‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 108 sur 232 · CHAPITRE XIV. 19a · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. 19a

dans une dernière occasion j pourrait faire un plus puissant effort.

Cependant ces malheureux sont dans cette Sinolensk tant désirée; ils ont laissé les rampes du Borystliène jonchées des corps mourants des plus faibles d'entre eux ; l'impatience et plusieurs heures d allenle les ont achevés. Ils en laissent d autres sur Tesciirpement de glace qu'il leur faut surmonter pour atteindre la haute ville. Le reste court aux magasins ^ et ià il en expire encore pendant qu'ils en assiègent les portes; car on les en a repoussés : « Qui sont-ils? De « quel corps? Comment les reconnaître? F-es distribucc leurs des vivres en sont responsables : ils ne doivent a les délivrer qu'à des officiers autorisés , et porteurs ce de reçus contre lesquels ils échangeront les rations « qui leur sont confiées; et ceux qui se présentent « n'ont plus d'officiers, ils ne savent où sont leurs ré- K giments! » Les deux tiers de l'armée sont ainsi.

Ces infortunés se répandent dans les rues,, n'ayant plus d'espoir que le pillage. Mais partout des chevaux disséqués jusqu'aux os leur annoncent la famine; partout les portes et les fenêtres des maisons , brisées et arrachées, ont servi à alimenter les bivouacs : ils n*y trouvent point d'asiles ; point de quartiers d'hiver préparés, point de bois; les malades , les blessés, restent dans les rues , sur les charrettes qui les ont apportés. C'est encore , c'est toujours la fatale grande route passant au travers d'un vain nom; c'est un nou-

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