‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 234 sur 302 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

oulrage pour outrage ! C était, des deux parts, attaquer la racine de Tarbre lui-même , pour en faire tomber la branche qui gênait; guerre aveugle , en présence de l'ennemi commun le plus redoutable, guerre de Royalistes contre Royalistes, où la Royauté, qu'avant tout il fallait défendre , fut sacrifiée !

On a vu que cet ennemi commun, abattu le 6 juin précédent, s'était presqu'aussitôt redressé, à la faveur delà faute commise à propos de l'état de siège. De là, et dans la première session de i833, la nécessité de présenter, sur cette question , une loi nouvelle : projet que les trois partis , ^Opposition , les Légitimistes et les anarchistes , réunissant leur hostilité à l'aveugle défiance de la classe intermédiaire contre le Gouvernement de son choix , firent avorter.

Dans cette occasionne montai, le 6 février, une quatrième fois à la tribune. Ce fut sans espoir de succès , mais pour satisfaire au devoir que je m'étais imposé, à celui de combattre en toute occasion les anarchistes , et de m'efforcer de donner au Pouvoir contre eux l'attitude la plus hostile, convaincu que, avec de tels ennemis , la plus vive et Ta plus prompte attaque était la meilleure défensive.

Dans cette double session, et devant les mêmes obstacles, tomba pareillement le projet, présenté pour la première fois , de fortifier la capitale : continuelle et triple lutte, qui ne pouvait manquer de finir par un désastre! Le Roi, pendant seize ans, l'a soutenue avec énergie; et ses deux ennemis implacables, le légitimisme et l'anarchie, quelqu'acharnés qu'ils aient été, ne l'eussent point emporté sans l'aide d'une

Opposition parlementaire qui^ flattant les masses, dans son impatience de les gouverner les rendit ingouvernables !

Page 1