CHAPITRE VII
Le 28 octobre nous revîmes Mojaïsk. Cette ville était encore remplie de blessés ; les uns furent emportés f les autres réunis et abandonnés , comme à Moscou 9 à la générosité des Russes. Napoléon dépassa cette ville de quelques werstes, et l'hiver commença. Ainsi, après un combat terrible et dix jours de marches et de contre-marches , l'armée , qui n'avait emporté de Moscou que quinze rations de farine par homme, n'était avancée dans sa retraite que de trois journées. Elle manquait de vivres, et l'hiver l'avait atteinte !
Déjà quelques hommes succombaient. Dès les premiers jours de la retraite , le 26 octobre , on avait brûlé des voitures de vivres que les chevaux ne pouvaient plus traîner. L'ordre de tout incendier derrière soi vint alors; on obéit en faisant sauter dans les maisons des caissons de poudre dont les attelages étaient épuisés. Mais enfin, l'ennemi ne reparaissant pas encore , nous semblions ne recommencer qu'un