‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 283 sur 302 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

C'était dans cette même année 1840, et dès les premiers jours de cette dernière crise, que la deuxième tentative de Louis-Napoléon contre Louis-Philippe^

en éclatant , nous avait encore plus étonnés que la première.

En i836, comptant sur un régiment d'élite gagné «'I sa cause, sur d'autres peut-être, et sur la saisie de la plus grande de nos citadelles, il avait tenté l'Est de la France, côté le plus attaché à la mémoire de Napoléon. 11 y avait donc eu là, pour la possibilité d'un premier succès, quelqu'excuse à son imprudence. Mais en 1840, malgré ce premier mécompte, il revenait essayer le Nord, bien moins empreint de souvenirs napoléoniens; et, cette fois, sans qu'il soit possible de comprendre sur quel espoir raisonnable il s'était fondé.

Boulogne-sur- Mer n'était point, comme Strasbourg, une forteresse qui lui pût servir de base d'opérations. Il n'y avait point là de colonel de régiment, pas un seul officier de peloton qu'on lui eût acquis! Une offre de quatre cent mille francs au général commandant le département du Nord avait même été, dit- on, repoussée. Son unique point d'appui pour rentrer en France ne consistait donc que dans sa foi en son droit et en son nom , en quelques écrits répandus dans les casernes , et dans une soixantaine de partisans. Ceux-ci, la plupart à Londres comme lui, se composaient, moitié de domestiques qu'il déguisa en soldats du 4o*"* , et moitié d'officiers supérieurs et subalternes; officiers sans troupes , tous ^ ou retraités, ou réformés, ou démissionnaires, ou déserteurs!

Y avait-il là , même en supposant que, rayivés par sa présence, les souvenirs des camps de i8o5, ceux de la flottille , et cette apparence de soldats du 4^

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