CHAPITRE VI
de concert , et rAmiral rappelant à lui tout ce qu1l avait de troupes au-dessus de Borizof , à l'exception d'un faible corps d'éclaireurs , et sans même faire rompre les chemins. -
Toutefois à Szabaszawiczy^ il n'était qu'à cinq ou six lieues du passage qui s'opérait. Dès le matin du 26 il devait en être instruit. Le pont de Borizof n'était pas à trois heures de marche du point d'attaque. Il avait laissé quinze mille hommes devant ce pont ; il pouvait donc revenir de sa personne sur ce point , rejoindre Tchaplitz à Stachowa , et ce jour-là même attaquer, ou du moins se préparer, et le lendemain 27, culbuter, avec dix-huit mille hommes , les sept mille soldats d'Oudinot et de Dombrowski, enfin reprendre, devant l'Empereur et devant Studzianka , la position que Tchaplitz avait quittée la veille.
Mais les grandes fautes se réparent rarement avec tant de promptitude, soit qu'on se plaise d'abord à en douter, et qu'on ne se résigne à en convenir qu'après une entière certitude ; soit qu'elles troublent , et que dans la défiance où l'on tombe de soi-même , on hésite et que l'on ait besoin de s'appuyer des autres.
Aussi l'Amiral perdit-il le reste du 26 et tout le ^27 en consultations, en tâtonnements et en préparatifs. La présence de Napoléon et de sa Grande Armée , dont il lui était difficile de se figurer la faiblesse , l'éblouit. Il vit l'Empereur partout : devant sa droite,
à cause des simulacres de passage; en face de son
centre y à Borizof, parce qu*en effet toute notre armée, arrivant successivement dans cette ville, la remplissait de mouvement; enfin à Studzianka, devant sa gauche y où l'Empereur était réellement.
Le 27, il était si peu revenu de son erreur, qu'il fit reconnaître et attaquer Borizof par des chasseurs, qui passèrent sur les poutres du pont brûlé , et qui furent repoussés par les soldats de la division Partouneaux.
Le même jour, et pendant ces tâtonnements , Napoléon , avec environ six mille Gardes et le corps de Ney , réduit à six cents hommes , passfait la Sérézina, vers deux heures de l'après-midi; il se plaçait en réserve d'Oudinot, et assurait contre les efforts à venir de Tchitchakof le débouché des ponts.
Une foule de bagages et de tratneurs l'avaient précédé. Beaucoup traversèrent encore le fleuve après lui tant que le jour dura. En même temps l'armée de Victor remplaçait la Garde sur les hauteurs de Studzianka.
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