut qu'un changement dans la Législature , et conséquemment dans leur état-major, pour livrer leurs têtes proscrites aux misérables qu'avait jusque-là contenus le,ur courage! Nous étions alors les mêmes qu'aujourd'hui , et si notre situation est meilleure , c'est grâce à une ruineuse et sanglante expérience.
<c N'en repoussons donc pas les souvenirs, Messieurs; consacrons-les, au contraire; entretenons comme un feu salutaire et sacré l'horreur qu'ils nous inspirent; et qu'enfm, de cette grande violation de toutes les lois morales et constitutionnelles , l'inviolabilité des Rois ressorte plus puissante I
« Voilà pourquoi il faut un éternel désaveu au crime public , précurseur de tant d'autres, que nous eûmes le mallieur de laisser commettre; et voilà comme il convient de soutenir l'honneur de notre révolution de juillet , à la fois si héroïque , si pure et si généreuse !
a En me résumant. Messieurs, je demande l'abrogation de la loi de 1816 , parce qu'elle est d'une exécu-