‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 165 sur 232 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

tement à Studzianka des moyens de passage. Ce ne fut que le 25 y h cinq heures du soir, qu'Éblé y arriva , suivi seulement de deux forges de campagne , de deux voitures de charbon ^ de six caissons d*outils et de clous , et de quelques compagnies de pontonniers. A Smolensk il avait fait prendre à chaque ouvrier un outit et quelques clameaux.

Mais les chevalets qu'on construisait depuis la veille j avec les poutres des cabanes polonaises , se trouvèrent trop faibles : il fallut tout recommencer. Il était désormais impossible d achever le pont pendant la nuit : on ne pouvait l'établir que le lendemain 269 pendant le jour, et sous le feu de l'ennemi; mais il n'y avait plus à hésiter.

Dès les premières ombres de cette nuit décisive ^ Oudinot cède à Napoléon l'occupation de Borizof , et va prendre position avec le reste de son corps à Studzianka. On marcha dans une profonde obscurité ^ sans bruit , et se recommandant mutuellement le plus profond silence.

A huit heures du soir, Oudinot et Dombrowski s'établijcent sur les hauteurs dominantes eu passage , en même temps qu'Éblé en descendait. Ce général se plaça sur les bords du fleuve , avec ses pontonniers et un caisson rempli de fers de roues abandonnées, dont, à tout hasard , il avait fait forger des crampons. Il avait tout sacrifié pour conserver cette faible ressource ; elle sauva l'armée.

3ie LIVRE ONZIÈME.

A la fin de celte nuit du ^5 au :i6 , il fit enfoncer un premier chevalet dans le lit fangeux de la rivière. Mais, pour comble de malheur, la crue des eaux avait fait disparaître le gué. Il fallut des efforts inouïs , et que nos malheureux pontonniers, plongés dans les (lois jusqu'à la bouche , combattissent les glaces que charriait le fleuve. Plusieurs périrent de froid, ou submergés par ces glaçons que poussait un vent violent.

Us eurent tout à vaincre , excepté l'ennemi. La rigueur de l'atmosphère était au juste degré qu'il fallait pour rendre le passage du fleuve plus difficile , sans suspendre son cours , et sans consolider assez le terrain mouvant sur lequel nous allions aborder. Dans cette circonstance, l'hiver se montra plus notre ennemi que les. Russes eux-mêmes. CcuxtcI mai^quèrent à leur saison qui ne leur manquait pas.

Les Français travaillèrent toute la nuit à la lueur des feux ennemis qui étincelaient sur la hauteur de la rive opposée , à la portée du canon et des fusils de la division Tchaplitz. Celui-ci ne pouvant plus douter de noire dessein en envoya prévenir son général ,en dief.

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