CHAPITRE V
fallait la paix; qu'il était temps de faire connaître à l'Empereur leur détresse !
Au milieu de ce découragement et d'une halte de six heures, le bruit de la prise de Paris s'était répandu. A cette nouvelle 9 un accès de rage ou de douleur exalta ou consterna , chacun suivant son caractère. Dans ces transports le dépit domina; il tourna contre Napoléon , qu'on accusa de ce grand revers, de cette honte nationale. Leur cause dès lors leur paraissant perdue, ils croyaient, du moins, la paix infaillible, quand on reçut au contraire Tordre de continuer, d'avancer, en toute hâte, par Fontainebleau , sur la capitale. Mais leur dernière marche forcée pour sau ver. Paris ,. et dont le but était .manqué, avait tout achevé : il n'était plus resté d'énergie que pour désobéir !
Ces chefs avaient blâmé cette tardive manœuvre. Ils n'avaient point été écoutés quand , à Saint-Dizier, ils avaient proposé de concentrer la guerre en Lorraine, et, le surlendemain , de se rallier à tout ce qui restait de* forces dans le midi de la France. Il n'y eut point là trahison comme à Essonne, mais mécontentement , mais épuisement absolu , mais désespoir et irritation de la prise de la capitale e L'ordre de marcher contre elle révolta. On se refusa à la punir du malheur des armes. L'impérieux besoin de la paix était au fond de tous les cœurs. Pourtant ils n'abandonnaient pas la cause Impériale, mais le temps semblait venu, la Fortune avait prononcé, et l'on mit des conditions à l'obéissance,
11 fallait que ce découragement fût universel et in-
surmontable, puisque ce fut Gérard, jusque-la le plus ferme et le plus ardent , qui se vit forcé de le déclarer. Il vint avertir Macdonald , a qu'on n'obéisse sait plus; que les armes tombaient des mains; qu'il a n'était plus possible de continuer; qu'il fallait dire i( à l'Empereur la vérité; qu'enfin c'était au nom (( des généraux deis trois corps d'armée , qu'il le supce pliait de lui déclarer : que tous se refuseraient à c( marcher contre Paris, ne voulant pas ajouter à tant « de sacrifices celui de la destruction de cette ville! i^ Macdonald répondit : « Eh bien , je m'en charge ! « Marchons à Fontainebleau , et la guerre finira! »