CHAPITRE I
On a vu TEmpereur Alexandre, surpris à Vilna au milieu de ses préparatifs de défense , reculer avec son arraée désunie, et ne pouvoir la rallier qu'à cent lieues de là , entre Yitepsk et Smolènsk. Entraîné dans la retraite précipitée de Barclay, ce Prince s'était réfugié à Dryssa, dans un camp mal choisi et retranché à grands frais ; point dans l'espace , sur une frontière
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M étendue, et qui ne servait qu'à indiquer à l'ennemi quel devait être le but de ses manœuvres.
Cependant Alexandre, rassuré par la vue de ce camp et de la Dùna , avait pris haleine derrière ce fleuve. Ce fut là seulement qu'il consentit à recevoir pour la première fois un agent anglais ; tant il attachait d'importance à paraître , jusqu'au dernier moment, fidèle à ses engagements avec la France. On ignore si ce fut ostentation de bonne foi , ou bonne foi réelle ; ce qui est certaîri , c'est qu'à Paris , après le succès , il affirma , sur son honneur ( au comte Daru) : a Que, malgré les accusations de Napoléon, « c'avait été sa première infraction au traité de Til- « sitt. »
En même temps il laissait Barclay faire aux soldats français et à leurs alliés ces adresses corruptrices qui avaient tant ému Napoléon à Klubokoé , tentatives que les Français trouvèrent méprisables , et les Allemands intempestives. .
Du reste , l'Empereur russe ne s'était pas montré comme un homme de guerre aux yeux de ses ennemis. Ils le jugèrent ainsi : sur ce qu'il avait négligé la Bérézina, une ligne naturelle de défense de la Lithuanie; sur sa retraite excentrique vers le Nord, quand le reste de son armée fuyait vers le Midi; enfin sur son ukase de recrutement, daté de Dryssa, qui donnait aux recrues pour point de ralliement plusieurs villes qu'occupèrent presque aussitôt les Français. On