CHAPITRE XI
œ ne fut que le 22 jacrvier, et les jours snivaiMâ , que les Russes abordèrent la Vislule. Pendant une loardie si lente , et depuis le 3 janvier jusqu'au 1 1 , Murât était reste à Elbing. Dans cette situation extrême, ce Prince flottait , çà et là , au gré des éléments qui fermentaient autour de lui : tantôt ils portaient son espoir jusqu'au ciel , tantôt ils le précipitaient dans un
abîme d'inquiétudes.
n venait de fuir de Kœnigsbei^ , dans un état complet de découragement , quand cette suspension dans la marche des Russes , et la jonction de Macdonald j dont la réunion avec Heudelet et Cavaignac avait doublé les forces , Tenflèrent subitement d'une vaineespérance. Lui y qui la veille croyait tout perdu , vou- 'lut reprendre l'offensive , et commença aussitôt : car il était de ces esprits qui se décident à chaque ins« tant. Ce jour^Ià il se résolut à pousser en avant, et le lendemain , h fuir jusqu'à Posen.
Au reste , cette dernière détermination ne fut pas prise sans motif. Le ralliement de l'armée sur la Vistule avait été illusoire : la Vieille Garde comptait tout
au yAun <uiH] cents con^batta^ls ; la itume Oarde , près €^ aucun; le premier cûrps, dîi:4uiit cents ; le ^- 4dt»nd| iniUe; le iroîsième^ seize cents ; le ^alarième, diK*^^ cents. Encore la plupart <ie ces-âoldals , restes de six cent mille hommes , pouvaie^t^^s à pduie se ^r«îr de lears armes !
Dans cet état d'impuissance , les deux ailes de Tarnaée venant à se delad^er, rAutriche ^ la Prusse nous maïuiuantà lafois^ la Pologne devenait mt pi^e <}ui jpouvait se refermer sur nous. D'un auttvecoté^ Napoléon , qui jamais ne consentit à aucune cesëàcei , voulait 4]u'on défendit Dantzick ,: il fallut donc y jeter tout ce qui pouvait encore tenir la cai^pagae.
D'ailleurs, s'il £iut tout dire:, quand Murât iiiiagûia 9 à £lbing , de re£iire une aarméi^, et i\éva même une victoire, il trouva que la plupart des ciiefs euxmêmes étaient épuises et rebutés. Le msdlieur, ;qiii porte à tout craindre et bientôt à croire tlKit ce qu'on craint, avait pénétré dans leur cœur. Déjàpl^i^ws . s'inquiétaient pour leurs rangs, pour leurs gi^ades, pour les terres dont ils étaient dev^enus possesseiurs dans les pays conquis, et la plupart n aspinàient qu'à rqpasserle Rbin.
Quant aux recrues qui arrivaient , c'était un assemblage d'hommes de plusieurs nations de TAllemagne. Pour nous rejoindrey ils avaient traversé les États prussiens^ d'où s'élevait l'exhalaison de tant de haines. En approchant , ils rencontrèrent notre décourage-
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ment et notre longue déroute; en entrant en ligne , loin de se trouver encadrés et appuyés par de Vieia soldats y ils se virent seuls, aux prises avec tous les fléaux .y pour soutenir une cause abandonnée de ceux qui étaient le plus intéressés à la faire trion^pher; aussi la plupart de ces Allemands se débandèrent-ils au premier bivouac^
A Taspect du désastre de Tannée qui revenail de Moscou > les troupes éprouvées de Macdonald furent dles-mémes ébranlées* Cependant: ce corps d'armée, et la division toute fraiebe d'Heudelet, conservèrent leur ensemble. On se hâta de réunir tous ces débris dansDant^ick : lrenie*cinq mille soldats, de dix*sept nations différentes , y furent enfermés. Le reste ^ en petit nombre , ne devait commencer à se rallier qu'à Posen et sur l'Oder.
Jusque'-là il n'avait donc guère été pc^sible au Roi de Naples de mieux régler notre déroute; mais, au moment oii il traversait Marienwerder pour se rendre à Posen, une letlre de Naples vint encore Ijouleverser toutes ses résolutions. L'impression en fut violente : à mesure qu'il la lut, la bile se mêla à son sang avec tme telle promptitude ^ qu'on le re* trouva, quelques instants après, avec une jaunisse complète !
Il parait qu'un acte de gouvernement , que s'était permis la Reine , le blessa dans une de ses plus vive$ passions. Peu jaloux de cette Princesse , malgré ses