CHAPITRE IV
Cette catastrophe de Ponari fut d'autant plus honteuse qu'elle était facile à prévoir, et encore plus facile à éviter ; car on pouvait tourner cette colline par ses côtés. Nos débris servirent du moins à arrêter IesG)saques. Tandis qu'ils ramassaient cette proie, Ney, avec quelques centaines de Français et de Bavarois, soutint la retraite jusqu'à Ëvé. Comme ce fut son dernier effort, il faut indiquer sa méthode de retraite , celle qu'il suivait depuis Yiazma , depuis le 3 novembre, depuis trente-sept jours et trente-sept nuits!
Chaque jour, à cinq heures du soir, il prenait position , arrêtait les Russes , laissait ses soldats manger, se reposer, et repartait à dix heures. Pendant toute la nuit il poussait devant lui la foule des traineurs à force de cris, de prières et de coups. Au point du jour, vers sept heures , il s'arrêtait , reprenait position , et se reposait sur les armes et en garde jusqu'à dix heures du matin. Alors reparaissait l'ennemi , et il fallait batailler jusqu'au soir, en gagnant en arrière le plus ou le moins de terrain possible :