‹ Histoire et mémoires (volume 2)Chapitre 291 sur 302 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Ce cinquième assassinat, manqué sur le Roi le i5 octobre, avait achevé le renversement du ministère. Né le I*' mars 1840, il n'existait que depuis environ tiuit mois; mais dans ce court espace tant d'événements fâcheux étaient survenus : la Coalition hostile du 1 5 juillet; la France mise contre l'Europe sur le pied de guerre; la tentative de Boulogne; deà coalitions d'ouvriers; des banquets, des associations révolutionnaires; enfin cette recrudescence de l'anarchie, éclatant, après quatre ans de répit, par le renouvellement de ces infâmes attentats : tout cela avait conduit à sa fin ce cabinet ! On se souvient qu'il s'était imposé à la Couronne ; on sait qu'il chancelait, depuis trois mois, entre la guerre, devant laquelle il

hésitait, et la paix, qu'il avait compromise, et à laquelle le Roi était prêt à le sacrifier.

Au reste, il semblait s être condamné lui-même : l'un de ses membres, M. Cousin, celui qui avait dit au Roi , il en est temps ^ renvoyez-noiis^ Sire, m'avait pressé d'engager M. Thiers à se retirer. Je n'avais point été jusque-là, ne me sentant pas sur lui cette influence; mais M. Thiers venait lui-même de s'y résoudre. Nos chambres étaient convoquées pour le 5 novembre; il s'agissait d'éviter la guerre contre l'Europe; et ce danger, qu'on lui imputait , quel que fût son bon vouloir, M. Thiers sentait que ce n'était plus à lui de le con- ^ jurer.

Il fut donc remplacé, le 29 octobre, par un ministère nouveau. Le Roi le composa du maréchal Soult et de MM. Guizot, Duchâtel, Humann, Villemain, etc. etc. Sa mission fut de rétablir la paix intérieure et extérieure ; et, six jours après son avènement, la session s'étant ouverte, on le vit aussitôt aux prises avec les Partis contraires.

Dans cette première session, où M. Thiers, forcé de défendre sa cause , le fit avec autant d'habileté qu'il ('tait possible, les Oppositions dynastique et républicaine tenlcrent vainement, et à tout prix, de renverser le nouveau Conseil. Mais l'éloquence de M. Guizot et la force des choses l'ayant emporté, ce ministère put commencer enfin sa marche réparatrice au dedans et au dehors.

L'un de ses premiers actes et des plus utiles , fut le choix de Bugeaud, et l'adoption de son système pour l'Algérie. Il fallait en finir de cette conquête. Jusque-

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