CHAPITRE I
s*en émurent; dans leur expérience d'un tout autre genre de guerre y ils en voulurent appliquer les maxi* mes à celle-ci. Faisant donc observer que la nuit allait ajouter son obscurité au désordre ^ ils proposèrent le ralliement de toutes les forces sur les places du Carrousel et de la Concorde, pour y prendre position. Mais ici, le ministre de l'Intérieur, se récriant , protesta : «Contre cet aveu de défaite, contre cet abandon « de Paris à l'insurrection ! La Garde Nationale, dont ce il était chef, en serait découragée , et annulée ! La « nouvelle en retentirait dans la France entière; (t elle y donnerait le signal d'une défection univer- « selle! »
Ce .cri de courage empêcha une résolution dont l'effet eût été fatal; il donna le temps à Lobau de reprendre l'offensive; et bientôt, de meilleures nouvelles survenant, le Conseil se raffermit, La nuit, dès lors , au lieu de nous être contraire , fut vigoureusement mise à profit. Le lendemain, au jour naissant, et sur l'ordre de Montalivet , les presses de sept journaux ennemis étaient saisies ; une proclamation énergique, signée par ce ministre seul, était publiée. Lobau, d'autre part, avait agi avec une égale et décisive énergie. Nos renforts, l'artillerie de Vincennes et douze mille gardes nationaux étaient présents. Sans marchander avec les rebelles il fit aussitôt recom-* mencer l'attaque. Bientôt les rues Saint- Martin et Saint-Denis furent reconquises, puis la place de la Bastille, puis le faubourg Saint- Antoine , où il fallut joindre le canon aux petites armes, et enfin la place de Grève.
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En même temps le Roi , accouru de Saint-Cloud la Tcille j parcourait à cheval les rues, excitant les légions et les régiments par ses paroles , consolant les blessés par ses promesses , et, de sa présence à portée du feu,soutenant nos avant^postes. Mais le quartier général de la révolte s'était fortement retranché autour du clottre Saint-Méry, son repaire habituel. Cerné et sommé de se rendre, il s'y refusa, s'y défendit jusqu'au milieu de ce second jour, et ne céda qu'aux assauts, lancés à la suite des boulets et de la mitraille dont on fut contraint de les faire précéder.
Ce fut avant ce dernier combat, quand douze cents rebelles étaient saisis, quand déjà sept, cents morts et blessés, des deux parts, ensanglantaient les rues de la capitale , que dans le Conseil Montalivet proposa une seconde fois l'état de siège. Le moment était encore opportun ; deux voix, cette fois, l'appuyèrent, le reste n'osa. Et c'est ainsi que, à deux reprises, le Conseil repoussa cette détermination, quand elle était à propos, pour ne l'adopter qu'intempestivement après la victoire!
Cette faute eut de fâcheuses conséquences ; l'Opposition s'en empara : la non-rétroactivité fut invoquée. Dès leurs premiers jugements les Conseils de guerre furent récusés , les Cours consultées , et l'Opposition, vaincue en Cour Royale, en CourdeCassation triomphal Le Légitimisme y dominait : cette Cour déclara l'incompétence des Conseils de guerre! Ainsi vaincu dans sa victoire, le Gouvernement céda : il se désarma, dans Paris, devant les démagogues, de l'état de siège,