CHAPITRE IV
deux lieues air-dessus de Stadhof , était un trobième point de passage.
Il en devait la connaissance àia brigade Corbineau. C'était elle que de Wrede avait enlevée au deuxième corps , vers Smoliani. Ce général bavarois l'avait gardée jusqu'à Dokszitzi , d'où il l'avait renvoyée au deuxième corps par Borizof. Mais Corbineau trouva l'armée russe de Tchilchakof maîtresse de cette ville. Forcé de rétrograder en remontant la Bérézina , de se cacher dans les forêts qui la bordent , et ne sachant sur quel point passer ce ffeuve , il avait aperçu un paysan lithuanien, dont le cheval , encore mouillé , paraissait en sortir. 11 s'était saisi de cet homme , s'en était fait un guide , derrière lequel il avait traversé la rivière à im gué , en face de Studzianka. Ce général avait ensuite rejoint Oudînot , en lui indiquant cette voie de salut.
L'intention de Napoléon étant de se retirer directement sur Vilna , le Maréchal comprit facilement que ce passage était le plus direct et le moins dangerelix. Il était d^aîlleurs reconnu , et quand bien même l'infanterie et l'artillerie , trop pressées par Wittgensteîn et Kulusof , n'auraient pas le temps de franchir le fleuve sur des ponts , du moins serait-on sûr, puisqûlX y avait un gué éprouvé , que l'Empereur et la cavalerie le passeraient ; qu'alors tout ne serait pas perdu , et la paix et la guerre , comme si Napoléon lui-même restaif au pouvoir de l'ennemi.
Aussi le Matéchal n'avait-il pas hésité. Dès la nuit
du ^3 au a4 » le général d'artillerie , une compagnie de pontonniers , un régiment d'infanterie et la bri« gade Corbineau avaient occupé Studzianka.
£n même temps les deux autres passages avaient été reconnus ; tous avaient été trouvés fortement observés. Il s'agissait donc de tromper et de déplacer l'ennemi. La force n'y pouvait rien , on essaya la ruse. C'est pourquoi j dès le ^4 , trois cents hcHnmes et quelques centaines de traineurs furent envoyés vers Oukoholda , avec l'instruction d'y ramasser, à grand bruit 9 tous les matériaux nécessaires à la construction d'un pont ; on fit encore défiler pompeusement de ce côté y et en vue de Tennemi, toute la division des cuirassiers.
On fit plus : le général chef d'état-major Lorencé se fit amener plusieurs juifs ; il les interrogea avec affectation sur ce gué et sur les chemins qui de là conduisaient à Minsk. Puis, montrant une grande satisfaction de leurs réponses, et feignant d'être convaincu qu'il n'y avait point de meilleur passage , il retint comme guides quelques-uns de ces traîtres , et fit conduire les autres au delà de nos avant-postes. Mais pour être plus sûr que ceux-ci luji manqueraient de foi , il leur fit jurer qu'ils reviendraient au-devant de nous, dans la direction de Bérézîno inférieur, pour nous informer des mouvements de l'ennemi.
Pendant qu'on s'efforçait ainsi d'attirer à gauche toute l'attention de Tchitchakof , on prépajrait secrè-