CHAPITRE X. 1C
La division Morand s'engagea la première dans la ville ; elle marchait avec confiance j croyant le combat fini j quand les Russes , que cachaient les sinuosités des rues, tombèrent tout à coup sur elle. La surprise Alt complète, et le désordre grand; toutefois Morand rallia, rafTermit les siens, rétablit le combat, et se fit jour.
Ce fut^G)mpans qui termina tout» Il fermait la inarche avec sa division^ Se sentant serré de trop près par les plus braves troupes de Miloradowitch , il se retourna , courut lui-même sur les plus acharnés , les culbuta, et, s'étant fait ainsi respecter, il acheva tranquillement sa retraite. Ce combat fut glorieux pour chacun , et son résultat fâcheux pour tous : Tordre ^t l'ensemble y manquèrent. Il y aurait eu assez de soldats pour vaincre , s'il n'y avait pas* eu trop de chefs. Ce ne fut que vers deux heures que ceux-ci se réunirent pour concerter leurs manœuvres; encore furent-elles exécutées sans accord.
Lorsqu 'enfin la rivière, la ville de Yiazma, la nuit, une fatigue mutuelle , et le Maréchal Ney , eurent séparé de Fennemi, le péril étant ajourné et les bivouacs établis, on se compta. Plusieurs canons brisés , des bagages et quatre mille morts ou blessés manquaient. Beaucoup de soldats s'étaient dispersés. On avait ^uvé l'honneur; mais il y avait dans les rangs des vides immenses. Il fallut tout resserrer , tout réduire , pour mettre quelque ensemble dans ce qui restait
Chaque régiment formait à peine un bataillon, chaque bataillon un peloton. Les soldats n'avaient plus leurs places j leurs compagnons et leurs chefs accoutumes.
. Cette triste réorganisation se fit à la lueur de Tincendie de Yiazma, et au bruit successif des coups de canon de Ney et de Miloradowitch , dont les retentissements se prolongeaient au travers de la double oljscurité de la nuit et des forets. Plusieurs fois ces restes de braves soldats se crurent attaqués, et se traînèrent à leurs armes. Le lendemain, quand ils reprirent leurs rangs , ils s'étonnèrent de leur petit nombre.