CHAPITRE I
qu'il maintint contre les légitimistes dans la Vendée , où la guerre civile existait encore!
Cette Présidence du Conseil par le Roi dura cinq mois, du i6 mai au ii octobre. Dans les faits, dont catte courte période est remplie , on reconnaît deux vérités. C'est un besoin, c'est même un devoir pour moi, de les consigner ici, surtout après avoir rapporté, dans ces Mémoires, les vives paroles de Périer sur ce Prince. Ces faits prouvent , non-seulement l'habileté alors déployée par Louis- Philippe , mais aussi que, lorsqu'il était suffisamment soutenu, il n'était, certes pas, soit politiquement, soit de sa personne , le moins courageux de son Conseil.
En effet, livré à lui-même depuis la mort de Périer, on vient de yoir que le Roi a persisté dans le système de ce grand ministre ; que, au milieu du choléra, qui ne s'éteint qu'avec septembre, il a dompté, dans les départements plusieurs séditions, dans Paris une révolte armée, dans l'Ouest une guerre civile. Enfin, le I j octobre 18^2 , dans une tentative d'assassinat sur sa personne, au Pont-Royal, il se montre aussi ferme que depuis, et dans chacun de ces attentats, on l'a vu toujours.
D'autre part, et le 9 août , il a resserré l'alliance de la Belgique à la France par le mariage de sa fille avec le Roi Belge ; puis, s'aidant de l'Angleterre , il a préparé le siège de la citadelle d'Anvers, entreprise tentée «n dépit des trois grandes Puissances Continentales , et victorieusement terminée le ^3 décembre .
Contraint enfin, par la réunion des Chambres, à résigner cette Présidence dont il vient de faire un
habile et ferme usage, il couronne son œuvre, le 1 1 octobre , malgré les vociférations menaçantes de toutes les Oppositions, en appelant à, son Conseil Thiers^ Broglie et Guizot, c est-à-dire les plus dignes successeurs de Përier et tous , alors , les plus éloquents , les plus vigoureux défenseurs de Tordre.