‹ Histoire et mémoires (volume 3)Chapitre 63 sur 232 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

teuFy et il écoute: « Les Russes Ta vaient-ils prévenu? (( Sa manœuvre était-elle manquée? N'avait-il point a mis assez de rapidité dans cette marche , où il s'a- (( gissait de dépasser le flanc gauche de Kutusof? »

En elTet, on dit qu'il y eut dans tout ce mouvement un peu de Tengourdissement qui suit un long repos. Moscou n'est séparée de Malo-Iaroslavetz que par cent dix werstes : quatre journées suffisaient pour les franchir; on en mit six. Mais larmée, surchargée de vivres et de butin , était lourde , les chemins étaient marécageux. On avait été forcé de sacrifier tout un jour au passage de la Nara et de son marais j ainsi qu*au ralliement des différents corps. D*ailleurs, en défilant si près de Fennemi, il fallait marcher serré pour ne pas lui prêter un flanc trop allongé. Quoi qu'il en soit, on peut dater tous nos malheurs de ce séjour.

Cependant l'Empereur écoute encore; le bruit augmente : « Est-ce donc une bataille? » s'écrie-t-il. Chaque décharge le déchire , car il ne s'agissait plus pour lui de conquérir, mais de conserver, et il presse Davout qui le suit; mais ce Maréchal n'arriva près du champ de bataille qu'avec la nuit, quand les feux s affaiblissaient , quand tout était décidé.

L'Empereur vit la fin du combat , mais sans pouvoir secourir le Vice-Roi. Une bande de Cosaques de Twer faillit prendre , à peu de distance de lui , l'un de ses officiers.

lOS LIVRE NEUVIÈME.

Quand la nuit fut venue, un général, envoyé par le Prince Eugène, lui vint tout expliquer : « Il avait d'à* « bord fallu, dit-il, passer la Louja au pied de Malo- « laroslavetz, dans le fond d'un repli que fait son « cours, puis gravir une colline escarpée; c'est sur ce « penchant rapide, entrecoupé de ressauts à pic, que a la ville est bâtie. Au delà est une plaine haute , en- « tourée de bois , d'où sortent trois routes , l'une en ce face, qui vient de Kalougha, et deux à gauche, ce qui arrivent de Lectazowo, camp retranché de Ku- « tusof.

ce Hier, Delzons n'y trouva point l'ennemi ; mais il « ne crut pas devoir placer toute sa division dans la ce ville haute , au delà d'une rivière , d'un défilé , et (c sur la crête d'un précipice dans lequel une surprise a nocturne aurait pu la jeter. Il est donc resté sur c< cette rive basse de la Louja , et n'a fait occuper la K ville et observer la plaine haute que par deux bacc taillons.

<c La nuit finissait ; il était quatre heures, tout dorcc mait encore dans les bivouacs de Delzons, hors « quelques sentinelles , quand tout à coup les Russes ce de Doctorof sortent des bois avec des cris épouce vantables. Nos sentinelles sont renversées sur leurs ce postes , les postes sur leurs bataillons , les bataillons ce sur la division ; et ce n'était point un coup de main , ce car les Russes avaient montre du canon! Dès le te commencement de l'attaque, ses éclats avaient été,

Page 1