CHAPITRE IX
Enfin y vers minuit j le passage a commencé ; mais les premiers qui ^'éloignent du bord avertissent que la glace plie sous eux , qu'elle s'^enfonce , qu'ils marchent dans Teau jusqu'aux genoux ; et bientôt on entend ce frêle appui se fendre avec des craquements effroyables, qui se prolongent au loin comme dans une débâcle. Tous s'arrêtent consternés !
Ney ordonne de ne passer qu'mi à un ; et Ton s'avance avec précaution 9 ne sachant quelquefois , dans l'obscurité , si l'on va poser le pied sur les glaçons ou dans quelque intervalle ; car il y eut des endroits où il fallut franchir de larges crevasses , et sauter d'une glace à l'autre y au risque de tomber entre deux et de disparaître pour jamais. Les premiers hésitèrent, mais on leur cria par derrière de se bâter*
Lorsqu'enfîn , après plusieurs de ces cruelles douleurs y on atteignit l'autre bord et qu'on se crut sauvé, un escarpement à pic ^ tout couvert de verglas , s'opposa à ce qu'on prît terre. Beaucoup furent rejetés sur la glace qu'ils brisèrent en tombant, ou dont ils furent brisés. A les entendre, ce fleuve et celle rive