CHAPITRE IV. Zi
rai Dumas fit Talôir mon inscription volontaire, ila première en date, ^t Futilité de l'exemple que j avais donné.
. Lés conséquences de ma naïveté ne se firent point attendre : j'avais été remarqué; je fus favorablement noté, et le grade de sous-lieutenant, que j-obtins le ï*'mai 1800, devint rheureux résultat de cette aventure.
Tels sont les caprices du sort. Saipremière faveur me vint d'une inconvenance; une action d'éclat ne m'aurait pas été plus utile. Je n'ai certes pas à me plaindre de la fortune; mais depuis, que de fatigues et de dangers j'ai affrontés sans obtenir autant d'elle!
Bientôt nous Tûmes envoyés de Paris à Compiègne, puis à Dijon, lieu de rassemblement de la seconde armée de réserve. Napoléon nous y passa en revue en allant franchir le Saint-Bernard. De Dijon nousTûmes à Carrouge, près de Genève ; la victoire de Marengo nous ayant arrêtés, nous y cantonnâmes. J'y revis madame de Staël dans un bal, où , par souvenir de mon père, elle voulut danser avec moi et tout aussitôt entreprendre une conversation pdlitique qu'elle eut bientôt abandonnée; après quoi, se rappelant mes premiers écrits, elle me demanda ce que j'avais fait de ma plume. ^Mais alors, tout entier au métier que j'avais choisi, je liii montrai celle démon schako, en lui répondant étourdiment que je l'avaisplacée là, et quej'^orais s'il me reviendrait jamais l'envie de la rendre, à son premier emjiloi.
J'aïuaismémepu ajouter que,encemomcnt, tout ce
que je redoutais le plus, c'était d'élre forcé de reprendre eu maia cette plume et de redevenir homme de lettres ; pendant notre séjour dans ce cantonnement, les nouvelles de l'armistice de Varsdorf et du coup de foudre de Marengo étaient venus irriter et décourager notre impatience : il semblait que la guerre allait, sans nous, être terminée. Résumons ici sur ces deux événements ce qu'alors j'appris de plusieurs témoins, ce que nous entendîmes, depuis, de la bouche même de Napoléon^ et ce que l'histoire confirme.