CHAPITRE m. te
La leçon était trop juste; d)ése»ehafnté âe moijuémeje convins de ma dialractioiv, et montrai Tordre signé du Premier Gonsnl, lequel, joint à mmi jeune âge et à la naïveté de mes excuses, produisit Teffet accoutumé. Après un tel a>vertissement je ne négli*geai plus la forme pour le fond dans Dunkerqne, ]>îewport, Ostende, Flessingue et Anvere, dans lès principales villes de la Belgique, et dans Luxembourg, car tel était mon itinéraire. Mais ce qui est inexplicable , c'est que je retombai dans la même inadverlance , et où encore? dans la première , dans la plu« considérable de nos villes^ fortes , à Strasbourg même !
JÀ , soit fatigue ou précipitation irréfléchie , après îivoir ajourné au lendemain ma visite aux autorités supérieures, pour abréget, j'adressai directement, par écrit, aux cotonels de la garnison l'invitation de m'envoyer les états d'armement et d'habillement des corps sous leurs ordres; puis, la conscience satisfaite de cette belle promptitude, je me couchai et m'endormis du sommeil de Finnocence.
Il n'y avait pas une heure que je jouissais de ce bienheureux repos, lorsque, me sentant secouer le bras, j'entrevis debout, près de mon lit, un aide de camp, et l'entendis me demander, delà part du général commandant la division, qui j'étais; si je savais être à Strasbourç , au chef-lieu de la division , et ce que je venais y faire. J'aurais dû m'élancer de mon lit, et aller sur-le-ôhamp chez le général réparer mon inadvertance; je n'en fis rieii ; je répondis quelques politesses et me rendormis. Bien plus , le lendemain, Tesprit toujours fascinsé sans doute par l'objet direct'
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de ma mission, ma distraction fut telle, que je me crus quitte de tout en finissant par où j'eusse dû commencer, c'est-à-dire par des visites aux généraux, au préfet, et aux colonels ; visites d'où je revins fort étonné de la très^froide réception que tous me firent. Régler ments, hiérarchie, convenances , j'avais tout oublié pour aller plus vite! En ce moment encore j'étais, avant tout, préoccupé du soin de courir chez l'ingénieur en chef, attiré par des chaloupes canonnières en construction et par des travaux sur le Rhin : ceux par lesquels on se faisait la guerre d'i|n bord à l'autre', en se renvoyant, par des épis , le cours et les envahissements du fleuve.
Quant au récit de l'autre genre d'accident , résultat de cette même ardeur devenue trop vive et trop confiante, il me ramène de Strasbourg sur J'Océan , du côlé d'Ostendè. Là mon inspection de jour aUait si rondement, que j'imaginai d'en faire autant la nuit, séduit par un superbe clair de lune. L'obscurité m'arrétait-elle enfin quelques heures dans un gite qujçlconque^ aussitôt, luttant contre le sommeil, je me brûlais, je m'enfumais 1^ ywx po.ur le chasser; et, me mettant à tracer des états au compas et à la règle , je les remplissais , j'y joignais une. dépêche, et l'expédiais au Premier Consul , sans daigner donner au repos le temps nécessaire ; excès de travail , qi4 me -fit plusieurs fois tomber sans connaissance. Toutefois, plus heui»eux que sage , cet épuisement ne m'arrêta pas.
Je me souviens aussi que, toujours dans un même esprit, celui de faire mieux et plus vite que tout le monde, après avoir visité l'île de Cadsant, jç voulus